XVI. — MO imniT MCONOMIniK (LA l'Iioi'i;ii;n
t(M'V(Mîir dans I(Mir coiiInMo. (i'rst l'inipùl imusoiiiicI, c'«;.sl-ii-(lir« (M^hii (|ni fra|)|H' iioiiiinalivcmciit tons les citoyens inscrits (l'avance sur un coiitn'iliî . Mais un Ici iinpol, ne, suflirait pas aux Ix'soins à salisfairn; on c^sl (Ionc> ainsi amené à un iinjuM (|ni fra|)p(Mait. les citoyens proportionnellenieiil ;i leur fortune et (|ni aurait pour l)nl, en limitant pro}<n^ssiv(Mn(uil les facilités d'accroître cette fortunes à inesun^ (pTelle (lépass(; une certaifM* limite à tixcr raisonnahleinent, de fournir aux associés (pii eu nian([uent, les inslrumenls de travail. Il ne s'a;.,^it pas en ellet de faire un simple transfert de fortunes, mais (l(; permettre à ceux qui en sont totalement privés d(; l'acciuérir par la mise eu œuvre de leurs talents et de leur éncrj^ie. C'est par là (pie se justifierait délinitivemeut la pro|)iiété. Comme elle n'est chez personne lœuvre uni(iue de son maître, mais est due en partie aux avantages actuels de l'état social, aussi bien qu'aux facilités procurées par les circonstances historiques, ceux qui en sont les détenteurs ont eu cela contracté une véritable dette qu'ils doivent acquitter envers ceux que l'histoire et l'état social prissent ont laissés dépouvus. Ce sont là leurs véritables créanciers (1).
Corrélation constante des progrès de la famille et de ceux de la propriété.
Dans les mœurs barbares, quand l'autorité du père commence à prendre conscience d'elle-même et à s'affirmer, c'est d'abord sous l'aiguillon de l'intérêt (2). Cette importante révolution se présente, comme un fait économique autant que comme un fait moral.
D'un bout à l'autre, l'histoire de la famille paraît coïncider avec l'histoire de la propriété : il y a une corrélation constante entre ces deux ordres de phénomènes. A la parenté par promotions (3), c'està-dire à l'absence de toute parenté déterminée, correspond le régime économique de la communauté des biens. A mesure que les parentés deviennent moins vagues et plus restreintes, le commu-
(i) Les questions relatives aux devoirs particuliers à l'égard des biens delà personne et aux droits correspondants sont traitées dans le Cours de morale pratique, dans le chapitre sur la Propriété.
(2) C'est-à-dire quand le père s'aperçoit que l'enfant peut être une marchandise dont le trafic est productif, et il en revendique la propriété en même temps qu'il s'occupe de son élevage.
(3) C'est-à-dire que les enfants de tel âge sont attribués aux hommes de telle génération. Le partage de la production infantile se fait à l'ancienneté.
ÎTO PRTNniPF.S Hf' DROIT
iiismc (1) pord du lorrain, la propriété devient plus parliculièrc. Enfin la propriété individuelle et la })arenté personnelle apparaissent ensemble; et dos qu" riioiunie ])eut dire : Ceei est mon champ, il peut aussi affirmer sans consteste son autorité domestique, revendiquer la possession exclusive de ses enfants. De part et d'autre s'applique cette loi de tout pro^^rès, le passage graduel du mêlé au distinct, de la confusion et du chaos à une diversité de parties autonomes.
H. Mahion. Revue philosophique^ I" vol., p. Oi.
Opposition entre le droit de coïKjuète et le principe des nationalités.
Il est difficile de faire comprendre à des étrangers pourquoi nous ne pouvons nous résigner à la perle de nos provinces. « C'est la loi de la guerre », disent les Allemands, et le commentaire de ces paroles se devine : « Vous nous avez pris l'Alsace au temps où vous étiez les plus forts ; nous sommes les plus forts aujourd'hui^ nous la reprenons ! » C'est en effet ce langage de l'ancienne politique ; il n'aurait surpris personne au siècle dernier ; en ce siècle il ne surprend point les politiciens de l'ancien régime. Mais toute la raison d'être de la France aujourd'hui est justement de représenter une autre politique. Depuis que son unité est faite, qu'elle n'a plus en Europe d'objet d'ambition, qu'elle n'est plus occupée qu'à discuter des principes et des 'théories, elle est par excellence la nation rationaliste et sensible, conduite par des idées et des sentiments. L'idée qu'on ne peut disposer d'hommes comme de troupeaux a pénétré nos esprits. Elle y a éveillé la sympathie envers tous ceux que la force opprime (Grèce, Irlande, Italie). On nous a fait ce que nous ne voulons pas qu'on fasse à autrui. La guerre ne nous a pas laissé seulement cette humiliation de la défaite qui est intolérable pour un grand peuple. En nous prenant des âmes qui étaient nôtres et qui voulaient rester des âmes françaises, le vainqueur a blessé toutes nos idées et toutes nos convictions. C'est pourquoi nous avons dans notre misère cet honneur singulier d'être obligés de poursuivre au nom de l'universelle justice, la réparation des torts qui nous ont été faits. Notre patriotisme se confond avec la raison des tsmps modernes, et ce n'est pas seulement pour nous, c'est aussi pour l'Europe et pour le monde entier qu'il faut souhaiter que nous recouvrions la force et que nous acquérions la sagesse.
