II. — I.A I.IIII.IITI-; (LA TIIKSI
{^aranlil cvWv du M hic ;iil>il ic, cl s'il csl vrai (inil \ a «Ic^ pliildsoplios pour (|ui uur unualc saus nhcrtr os\ inl<'||i;;ihlr, il i.iul. rcudrc Itoiinna^c à la io^icpir des philosophes cuipiristcs, par ('\('u»|>l(', (jui uicul à la lois la lihrric cl le devoir. Nous verrons du lesle plus loiu (|uc la liheric esl une douui'c priuiiliv(\ coinino TiMre lui uièuie, cl iudeuioulrahh; à re. lilic. Muliu si elle élail ohjel (le (IrnKmsIrttlion, e'esl (ju'elh» ne serai! pas ohjel i\r, coiis- (alaliou, (M il ne laudrail plus i|uc les uièuies persouucs la préseiilasseid eouiuie uu IIkmh'cuic eu uu'Uie jeuips (|ue eouiuie uu l'ail ; en outre, il n'y aurait pas plus de eouleslalion sur la chose ])rouvée (ju'il n'y en a sur h^ carré de riiypolhcnuse. Or, les contestations sont noinhreuses et |)uissantes.
11. Conclusion. — Ce ([u'il y a (rinconlestahie sur ce point, c'est le l'ait niènu» de la croyance à la liherté, eroyain^e si j^énérale (jue les déterministes les i)lus eonvaincus en théorie, se eondnisent eoninie s'ils eroyaient à la liberté; ils accusent, conseillent, promettent, comme les hommes ordinaires. Mais il faut reconnaître (|u'une croyance ne garantit nullement la réalité de la chose crue. Les convictions les plus fermes peuvent être illusoires. Elles ont besoin d'être j^aranties par le contrôle de la réalité. Ce contrôle nous est impossible, puisque la liberté n'est pas un fait. Nous ne pouvons donc la présenter que comme croyance; mais nous lui chercherons une coulirmation indirecte dans la critique de la croyance contraire. Il nous reste donc à examiner les objections du déterminisme.
L'expérience est invoquée aussi bien par les partisans que par les adversaires
de la liberté.
Quand Mill, en son Système de Logique, arrive à s'expliquer sur le fondement de l'induction et sur la portée universelle du principe de causalité, il obéit à des tendances inconciliables avec sa méthode. Il affirme énergiquement le principe que Hume a nié, lui aussi, pour le rétablir, le principe que tout ce qui commence d'exister a une cause. Et sur quoi se fonde cette affirmation ? Sur une induction, tirée de l'expérience qui ne nous a jamais montré de phénomènes sans cause. Et cette induction, sur quoi repose-t-elle ? Sur le principe de causalité,
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coininc toutes les iiiduclioiis ])()ssiblcs, selon Mill. Comiiienl écliMpper au cercle vicieux (jue lui-jucuieil confesse ingéiiuiiienl 1 Par \ina priuri? Mais il n'en veut point, et d'ailleurs on pourrait le mettre en doute. Par l'aveu d'une croyance? Il faudrait le dire; mais que prouveraitelle? Au fond, il doit y avoir un peu de tout cela, si ce n'est un pur préjugé ])hilosophique, une « idole de théâtre », dans l'esprit de Mill. Encore est-ce une sorte d'excuse, un moyen, quoique inavoué, de se mettre au-dessus du paralojî^isme patent. Mais regarder comme un fait iV expérience ce que rien ne nous empêche de nier de bonne foi, et ce dont chacun de nous est spontanément, à tout instant, enclin à penser le contraire ! comme un fait d'expérience, l'impossibilité que les mômes antécédents et les mêmes circonstances des actes humains comportent jamais à l'avance d'autres conséquents que ceux que le fait, une fois accompli, met en évidence ! Il est en vérité curieux que l'expérience, invoquée si souvent par les partisans de la liberté à rapi)ui de leur thèse, soit prise par un autre bout et réclamée par les nécessitaires comme le fondement de la leur. Celte circonstance n'est à l'honneur de la logique ni des uns ni des autres ; mais elle constate bien la force réelle des convictions antagonistes, dans la vaine recherche des motifs externes par lesquels il leur serait donné de s'imposer Tune à l'autre.
Rexouvieh. Esquisse d'une classification systématique, Critique Jieligieuse, l. VI, p. 280.
C'est la conscience de l'obligation morale qui nous fait affirmer la liberté.
Que ce soit la moralité qui nous découvre le concept de la liberté, et, par conséquent, que ce soit la raison pratique qui, par ce concept, propose à la raison spéculative le problème le plus insoluble pour elle et le plus propre à l'embarrasser, c'est ce qui résulte clairement de cette considération : puisque, avec le concept de la liberté, on ne peut rien expliquer dans le monde des phénomènes, mais qu'ici le mécanisme de la nature doit toujours servir de guide, et qu'en outre, lorsque la raison pure veut s'élever à l'inconditionnel dans la série des causes, elle tombe dans une antinomie où, d'un côté comme de l'autre, elle se perd dans l'incompréhensible, tandis que le mécanisme est du moins utile dans l'explication des phénomènes, personne ne se serait jamais avisé d'introduire la liberté dans la science, si la loi morale et avec elle la raison pratique, n'était intervenue et ne nous avait imposé ce concept. L'expérience confirme aussi cet ordre de nos concepts. Supposez que quelqu'un prétende ne pouvoir résister à sa passion, lorsque l'objet aimé et l'occasion se présentent ; est-ce que, si l'on avait dressé un gibet devant la maison où il trouve cette occasion, pour l'y attacher immédiatement après qu'il aurait satisfait son désir, il lui serait encore impossible d'y résister ? Il n'est pas difficile de deviner ce qu'il répondrait. Mais si son prince lui ordonnait, sous peine de