‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 16 sur 162 · II. - I.A MlIKIlTi; (LA TIIKSK · texte numérisé non relu

II. - I.A MlIKIlTi; (LA TIIKSK

iiioi'l, (le ptd'lci' lin Taux h'Miioi^nnf^o contre un lioiinrlc lioininc r|iril voïKJr.iil pcrtii'c au iiioyi'ii d'un prricxlc- sprcicux, rc/^ardcrail-il conimM j)()ssil)li' (lii vaincre eu pareil cas s(m niuour de la \'n\ si ^^rand (pi'il pùl ôtro? S'il It^ lei'ail mi non, c'est co (|u'il u'dsera ix'ul-^tre pas décider, mais (pi(^ c(da lui soil i){)ssii)lc, c'est ce dont il conviendra sans hésiter. 11 ju^-e donc (pi'il peu! laii'e cpielcpie cliosc^ j)arc(^ (|u'il a la cons(nenc(^ de le devoir, el il reconnail ainsi eu lui-niénie la lilxu'té cpii, sans la loi morale, lui sérail toujours demeurée inconnue;.

KaM'. littisiui /HUih'ijnc Trad. lîai'ui, ]>. 17,'j.

L;i liberté est aflirmée an nom triiiu', croyance, non par suite d'une démons*

traliun.

L'existence de la liberté n'est qu'une vérité de sentiment, et non pas de discussion ; il est facile de s'en convaincre. Car le sentiment do notre liberté consiste dans le sentiment du })ouYoir que nous avons de l'aire une action contraire à celle que nous faisons actuellement; l'idée de la lil)erté est donc celle d'un j)ouvoir (pii ne s'exerce pas au moment que nous le sentons : cette idée n'est donc ([u'une opération de notre esprit, par laipielle nous séparons le pouvoir d'agir d'avec l'action même, en regardant ce pouvoir oisif (quoique réel) comme subsistant pendant que l'action n'existe pas. Ainsi la notion de la liberté ne peut être qu'une vérité de conscience. En un mot, la seule preuve dont cette vérité soit susceptible est analogue à celle de l'existence des corps ; des êtres réellement libres n'auraient pas un sentiment plus vif de leur liberté que celui que nous avons de la nôtre ; nous devons donc croire que nous sommes libres. D'ailleurs, quelles difficultés pourrait présenter cette grande question, si on voulait la réduire au seul énoncé net dont elle soit susceptible ? Demander si l'homme est libre, ce n'est pas demander s'il agit sans motif et sans cause, ce qui serait impossible, mais s'il agit par choix et sans contrainte ; et sur cela il suffit d'en appeler au témoignage universel de tous les hommes. Quel est le malheureux, prêt à périr pour ses forfaits, qui ait jamais pensé à s'en justifier en soutenant à ses juges qu'une nécessité inévitable l'a entraîné dans le crime ?

Dalembert. Mélanges, IV*^ vol. Eléments de philosophie, p. 8:2.

Trois sens du terme liberté.

Certains termes du langage philosophique reçoivent des sens différents, ce qui est la source d'équivoques et de confusions d'idées. Entre

j. THOMAS. — 6*= année. 3

34 PHINCIPKS hK LA MUHAI.i:

ces sens dilTérenls il y ;i des rapi^orls el des pnssnges qui j)cnneltent d'aller de l'un à l'autre sans s'en apercevoir : de là nombre de sopliismes que l'on trouve à la base des grands systèmes où le défaut d'analyse les a laissés s'introduire et où les défend ensuite la force des habitudes intellectuelles.

Le mot liberté est un de ces termes. On l'oppose à hinécessilè rnètaphysir/ue, au déterminisme ri/^^oureux des phénomènes ; on l'oppose à la contrainte physique, à la contrainte employée par l'un contre l'autre. On l'oppose à la domination de la passion sur la raison, de la chair sur l'esprit.

L'homme est dit libre : \" en tant que ses volitions ne sont pas nécessitées et ne pourraient être prévues par qui en connaitrait exactement toutes les conditions antécédentes. Il est dit libre : 2"' en tant qu'aucune contrainte ne l'empêche d'aller et de venir, d'exprimer ses idées, d'entendre et de connaître celles des autres, d'entrer en relation avec eux, etc. ; en un mot, d'exécuter les résolutions que sa volonté peut prendre d'après sa raison, sa conscience, ses sentiments. Il est dit libre enfin : 3" en tant qu'il est affranchi par le degré de sagesse et de vertu auquel il s'est élevé, des passions inférieures et des habitudes tyranniques qu'elles créent.

Voilà trois sens du mot liberté : l*^ sens métaphysique ou aristotélicien ; 2*^ sens juridique et politique; 3'' sens moral et stoïcien. La liberté prise au premier sens est un postulat de l'obligation morale, une puissance d'option que la raison pratique croit pouvoir affirmer en s'affirmant elle-même ; elle n'est ni un droit à respecter, ni un devoir à accomplir. Prise au second, elle se présente comme un droit, par conséquent comme objet d'un devoir corrélatif. Pour qui l'entend au troisième sens, elle est l'idéal de perfection qui comprend ces trois vertus cardinales des anciens moralistes : la force, la prudence, et la tempérance ; elle est l'objet des devoirs envers soi-même.

PiLLON. Critique philosophique, \o\. XVII, p. 3l)G,

CM AIMTIIK Ni LA LIBERTÉ (Suite). — II. L'ANTITHÈSE

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