‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 23 sur 162 · III. I.\ MIlKHTI-: (l/ANTITIII'ISK) M · texte numérisé non relu

III. I.\ MIlKHTI-: (l/ANTITIII'ISK) M

(pTils (Mil (111 ;i I M' rccNui r sniis Tu ne ou l'inil ic (I«h'.<».h nhHlrarlioiiM, (l(î \.v\s pciisiMirs jmx(HH'ls Ton nv sjmrjiil, sans Iniir fairo fçiaiid tori, rcliisci* li^ doinh^ r('ii('i-;;i(^ lli(''(ui(|ii(' ii'oiil ('('pfMKlaiM. pas pu s(» placiM" au poiul. dc^ vun {U\ la syuIlK'sc réelle, el u'oul pas su iuléf;rer, (mi leurs conclusions, les fonctions liuuiain(;s (fu'avait <lisl,inf;"ué(3HHans rései-Ne leur science c(Mnuieucaiile. Ils u'oul pas sonli luuiou iudissoluhli^ el piofondc (^1, par suilr; u'oul foiionicnt saisi dans la solidarité ni sa source (|iii est. la iil)crlé ni soness(Mice (|ui est W délerininisinerelatif desséri(^s d'événcMiicnts connueucées ou susjxîudues par cette mémo liherlé. Tel a été recueil des psycliolo^uos partisans do la néc-ossilé, toi aussi celui de leurs adversaires, ))arlisans de la volonlé indiltércntc. Pour ces diMuiers, il faut avouer ([uo ce n'est pas res[)rit d'avontuni qui les a détournés de la vérité plnlosoplii(pH', mais plutùt une sorte (riidirmité si)éculative joiiUe à uu(î inci'oyable timidité eu présence des alternatives lo<;i([ues où se trouvent engagés, avec le problème de la liberté, les plus sérieux intérêts de la personne morale.

22. Conclusion : La séparation des fonctions est le fait non pas de la nature, mais de la liberté. — Le tort des deux systèmes contraires que nous rejetons en ce moment est donc la séparation entre la volonté et les motifs, conçue comme naturelle et antérieure à l'acte, tandis qu'elle n'est que le résultat, le fait même de l'action volontaire. Dans le premier cas, celui du déterminisme psychologique, le motif est conçu comme agissant naturellement seul ; dans le second cas, celui de l'indifférentisme, la volonté est conçue comme agissant naturellement seule. Mais la vérité est que la volonté, pour s'exercer, doit se séparer et non être séparée : elle retire son adhésion à l'un des possibles envisagés par l'intelligence et s'attache à un autre. Elle ne peut s'attacher qu'eu se détachant. C'est une loi d'initiative qui modifie des lois de simple spontanéité. Dès qu'elle agit sur l'une de celles qui constituent le système du monde mental, elle y détermine une rupture d'équilibre au profit de la direction qu'elle y réalise, et toutes les autres lois se trouvent par là transformées en composantes ou résistantes du mouvement obtenu. Il n'y a là, nous nous en rendons bien compte, que des métaphores mécaniques, mais qui traduisent notre pensée. La volonté est donc bien séparée, mais non comme un absolu, et de sa nature ;; elle l'est relativement à un motif, et de son fait, par son acte. Il

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n'y a que n'Ialions (Ijiiis le moinh.' (h- la cousciciice comme dans celui de l'univers, el c'est pour avoir voulu y trouver des absolus que la philosophie a toujours versé soit dans l'ornière du déterminisme, soit dans l'ornière de rindilïéreuce. A peine deux ou trois fois a-t-elle trouvé pour un instant la bonne voie de la liberté sous la conduite d'Aristote, d'P^picure, mais tous les autres philosophes l'ont rauHMiée aux fondrières.

Nous verrons, dans le chapitre suivant, quelle est la position de la question qui peut assurer la solution la plus efficace de si longues controverses.

L'intervention de la liberté, dans l'ordre physique comme dans l'ordre mental, rend approximatives les prévisions les mieux fondées en apparence.

Toute la science justement supposable, la science accomplie, ne suffirait pas pour donner les moyens de déduire des états antérieurs du monde, son état futur exact et complet après un temps quelconque. La prévision n'est que partielle et approximative, là où elle est certaine ; ailleurs elle est conjecturale et plus ou moins probable : je dis partielle parce qu'elle porte principalement sur les phénomènes d'ordre général qui embrassent et conditionnent tous les autres (i); je dis approximative, parce que même ces grandes lois, où la part des actions humaines et libres semble nulle, ne laissent pas d'admettre dans leurs effets une intervention minime d'éléments imprévus et imprévoyables. Par exemple, le moindre déplacement volontaire d'un homme sur la surface du globe terrestre modifie, quoique dans des limites singulièrement étroites, mais enfin modifie peut-être et la marche de la planète et celle du soleil, et l'application de la loi de la gravitation, aussi loin que son empire s'étend d'astre en astre dans l'immensité.

Si nous passons de la sphère du monde à la sphère de l'homme et de ses lois propres, les mêmes considérations sont applicables. Seulement la part de l'imprévu grandit beaucoup, et cela moins encore dans les faits eux-mêmes que par l'importance du domaine ainsi créé : la morale. Celui qui, pour apprécier la valeur de la liberté, n'aurait égard qu'à sa portée en quelque sorte matérielle et n'envisagerait que les derniers résultats des événements libres dans la marche de l'humanité, perdant de vue les personnes individuelles, les temps définis, les rela-

(1) Et que ces phénomènes généràiiîi iié peuvent être embrassés dans leur totalité.

