‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 109 sur 162 · XVI. m: imolT l'CONoMK.MIK (l,.\ l'IUHMIII^/rK · texte numérisé non relu

XVI. m: imolT l'CONoMK.MIK (l,.\ l'IUHMIII^/rK

|H()pii;ilinii (l'oNjcls (l('|)lus('ii |)liis;il)sli;iils, prodiiilsdc ractivit»'* iiiciilalc (!<' riioiiiiiic, riii\('iili(ni, le livic, l'i(l<M% l'cniivic! d'art, sa ri'prodiiclioii (I), Toiil capital dcvioni ainsi rchan^n'ahNî <'t siis- ('(^pl,il)l(i d'(Mi'(' h ans mis, de smlc (pi'il se r('pi(Miiiil un clal on ((«rlains incmhrcs dci lii socirtc, d«'*p()urvus dr (oui moyen de ponr suivre^ leurs lins personnelles, sont, réduits au seivaf^e commo dans réiat. de communanlé. La pi'opiit'té, aussi hiiMi au point, de vue de l'aiipropiial ion par l(^ travail (|u'au point de vue de roccupation, alMUilii doue à des lésultats eontiaires à son principi^ : la i;aianlie des liherlés, puiscjmî la j;aianlie ()l)leiine pjii" l'un enlèviM'elie de l'anlre, et toujours la nièm<; pi'otestali(m s'élève : « Ponr(|noi ponr vous |)lulol (pie ponr moi?»

11. Solution de rantinoinie économique par la charité et le socialisme. — Si nous n'avions alïaiie ([u'à un homme poss(;sscur d'un bien, dans une île déseile, au([uel un autr(5 homme, dénué de tout, naajriuji', vient réclamer l'assistance (1), le devoir du prol)riétaire serait incontestable, il doit admettre le naufra^^éau partage, sous des conditions qui ne soient point une réduction à l'esclavage de l'obligé; il doit môme ne passe borner à un secours momentané, et une fois accordé à cause de l'urgence, mais de plus lui fournir des instruments de travail pour lui permettre de se reconstituer des conditions de vie et de dignité. Aussi estce un palliatif insuffisant du scandale des grandes fortunes en Angleterre, que cette taxe des pauvres qui s'élève actuellement à plus de !2oO millions par an, et même ces entreprises d'aumône individuelle sans organisation ni lendemain, dont il ne peut résulter qu'un moment de répit pour la classe réduite au servage, et nullement une solution môme commençante d'une question sociale dont on pourrait dire qu'elle est la question sociale. Si maintenant nous quittons l'hypothèse d'un homme en face d'un autre, la société collective semble rester débitrice envers \es naufragés de la fortune; mais les biens ne lui appartenant pas, elle ne peut les prendre à l'un pour les donner à l'autre. Le devoir d'assistance est donc subordonné, quant à son exécution, à des lois réformatrices du statut social, lois obtenues par le consentement des associés et non mesures de violence qui

(1) V. Eclaircissement 1.

(2) La simplicité de cette hypothèse et la netteté qu'elle fournit à la contradiction inhérente au droit de propriété expliquent le succès plus que séculaire du Robinson de Daniel de Foë (1663-1731), qui fut traduit de l'anglais dans toutes les langues, dès son apparition.

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enlèveraient les dernières ^^aranlies d'indépendance à ceux qui les possèdent encor*'. ("est là l'une des formes possibles du socialisnic d'cidl ; les autres se trouvent dans les proi^^rès des initiatives privées organisées en vue d'ohtenir la jH()|)iiété par les voies légales. Sans la pi()|)riété, j)()iiil de L;araiiti<* j)oui- la dignité ni poui' l'indépendanee des personnes. Aussi est-ce seulement à ce i)oint de vue ([u'on |)eut envisager comme un droit la piopriété chez (;eux (|ui l'ont déjà : elle est leur moyen de défense.

12. Solution de 1 antinomie économique pari impôt. —L'impôt agraire et somptuaire. — ("est lin tel moyen (ju'il s'agit de procurer à ceux(iui en sont dépourvus. Le grand mal étant la concentration de cette richesse en un petit nombre de mains, il semble qu'on soit porté tout d'abord à l'établissement de lois somptuaires. Mais si l'on prend des mesures directes de restriction et si l'on fixe la limite des biens possibles à acf[uérir par chaque particulier, ainsi qu'on le tenta ])lusieurs fois à Uome (1), on arrête par làTessordu travail, on empêche l'application de l'énergie humaine à la production de la richesse, ce qui est une conséquence économique désastreuse, et dont le premier résultat serait de rendre encore plus difficile l'amélioration du sort des indigents. On pourraitencore user de cette restriction directe de la fortune qui consiste dans les lois agraires, comme celles que demandaient les Gracques à Rome. Alors on spolie le travailleur du fruit de son travail, soit entre ses mains, soit entre celles de ses descendants, ce qui est injuste et rend plus sensible encore le caractère du droit dedéfense attaché à la propriété.

13. Limpôt progressif — 11 faut donc abandonner les restrictions directes de la richesse et recourir aux moyens indirects, c'est-à-dire aux impots. Mais si l'impôt frappe spécialement une catégorie de citoyens, par exemple les plus riches, par cette raison que c'est en leurs mains que se trouve ce qui serait l'organe d'affranchissement pour autrui, il en résultera que ceux-là auront plus de droits dans l'État, qui lui rendront les plus grands services, et nous ouvrons ainsi la porte à l'aristocratie de la fortune, la plus éloignée de l'idéal moral qui se puisse concevoir. Il faut donc que limpôt soit, au moins pour une partie, un moyen par lequel chaque citoyen s'honorera de contribuer aux services publics et sur quoi il fondera son droit d'in-

* V. Tlte-Live. Discours de Caton sur la loi Oppia, qui limitait le luxe des femmes.

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