‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 111 sur 162 · I. — LES ORIGINES DISTORIQUES DE LA FAMILLE · texte numérisé non relu

I. — LES ORIGINES DISTORIQUES DE LA FAMILLE

1. La famille est le groupe social idéal. — On a pu dire que la famille, telle que nous la voyons chez les nations les plus civilisées de notre temps, est le groupe social idéal parce qu'elle est la meilleure école de toutes les vertus humaines. Mais on ne saurait contester que les affections qu'elle développe n'aient beaucoup gagné au cours des siècles et ne doivent toujours être cultivées. Aujourd'hui encore elles n'ont pas partout la môme délicatesse, et là môme où celle-ci se rencontre, on sent très bien quelle pourrait disparaître, faute de soins. Il y a donc eu une évolution de la famille. Cette évolution a-t-elle son point de départ à l'origine même des sociétés humaines de telle sorte que la famille puisse ôtre considérée comme le point de départ et le principe de toute vie sociale? Ou, au contraire, le groupement familial n'est-il qu'un mode ultérieur de sectionnement, lentement formé par l'isolement de petits clans dans la horde primitive ? En d'autres termes, la société civile, l'État, résulte-t-il du groupement des familles, ou celles-ci proviennent-elles au contraire d'un nouveau mode d'agrégation des individus, ajouté à l'ancien ?

2. La famille, forme sociale primitive. — On ne saurait examiner la philosophie morale de la famille sans prêter quelque attention à ce problème de ses origines. Les moralistes les plus autorisés l'ont abordé et ont apporté des solutions différentes. M. Janet estime que les relations familiales sont primitives. (( La famille dans l'espèce humaine, dit-il, a les mêmes origines

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