XXI. DIKII
Il lie s\i;^il i);is de (U^cider si nM^lloiiioiil tous Iok faits poiivftnt He l'.imciuM'Ji (les cMiisdS ; (•'(^sl-à-dirc, si la iialiHMî est. Ion jours iril«'lli^Ml)lo, ou l)i(Mi si clli; i)rùs(Uiln di^s variations (jui, sr. (irrohanl au (iomaino de la si)()iitan(Mtù iwScossairo, appartierinoiit au douiainc de la spontanéité iil)r(\ Mais, on pcul rafliruicr, la science? cpii a pour hut do conc(!Voir la naturo doit adinclh'c la i)ossil)ilité de (;nttc dcu'niérc' conception : et elle doit, ensuite de cette liypotlièse, i)oursuivre son œuvre, ne fut-ce {\\w. ])our acipiérir la cei'litude irrécusable (pie nos connaissances sont liuiilées.
Crit. Phil. V, p. 107.
La reli^'ion luitnrello de Jésus.
Jamais on a été moins prêtre ipie Jésus, jamais plus ennemi des formes ([ui élouiVent la relif>ion sous ])rétexte delà protéger...
Un culte })iu', une religion sans prêtres, et sans pratiques extérieures, reposant toute sur les sentiments du cœur, sur rimilation de Dieu, sur le rai)port innnédiat de la conscience avec lui, étaient ses principes. A quoi bon des intermédiaires entre l'homme et son père? Dieu ne voyant que le cœur, à quoi bon ces purifications, ces pratiques qui irjilteiyncnt que le corps ? — Ce n'est pas ce que l'homme mange qui le souille, mais ce qui sort de son cœur, — 11 dédaignait tout ce qui n'était pas la religion du cœur. Les vaines pratiques des dévots, leur rigorisme extérieur, qui se fie pour le salut à des simagrées, l'avaient pour mortel ennemi. Il se souciait peu du jeûne... Les pharisiens propagateur de ces mômeries étaient le point de mire de tous ses coups. — L'amour de Dieu, la charité, le pardon réciproque, voilà toute sa loi. Rien de moins sacerdotal. Le prêtre, par état, pousse toujours au sacrifice public, dont il est le ministre obligé ; il détourne de la prière privée qui est un moyen de se passer de lui. On chercherait vainement dans l'Evangile une pratique religieuse recommandée par Jésus. — Sa doctrine était si peu dogmatique qu'il ne songea jamais à l'écrire, ni à la faire écrire ; ce n'est pas un fondateur de dogmes, un faiseur de symboles.
Les moins chrétiens des hommes furent d'une part les docteurs de l'Eglise grecque qui, à partir duiv® siècle, engagèrent le christianisme dans une voie de puériles discussions métaphysiques, et d'une autre part, les scolastiques du moyen âge latin, qui voulurent tirer de l'Evangile les milliers d'articles d'une « Somme » colossale. Adhérer à Jésus en vue du royaume de Dieu, voilà ce qui s'appella d'abord être chrétien. Jésus a fondé la religion dans l'humanité, comme Socrate a fondé la philosophie, comme Aristote a fondé la science. Il y a eu de la philosophie avant Socrate, et de la science avant Aristote. Depuis Socrate et depuis Aristote, la philosophie et la science ont fait d'immenses progrès ; mais tout a été bâti sur le fondement qu'ils ont posé. De même' avant Jésus la pensée religieuse avait traversé bien des révolutions ; depuis