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Tel est, croyons-nous, le tableau véridique de l'étiologie telle que l’a faite la médecine organicienne. Les traitsen sont répandus et saillants dans tous les ouvrages de pathologie générale ou spéciale écrits sous les inspirations actuelles. Nous n'avons fait que rapprocher ces traits et les grouper, en en demandant la raison d’étre et le sens aux préjuges philosophiques reçus pour doctrine. Nous espérons que les esprits qui n’acceptent pas un enseignement sur l’unique foi du maître, qui ne suivent pas une voie par le seul motif qu’elle est battue par la foule, mais se demandent sur quoi se fonde la parole magistrale, et où la voie conduit, nous espérons que ces esprits reconnaîtront l’exactitude des caractères assignés, dans celle élude, aux conditions et à l’œuvre des systèmes étiologiques communément enseignés.

Ces caractères, nous les résumerons en un dernier qui les suppose tous. Toute activité est effacée des effets organiques et des causes morbiliques ; l’organisme supporte passivement l’action pathogénique. Celle-ci n’est pas vitale et vivante, mais s’exerce sur l’économie par un effort physique, par un choc lésant. La maladie est directement produite parce! effort et ce choc hostiles. Dés lors, la maladie ne saurait cire dite spontanée. « 11 n’existe point, à proprement parler, de maladies spontanées, dit M. le prolesseur Douillaud, et ce n'est pas sans quelque surprise que l'on voit tous les jours désigner sous ce

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nom des maladies dont les causes tombent pour ainsi dire sous nos sens, comme par exemple les pleurésies, les pneumonies, les rhumatismes, etc., nés sous l’influence des vicissitudes atmosphériques parfaitement connues. Les maladies dont nous ne pouvons pas toujours saisir les causes ne sont point ellesmêmes spontanées, car il ne saurait exister un effet sans cause. Or, comme l’expression de spontanées, appliquée aux malades, est, philosophiquement parlant, un véritable non-sens, il serait à souhaiter qu'elle disparût du langage étiologique (1). » Quand on considère la maladie comme directement produite par une cause lésante, on ne peut, en effet, la comprendre comme spontanée ; ce mot est banni de la mécanique. La

{>) C’est sur la foi dp ces données que M. Bnuillaml, dan» la récente discussion académique sur la ül«*rve, refusait d'admettre l'éclosion de la morve sous la seule action des causes communes, nuri virulentes, incapables, suivant lui, de produire une paieilic affection. Celle éclosion eût été, en quelque sotte, spontanée, et l'orateur se souvenait sans doute d'avoir qualifié cette expression de véritable non-sens. Il s’attachait obstinément à l’intervention d’une cause spécifique, d’une contamination virulente, seule équivalente à la production d’une maladie virulente. En vain lui o,*pos.tit-ou des faits d’observation vulgaire, en vain rappelait-on le mode «le production de la rage, en vain lui aurait-on demandé comment une première fois ont éclos les maladies spécifiques et virulentes, toutes ces objections restaient sans valeur à ses yeux. Son esprit conséquent exigeait une cause spécifique ; il la lui fallait à tout prix, pour amener logiquement une maladie spécifique. Ht, en effet, cette exigence est légitime lorsqu’on supptime la spontanéité de la vie, dans ses modes, soit hygides, soit morbides, lorsqu'on croit qu’un virus, qu’une cause délétère quelconque entraîne directement In maladie, par un mécanisme physico-chimique plus ou moins connu. I.cs conditions sont singulièrement différentes, dès que la vin et sa spontanéité nécessaires sont la raison suprême de tous les actes vitaux. La maladie, c’est encore la vio, cl les actes morbides sont, avant tout, actes vitaux. Dès lors il n’y a plus de cause extérieure, virulente ou autief, qui produise par elle-même et directement la maladie. L’économie conçoit, engendre spontanément, c’esUù dire par elle*tnéroe, la maladie. Elle peut concevoir une maladie virulente, la morte ou toute autre, aussi bien sous la provocation •les causes communes que sous celle de causes spécifiques ; elle peut aussi résister, et ne concevoir nullement la maladie sous la provocation la plus formelle, commune ou spécifique. Elle demeure maîtresse de toutes ses manifestations ; les sollicitations extérieures ne sauraient la pousser à une manifestation que si elle y consent, que si elle enfante, en son sein procréateur, les manifestations auxquelles on l’appelle.

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négation de la spontanéité de la maladie est la suite nécessaire des conditions essentiellement physiques dans lesquelles l’organicisme conçoit l’action causale. Cette négation implique de soi celle de l’activité morbide. Activité et spontanéité, c’est tout uh. De ce qu’une détermination active se rattache à des influences situées hors de l’être actif, cela ne fait pas que la détermination de l’être ne soit spontanée, c’est-à-dire qu’elle ne trouve en lui sa propre raison d’être. La vie n’a-t-ellc pas pour caractère essentiel la spontanéité , et celle-ci est-elle anéantie par cela que la vie puise, au dehors, des conditions essentielles de développement et de détermination q l’accomplissement de ses plus importantes fonctions*.' Et la spontanéité morbide qu’esl-elle, sinon une forme de l’inaliénable spontanéité vitale ? \' expression de spontanées appliquée aux maladies n’est donc pas, philosophiquement parlant , un véritable non-sens, mais une vérité supérieure, invariablement attachée aux notions fondamentales de la maladie, règle première de tonte saine étiologie.

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