‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 135 sur 162 · XX. - LKS SANCTIONS 3*J · texte numérisé non relu

XX. - LKS SANCTIONS 3*J

La morale est non pas indépeiulanLe, mais sijuverain arbitre des rcliKionH

et (les inétttpliysi(|ues.

Les rolif;'ions, dopais los ])lus i^rossirrcs juscju";'» l.i plus ('puréo, qualilieiil h^s acU's hiiiiiains do. hoiis ou de mauvais selon (|u'(dles les supposent être ou non conformes à la volonté, et de nature à causer ou non la satisfaction d(^ telles i)uissan('o invisible de lacjuelle dopondcnt le bonlieur ou le malli(;ur des individus ou des nations. Le dcvoii- est alors subordonné à une déclaration externe qui le définit (jusque dans le cas où le sièi;e pnncii)al de cetl(; révélation est envisagé dans le sanctuaire de la conscience), au lieu d'être considéré sous son aspect rationnel de forme de la raison pratique. Les deux points de vue ne sont nullement incom})alibles, attendu que rien n'em])éclie que les devoirs passent pour divinement prescrits en forme de commandement, et qu'ils aient leur sanction dans un ordre établi par le créateur, et qu'en môme temps la loi du devoir soit inhérente à la constitution morale de l'agent libre ; mais il s'élève une importante question de méthode, qui intéresse profondément la critique de la connaissance. Les hommes de religion exclusive voudraient que le principe de la morale fût pris de la religion et que la religion fût juge de la morale ; pour le philosophe cela ne se peut, car les principes premiers de la logique et les principes premiers de la morale gouvernent la sphère entière de l'esprit, et il est inadmissible que les religions soient soustraites à la critique, échappent aux critères universels de la vérité.

La vérité religieuse, en tant qu'elle se fait connaître, a son premier fondement dans l'état d'une conscience individuelle et ne se transmet à d'autres consciences que par des voies dans lesquelles le sentiment et la foi communicative sont encore les principaux mobiles. Il résulte de là que si la doctrine ou métaphysique ou morale d'une religion est mise en question entre des personnes quelconques, l'examen auquel cette doctrine sera soumise devant se régler sur des principes communs, il faudra de toute nécessité que ce soit sur les principes généraux de la morale et de la raison. Donc, la « vraie religion » ne peut s'attribuer à cet égard aucun privilège sur les religions fausses. Sa morale devra paraître au tribunal de la morale ; car, encore bien qu'il y ait division entre les doctrines éthiques, touchant l'origine et la nature d'une loi morale, il ne laisse pas d'exister des principes moraux communs, de même qu'il existe, en dépit des systèmes divers des philosophes, une raison commune, une logique dont il n'est certainement pas une croyance religieuse qui ne subisse plus ou moins l'empire.

Je conclus définitivement à l'existence première de ces notions, à celle d'une forme générale du devoir, à la variabilité et à la corruptibilité de sa matière, et à la dépendance des déterminations de l'idée religieuse par rapporta celles de la moralité.

L'expression de « morale indépendante > , ayant été très répandue de

328 PKINCII'KS IHi LA KKLKilON NATUHELIJ-:

notre temps et très discutée, je ne dis pas approfondie, il est à propos de remarquer ici que la morale subit tant pour la doctrine qu'on application, des influences de la part de toute religion et de toute philosophie qui régnent plus ou moins à une époque quelconque. En ce sens, la morale ne jxmU se dire indépendante, e*xcepté jjour (les iirécei)les ou maximes cnipiriciues, et tout autant (|u'on ne les soumet pas à l'examen. Mais il n'y a ni philosophie ni religion au monde qui aient pu se constituer sans dépendre au moins en partie de données morales antérieures et premières, ou de leurs altérations. En cet autre sens, la morale est originale et absolument indépendante, et ce sont les croyances et les doctrines qui dépendent d'elle.

Renouviicr. Esquisse... V^ Opposition, v. Crit. i-elig., VI vol., p. 3013,

CIlAriTliK X\l PRINCIPES DE LA RELIGION NATURELLE

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