‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 130 sur 162 · II. — CORRECTION DES FORMULES KANTIENNRS DES fOSTULATS · texte numérisé non relu

II. — CORRECTION DES FORMULES KANTIENNRS DES fOSTULATS

7. La liberté doit être entendue comme une réalité phénoménale ; elle explique alors et le terme final du progrès et le mal résulant de la chute initiale. -- C'est ainsi que les sanctions se présentent à nous à titre de postulats de la vie future. Kant est le premier qui se soit rendu compte que toutes les prétendues démonstrations antérieures à lui, fondées sur des considérations de métaphysique rationnelle étaient insuffisantes pour asseoir les convictions quant à la vie future, la divinité et la liberté. Il a présenté ces trois thèses sous forme de postulats, c'est-à-dire de demandes telles que la raison ne peut pas prouver les propositions alléguées, mais se trouverait arrêtée dans sa marche sien ne les lui accordait pas. Kant n'a pas donné des formules parfaitement exactes de ces trois objets suprêmes de la spéculation morale. Nous savons déjà que sa doctrine de la liberté est insuffisante puisqu'il relègue cette liberté dans le monde de l'absolu (noumène), tandis que le monde où nous sommes (celui des phénomènes) serait le domaine de la nécessité. Il est vrai que Kant fait dépendre la liberté d'une autre raison encore, l'existence de la loi morale ; et c'est là le

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plus solide arp^unieul à faire valoir en faveur d'une liberté réelle. Mais il est au moins inutile de faire intervenir la considération d'une différence entre le monde de la réalité absolue, qui ne nous préoccupe d'aucune manière, et le monde des phénomènes, où se passe la vie réelle. L'inconvénient de cette théorie est de nous donner le choix entre la négation des phénomènes comme illusoires et étrangers à la véritable réalité dont le siège est alors placé en Dieu et, généralement, dans les noumènes, — ou bien d'autre part la négation de Dieu et des noumènes comme notions vides en tant que portant sur l'inconnaissable. Pour sortir de ce cruel dilemme, il faut introduire la liberté dans le monde des phénomènes, celui où nous vivons. A cette condition, non seulement la liberté prend un sens positif, mais elle devient véritablement une sanction, car elle nous rend capables de préparer la venue de nos fins morales ; puis elle nous impute la responsabilité du mal qui persiste et enfin elle nous impose l'élimination de ce mal pour tout l'avenir. Cette façon de comprendre la liberté comme réelle a une portée explicative considérable. En elïet, tout en limitant la responsabilité aux actes dont nous sommes personnellement les auteurs, mais en la faisant remonter, dans l'individu, puis dans l'humanité, jusqu'à son origine la plus reculée, elle permet d'attribuer à la liberté elle-même les actes primitifs dont les conséquences ont dans la suite détruit la liberté et institué dans les choses, en vertu d'une longue solidarité, des dépravations devenues nécessaires. C'est ainsi qu'on en peut venir à expliquer par la liberté non seulement le mal moral actuel, mais encore la chute initiale, le péché originel, première condition du mal physique, et même la formation des êtres tels qu'ils sont devenus par le jeu de leurs initiatives. De même en effet que la poursuite de l'idéal moral peut perfectionner la personne entière, corps et âme, de même une déchéance originelle a pu dégrader la personne entière, corps et âme en développant ses mauvais effets d'abord faiblement, puis d'une façon intense et multipliée par la contagion de l'exemple, le poids de l'habitude, Fenchainement de toutes les solidarités.

8. L'immortalité personnelle est posée en même temps que l'ordre moral dans le monde, sans un garant externe. —

Quant à l'immortalité , Kant l'a présentée comme solution d'une antinomie entre le bonheur et la vertu. Deux propositions

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