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ni. — LK DHoiT i>K iM;n;\sK kondI': la possession
ET 1J;S HEVENDICATIONS DES .NO.N-I'OSSÉUANTS
9 L'appropriation des produits du travail a besoin d'être garantie par le principe de la défense personnelle. — La (piestion posée en ces termes est insoinhie. Il fant ponr soilir de la ditlienlté abandonner le droit d'oeenpation et se placer an point de vne de la défense personnelle, sanf à chercher si ce droit incontestable et fondamental ne se divise pas entre le possédant et le non possédant.
Supposons en elïetque, d'une part, la conscience de l'injustice sociale soit éveillée chez les dépossédés réclamant une réforme avec ensemble, et avec cette autorité que la raison sait se donner en se présentant comme raisonnable, et non comme passionnée ; que d'autre part les personnes en possession reconnaissent en partie le « bien fondé » des réclamations; une situation favorable se présente pour essayer une nouvelle distribution des biens. Mais les conflits s'élèvent dès les premières démarches et l'entente est reconnue impossible. Deux moyens s'offrent alors de faire cesser le conflit. La violence, d'abord. Mais comme le propriétaire ne peut espérer que la violence ne lui enlèverait que la juste part de ses biens qu'il pourrait être convenable de céder à autrui, il est autorisé, surtout en présence des menaces, comme elle se manifestent, à défendre la totalité de son patrimoine. En admettant même qu'un nouveau partage, au
(1) Ce contraste entre les héritiers et déshérités est surtout monstrueux en Angleterre, où une superficie d'environ 16 millions de kilomètres carrés n'a que 30,000 propriétaires sur une population de 32 millions (à ne compter que la métropole, car les possessions hors d'Europe ajouteraient une population de 188 millions). Il y a plus, sur les 30,000 propriétaires, 150 possèdent une moitié du sol, le reste appartenant à 29,850. (V. Reçue des Deux-Mondes, 15 septembre 1882.)
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lieu d'ôtro le n'*siiltat d'un conflit à main année, puisse venir à la suite (l'une entenle, la so(;iété institue donc une nouvelle distril)nti()n de fondions et d(^ produits et assi{^ne à chacun des altrii)utions. (^(^st la conception du phalanstère rùvé par Saint- Simon ettenlé par Fourier [1)etses disciples. Le travail, dans cette organisation étant forcé, surveillé, comme cela se doit pour la stabilité du statut social, cesse d'être œuvre de liberté et la dil^Miité de l'individu disparaîtra avec la morale, dans l'ordre établi ; chacun se sentant alors uKîuacé se met en état dedéfenst.', et se constitue ainsi une propriété individuelle.
10. Mais, lappropriation sétendant à la longue à tous les produits de lactivité humaine, le droit de conservation se pose encore pour les non-possédants. — Ou jicut invoquer un autre droit que celui de l'occupation, si l'on considère que la i)ersonue met quelque chose d'elle-même dans les choses qu'elle emploie à son service, et étendant ainsi sa dignité aux moyens de la soutenir, établit une sorte de droit acquis par le travail à l'appropriation de ses produits. Ainsi, la terre est d'abord attribuée à l'homme qui la cultive ; puis ce sont les outils qui servent à cette culture, capital initial auquel vient se joindre l'habitation et l'enclos y attenant, premières formes de la propriété foncière et mobilière. Puis, si nous sommes en présence d'une propriété collective, comme certains villages russes ou javanais dans lesquels les pa rtages des biens fonds sont périodiques, tandis que les instruments de culture, les bestiaux sont en propre au producteur, il se fait une évolution dans la propriété par suite d'une sélection naturelle entre les membres de la société, et du collectivisme on passe à l'individualisme. Les plus ingénieux augmentent leur richesse mobilière, les auties, par paresse ou inhabileté, la perdent et deviennent incapables de tirer parti de leur lot ; ils le cèdent alors à de mieux outillés et se mettent à leur service pour partager les produits; de sorte que les premiers restent seuls possesseurs. A la longue, les biens matériels finissent par devenir individuels dans la mesure où ils sont l'objet d'un travail plus intense de l'homme. Après le champ, c'est le troupeau, puis la prairie, puis la forêt, le pâturage sur la montagne, qui dans certaines régions d'Allemagne, de Suisse et de Savoie sont encore possédés collectivement (':2). Enfin s'effectue l'ap-
(2) Leroy-Beaulieu. Traité de la Science des finances, t. I".