CIV
Les données précédentes amènent une première conséquence, c’est que la cause morbide, conçue au sens organicicn, relève exclusivement de l’ordre physique. Le propre de l’organicisme, en effet, est de renfermer dans cet ordre non-seulement les forces du monde anorganique, mais encore celles du monde organique et vivant. D’où que provienne la cause morbide, qu'elle surgisse du monde extérieur ou qu’elle naisse au sein de l’organisme, elle présente une nature identique, elle demeure cause physique. Causes de maladie et causes de mouvements mécaniques ou de réactions chimiques, toutes se touchent et se confondent, exercent une semblable action et obtiennent leurs effets suivant un mode pareil. La différence possible provient uniquement du mécanisme ou du composé auquel s’adressent les unes et les autres : ici l’agrégat inorganique plus simple et plus stable dans sa constitution; là le mécanisme organique essentiellement complexe et variable dans sa structure. Ces conditions de la cause sont permanentes, quel que soit le moment d’une évolution morbide que l’on étudie : cause première, cause seconde, cause intercurrente,
eau s o survenue du dehors ou développée intérieurement par la succession desmouvements organiques, demeurent invariablement attachées à l’ordre physique, qui est l’ordre universel.
Une autre conséquence suit immédiatement : phygiques, les causes morbides agissent sur l’organisme par une action physique et directe; l'organisme, d’un autre côté, supporte physiquement celle action et n’en subit pas d’autre. Les causes effectuent sur lui des effets de même nature qu’elles; on passe sans solution profonde du monde extérieur au vivant. La vie n’est pas un ahline toujours ouvert entre la cause morbide extérieure et l’effet organique; l’un entraîne l’autre sans qu’un nouvel élément, sans que des lois étrangères surgissent entre eux. Il n’y a pas de point entre les deux où se rencontre une difficulté inattendue et’qui ne soit dans les relations de cause à effet établies dans le monde physique.