‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 131 sur 162 · XX. - l,i:S SANCTfONS · texte numérisé non relu

XX. - l,i:S SANCTfONS

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Kant su[)p()so l"que cette antinomie entre le bouliour et la vertu ne peut être résolue dans un monde tel que nous pouvons le concevoir d'après rox|)érience actuelle, etl2'' (ju'il faut, pour réaliser riiarmonio, un auteur de la nature chari;é d'établir un nouvel ordre moral. Examinons d'abord cette (bïrnière condition. Le recours à un auteur de la nature qui soit à la fois législateur, rémunérateur et vengeur complique inutilement la difficulté, puisque l'harmonie en question est possible, on vient de le voir, au sujet du postulat de la liberté, par le libre exercice de nos activités sans qu'une volonté supplémentaire intervienne pour assurer la sanction de nos actes. Si une autorité législative extérieure et supérieure au monde est nécessaire pour attribuer à chacun la rémunération à laquelle il a droit, c'est que l'ordre des choses ne sutïit pas de lui-même à amener ce résultat ou môme, peut le rendre impossible quand une action supplémentaire n'intervient pas. C'est donc que cet ordre des choses n'est pas, de sa nature, conforme à la raison, et absolument n'est pas un ordre. Il suffit donc, inversement, de supposer cet ordre pour que la moralité y ait sa place, avec la justice et le bonheur ; l'hypothèse d'un garant de cet ordre qui en serait distinct et lui serait extérieur est inutile, puisque toute moralité, y compris la perfection morale, fait naturellement partie de l'ordre. C'est donc en vain que Kant prétend l'en distinguer et l'y superposer comme condition.

Quant à la première difficulté soulevée par Kant, on peut démontrer qu'il n'est pas nécessaire pour comprendre un monde normal, de renoncer aux analogies tirées du monde tel qu'il est donné dans l'expérience, mais qu'il suffit de le concevoir de plus en plus modifié selon les lois dont nous avons déjà l'idée en présence

J. THOMAS. âl.

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