XIX. — l-K imolT l'OUTIOlIK (l/f^TAT) 3i:t
m'appariions, j(^ l.<^ pi'riids. » Tmi pcoviiKT, puni- iiou«, en Hont Heu lial)ilaiits ; si (pichpi'iiii «mi celle allairt? a In droil d'iMm consullô, c'ent riiahilanl. l'iic iialioii n'a Jamais un véi'ilahh^ inl(''i'(''t à s'annexei- ou à relcnii" un pays mal^q'é lui. L<^ V(i!U des popuialions (;st on (l«''linilivo h» soulo! critérium lù^ilinio, colui au((U(d il faut IduJoiu's en revenir.
|{i<:nan. -- (Jii^'sf (T //ii'inif iKitfim y (Discours pioiioncé à Trùguior (Côlosdu Nord).
Descartos rccoininaiulc rtMiipIni des mclliotlcs n //liaii dans la lé^^islatioii
et la science.
Je m'imaginai (|uo les peuples ({ui, ayant clé aulrolois domi-sauvapçcs, et ne s'étant civilisés que i)cu à peu, ont fait leurs lois à mesure (jue l'inconnuodité des crimes et des (luerelles les y a contraints, ne sauraient être si bien policés que ceux (pii, dès le commencement f(u'ils se sont assemblés, ont observé les conslilulions de qu(d({ue j)rudenl léyislaleur. Je crois ([ue si Sparte a été autrefois très florissante, ce n'a pas été à cause do la bonté de cliacune de ses lois en particulier, vu que plusieurs étaient fort élrang-es et môme contraires aux bonnes mœurs, mais à cause que, n'ayant été inventées que par un seul, elles tendaient toutes à même fin. Et ainsi je pensai que les sciences des livres, s'étant composées et grossies peu à peu des opinions de plusieurs diverses personnes, ne sont point si approchantes de la vérité que les simples raisonnements que peut faire naturellement un homme de bon sens touchant les choses qui se présentent. Et ainsi encore je pensai que, pour ce que nous avons tous été enfants avant que d'être hommes, et qu'il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, ni les uns ni les autres ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs ni si solides qu'ils auraient été si nous avions eu l'usage entier de notre raison dès le point de notre naissance, et que nous n'eussions jamais été conduits que par elle.
Desc.vrtes. Discows de In méthode, IP partie, p. 31.
La conservation des abus anciens vaut mieux que les réformes imprudentes.
Ces grands corps (les Etats) sont trop malaisés à relever étant abattus, ou même à retenir étant ébranlés, et leurs chutes ne peuvent être que très rudes. Puis, pour leurs imperfections, s'ils en ont, comme la seule diversité qui est entre eux suffit pour assurer que plusieurs en
Mi PRINCIPES JJi; DHOIT
ont, lusagc les a sans doute forl adoucies, et in(';ine il en a évité ou corrigé inscnsi})lcnicnt quantité auxquelles on ne pourrait si bien ])()urvoir j)ar ])rud(înce; et enfin elles sont quasi toujours plus supportables (|ue ne serait leur changement, en môme façon que les grands chemins (jui tournoient entre des monUignes deviennent peu à peu si unis et si commodes, à force d'être fréfjuentés, qu'il est beaucou}) meilleur de les suivre que d'entrepr("ndre d'aller plus droit, en grimpant au-dessus des rochers et descendant jusqu'au bas des précipices. C'est i)Ourquoi je ne saurais aucunement apjjrouver ces humeurs Ijrouillonnes et inquiètes qui, n'étant appelées ni par leur naissance ni par leur fortune au maniement des aflaires ])ubliques, ne laissent pas d'y faire toujours en idée quelque nouvelle réformation ; et si je pensais qu'il y eût la moindre chose en cet écrit par laquelle on me pût soupçonner de cette folie, je serais très marri de souffrir qu'il fût publié.
Descarïes. Discours de la méthode, ici., \). ê^3.
Principe des réformes : la justice des revendications n'exclut pas la clémence
des moyens.
Les devoirs terribles existent. N'accuse pas qui n'est pas accusable. Depuis quand la maladie est-elle la faute du médecin ? Oui, ce qui caractérise cette année énorme (J), c'est d'être sans pitié. Pourquoi? parce qu'elle est la grande année révolutionnaire. Cette année où nous sommes incarne la Révolution. La Révolution a un ennemi, le vieux monde ; elle est sans pitié pour lui, de même que le chirurgien a un ennemi, la gangrène, et est sans pitié pour elle. La Révolution extirpe la royauté dans le roi, l'aristocratie dans le noble, le despotisme dans le soldat, la superstition dans le prêtre, la barbarie dans le juge, en un mot tout ce qui est la tyrannie dans tout ce qui est le tyran.
L'opération est effrayante, la Révolution la fait d'une main sûre. Quant à la quantité de chair saine qu'elle sacrifie, demande à Boerrhaave (2) ce qu'il en pense. Quelle tumeur à couper n'entraîne une perte de sang? Quel incendie à éteindre n'exige la part du feu? Ces nécessités redoutables sont la condition même du succès ; un chirurgien ressemble à un boucher ; un guérisseur peut faire l'effet d'un bourreau. La Révolution se dévoue à son œuvre fatal. Elle mutile mais elle sauve. Quoi ! vous lui demandez grâce pour le virus ! vous voulez qu'elle soit clémente pour ce qui est vénéneux ! Elle n'écoute pas. Elle tient le passé, elle l'achèvera. Elle fait à la civilisation une incision profonde d'où sortira la santé du genre humain. Vous souffrez? sans doute. Combien de temps cela durera-t-il ? le temps de l'opération.
(2) Célèbre médecin et professeur de Leyde qui fut le fondateur de l'etiseignement clinique (1G68-1738).