XX. — LKS SANCTIONS
Sur ces doniK'es dn la rcli^^ion iiaturtîlhi plus ou moins netlcnHMili'hicidéos, sï'diliciit les rcli^nons positives. KIlcs s'adrcssJMit à riioiinno par l(;s voies du coîur, de riina|.;iiiatioii et do la raison j)rati(iue à qui elles deniandeul des actes d(; foi; et cette, foi, loin do contredire la foi rationnelle ne saurait qu'alîerniir la prise de l'idéal sur la conscience humaine et préparer l'accord dos esprits dans la pratique du bien.
Le coupable, acceptant et même réclamant la sanction de sa faute, paye son tribut à la justice.
(Gauvain, c:énéral de la République, cliarf^^c de faire fusiller le chef des Vendéens Lantcnac, le fait évader parce que, selon lui, Lantenac a expié tous ses crimes en sauvant d'un incendie trois petits enfants, et en se livrant à Tarméc républicaine pour accomplir cet acte d'humanité. Gauvain se traduit ensuite lui-même devant un conseil de guerre présidé par Cimourdain, son ami passionné, qui a obtenu la faveur d'être nommé représentant de la Convention à l'armée de l'Ouest, pour accompagner celui qu'il regarde comme un fils adoptif.)
Cimourdain l'interroge :
— Qui êtes-vous ?
— Je suis commandant en chef de la colonne expéditionnaire des Côtes-du-Nord.
— Etes-vous parent ou allié de l'homme évadé?
— Je suis son petit neveu.
— Vous connaissez le décret de la Convention ?
— J'en vois l'affiche sur votre table.
— Qu'avez-vous à dire sur ce décret ?
— Que je l'ai contresigné, que j'en ai ordonné l'exécution, et que c'est moi qui ai fait faire cette affiche au bas de laquelle est mon nom,
— Faites choix d'un défenseur.
— Je me défendrai moi-même.
— Vous avez la parole.
Cimourdain était devenu impassible, seulement son impassibihté ressemblait moins au calme d'un homme qu'à la tranquillité d'un rocher. Gauvain demeura un moment silencieux et comme recueilli. Cimourdain reprit :
— Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
Gauvain leva lentement la tête, ne regarda personne et répondit :
— Ceci : une chose m'a empêché d'en voir une autre, une bonne action, vue de trop près, m'a caché cent actions criminelles ; d'un côté
(i) Eclaircissement III.
iiii vifillard, de, l.iulro des enfants, tout cela s'cïsl mis onlrn moi et le devoir. J'ai oul)lié les villa/,^es incendiés, les champs ravagés, les prisonniers massacrés, les blessés achevés, les f(;mmes fusillées ; j'ai oublié la France livrée à l'Angleterre ; j'ai mis en liberté le meurtrier de la pairie. Je suis coupable. En parlant ainsi, je semble parler contre moi ; c'est une erreur. Je parle pour moi. Quand le coupable reconnait sa faute, il sauve la seule chose qui vaille la peine d'être sauvée, l'honneur.
— Est-ce là, répartit Cimourdain, tout ce que vous avez à dire pour votre défense ?
— J'ajoute qu'étant le chef, je devais l'exeiriplc, et qu'à votre tour, étant les juges, vous le devez.
— Quel exemple demandez-vous ?
— Ma mort.
— Vous la trouvez juste ?
— Et nécessaire.
-^ Asseyez-vous (1).