Ernest La visse. Le Principe des nationalités. Revue Rleue 31 cet. 1885.
Tout socialisme implique l'esclavage.
Qu'est-ce qui constitue l'esclave? Nous nous le représentons en pre-
(1) C'est-à-dire la propriété de toute la communauté, à l'exclusion des droits de tout individu déterminé.
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iniiM' litMi, (UHMiiic mi lioimiuî pos^rdr- i).ir un miiIim-. (!t'j)('ii(l;mt, jMUir (|iu', ci'llo possession lUî s»)il pas sculcnifiil iMHiiin.iU', il laiil (JuCIUî soit roiuliHî olVnclivo par lo coiilrôlo «les actes dr WiscUwe, contrôle rxorct'î liabiliU'lliMiuMil an pi'olil «lu «•oiitrôlcur. (le «pii fu réalilt'î rarac- It'i'iso l'esclavi', c'i'sl cpiil Iravaillo par coiitraiiilc! ptiur conlJ'nliT Us désirs d'un anlro. Ce rai)porl de dépendance admet div(Ts degrés. Si nous nous rajipelons ipi'à l'oi-iicinc^ l'eselaVe est un pi'isonnier dont la vie est à la nieici de celui ([ui l'a pris, il sut'til de nol(;r ici (ju'il y a une forme dure de l'esclavage où, traité connut; un animal, il doit dépenser Ions S(>s elVorls au })rolit de son mailre. S(uis un système moins dur, iiuoi(|u'il soit princij)alemenl occupé à travailler pour son mailre, on lui accorde un peu do Icunps pendant lequel il peut travailler })our lui-même c\ un piui de terrain où il ])eul cultiver de rpioi se donner un supplément de nourriture. Une amélioration ultérieure lui accorde le droit de vendre les fruits de son lopin de terre et de garder l(> produit de la vente. Ensuite nous arrivons à la forme encore i)lus modérée qui apparaît là où, ayant été un honnne libre cultivant sa propre terre, il est réduit par la conquête à l'état de servage ; dans ce cas, il doit fournir à son niaitre, chaciue année, une quantité déterminée de travail ou de produits, ou les deux à la fois, gardant le reste pour lui-même. Enlin, dans quelques cas, comme en Russie jusqu'à une époque récente, il a la permission de quitter la propriété de son maître et de travailler ou de faire ailleurs le commerce pour lui-même sous condition de payer une redevance annuelle. Qu'est-ce qui nous fait (lire dans ce cas que l'esclavage est plus ou moins dur ? Evidemment notre opinion est déterminée par le degré de contrainte sous lequel Tinilividu travaille au profit d'un autre au lieu de travailler à son propre protit.
Si tout le travail de l'esclave est pour son maître, l'esclavage est dur; si une faible partie seulement, il est léger. Allons maintenant plus loin. Supposons qu'un propriétaire meure, et que sa propriété et ses esclaves soient mis entre les mains de fidéicommissaires ; ou supposons que la propriété et tout ce qu'elle renferme soit acbetée par une compagnie, la condition de l'esclave en sera-t-elle meilleure, si la quantité de son travail forcé reste la même ? Supposons qu'à une compagnie nous substituions la communauté ; cela constilue-t-il une dilTérence pour l'esclave si le temps qu'il doit donner au travail des autres est aussi long, et si le temps dont il peut disposer pour lui-même est aussi court qu'auparavant ? La question essentielle est de savoir combien de temps il est forcé de travailler pour les autres et combien de temps il peut travailler pour lui-même. Le degré de son esclavage varie suivant le rapport entre ce qu'il est forcé de donner et ce qu'il peut garder ; que son maître soit un individu ou une société, peu importe. Si, sans option, il est obligé de travailler pour la société, et reçoit du fond commun la portion que la société lui accorde, il devient l'esclave de la société. L'organisation socialiste nécessite un esclavage de ce genre.
Herbert Spencer. L'individu contre VEtat, ch. n. L'esclavage futur, p. 50, trad. Gerschel, 1888. F. Alcan.