‹ Principes de pathologie généraleChapitre 84 sur 180 · CV · texte numérisé non relu

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L’étiologie ainsi fondée et fidèle à la mission que son caractère lui impose, a un rôle tout tracé; elle doit nous révéler le pourquoi et le comment sensibles de la maladie, nous dire par quelle action mécanique la cause produit la lésion, et celle-ci la maladie. Réduisons, en effet, la notion de cause aux proportions les plus étroites et, autant que possible, mesurées à la sensation; acceptons l’enseignement qui définit la cause « un fait qui en précède un autre et qui parait l’avoir occasionné ». Dans ce sens, et tout se passant d’ailleurs dans l’ordre physique, il faut que la cause morbide soit mise en regard du fait matériel qu’elle engendre essentiellement, du trouble que détermine son premier contact avec l’organisme, et qu’ainsi on livre l'enchaînement mécanique ou chimique de tous les désordres pathologiques, simultanés ou successifs; de la sorte et seulement, on possède la raison d’être, la théorie véritable de la maladie, telle que l’exige le sensualisme. L’élude

des causes a dés lors une utilité et conduit à une thérapeutique rationnelle. On guérira en remédiant le mieux et le plus promptement aux dérangements et aux altérations premières que la cause produit. 11 faut combattre la cause dans ses effets prochains et directs, à moins qu'on ne puisse atteindre à la cause elle-même, avant qu’elle ait agi ou pendant qu’elle agit.

Telle est, en effet, la grande ambition et aussi la fatale nécessité de l’étiologie et de la science sensualistes. La pente est si glissante de ce côté, les sens nous attirent si fortement et offrent à notre esprit de si incessantes illusions, que notre histoire, depuis l’origine de l’art, est pleine de ces tentatives d’une étiologie égarée. Aujourd’hui plus que jamais, la médecine est condamnée, par principe, à ce labeur impossible; il est, pour elle, la vérité qu’il faut atteindre.

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