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!ii)iis ]).iss;i^(''i'('s, celui Ij vciT.iil lo priiiciin' de (létcrmiii.-ilion rfl'.irer ou suriuoiilci* (le plus t'ii plus II' pi'iiicipe des accidjMils.

HkNOUVIKH, !2" Essai, J'si^r/io/of/ir, t. Il, p. '.VM .

ï-c pi"in(i|>(' (|(> loiilc raison siifllsanlc est Dieu.

Mninlcnnnl il l'.iul s'élever ;i la inélaphysi(iuo, on nous scrvnnl du ^rand ])riiu'i[)i' peu euiployé coiinnuMénieiil, <|ui poi'le. (ju(î ri(Wi no ho lail sans niison sn/'/is(ui(<' ; c'csi-à-diro que rion n'arrivo sans (ju'il soit possible à celui qui connailrait assez les ehoses do rendre une raison cpii sulTiso })()ur délerniincr ])ourqu()i il en osl ainsi et, non pas aulronient. Ce principe posé, la première question qu'on a droit de faire sera pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien. Car le rien est plus simple et plus facih^ (jue (|ucl(jue chose. De plus, supj)osé que des choses doivent exister, il l'aut qu'on puisse rendre raison i)ourquoi elles doivent exister ainsi et non autrement.

Or, cette raison suftisanle de l'existence de l'univers ne se saurait trouver dans la suite des choses contingentes, c'est-à-dire des corps et de leurs représentations dans les âmes ; parce que la matière étant indifférente en elle-même au mouvement et au repos, et à un mouvement tel ou autre, on n'y saurait trouver la raison du mouvement, et encore moins d'un tel mouvement. Et quoique le présent mouvement, qui est dans la matière, vienne du précédent et celui-ci encore d'un précédent, on n'en est pas plus avancé quand on irait aussi loin que l'on voudrait, car il reste toujours la même question. Ainsi il faut que la raison suffisante, qui n'ait plus besoin d'une autre raison, soit hors de cette suite des choses contingentes, et se trouve dans une substance qui en soit la cause ou qui soit un être nécessaire portant la raison de son existence avec soi ; autrement on n'aurait pas encore une raison suffisante où l'on pût finir. Et cette dernière raison des choses est appelée Dieu.

Leibnitz. Pn'jin'pes de la Nature et de la Grâce, § 7 et 8.

La loi de causalité universelle est imposée aux faits parla logique de l'esprit et n'est pas un résultat de l'expérienee, malgré l'opinion de l'empirisme chez Stuart-Mill.

Nous sommes amenés à considérer la loi de causalité, au moyen de laquelle nous concluons de l'effet à la cause, comme une loi de notre pensée préalable à toute expérience. En général, nous ne pouvons obtenir aucun résultat d'expérience, relativement aux objets naturels, sans que la loi de causalité agisse déjà en nous ; elle ne peut donc pas être un résultat des expériences que nous faisons sur ces objets.

Cependant cette dernière opinion a trouvé bien des défenseurs : on

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a voulu voir dans la loi do causalité une loi naturelle acquise par induelion. Stuarl-Mill Ta récemment exposée de cette manière, et il a même examiné si elle devait nécessairement être ap])licahle pour les habitants d'aulros systèmes stcllaircs. Je me contenterai de faire remarquer fjue la démonstration emi)iri(iue de la loi de la cause suffisante est bien difficilement acceptable. En effet, le nombre des cas où nous croyons pouvoir démontrer complètement le rapport causal des phénomènes naturels est bien peu considérable par rajjjjort au nombre des cas où cette démonstration nous est encore complètement impossible. Les premiers appartiennent presque exclusivement à la nature inorganique, tandis que les cas non démontrés comprennent la plus grande partie des phénomènes de la nature organique. Pour les animaux et les hommes, nous admettons môme avec certitude, d'après notre propre conscience, un principe de libre arbitre que nous sommes absolument obligés de soustraire à la dépendance rigoureuse de la loi causale ; malgré toutes les spéculations théoriques sur la fausseté possible de cette conviction, je crois que notre conscience naturelle ne s'en départira jamais. Ainsi ce sont précisément les cas les mieux et les plus exactement connus de nos actions que nous considérons comme des exceptions à cette loi. Si donc la loi causale était une loi d'expérience, sa démonstration induclive serait très peu satisfaisante. Nous pourrions tout au plus comparer son degré de causalité à celui des lois météorologiques, de la loi de rotation du vent, etc. On n'aurait plus rien à répondre aux physiologistes vitalistes qui considèrent la loi causale comme bonne pour la nature inorganique, mais qui, pour la nature organique, n'admettent son action que dans une sphère peu élevée.

La loi causale présente le caractère d'une loi purement logique, en ce que les conséquences qu'on en déduit ne se rapportent pas à l'expérience elle-même, mais à la manière de la comprendre, motif pour lequel il est impossible qu'elle soit jamais réfutée par l'expérience. En effet, lorsque nous nous heurtons à quelque difficulté dans l'application de la loi causale, nous n'en concluons pas qu'elle soit fausse, mais que nous ne connaissons pas encore complètement l'assemblage des causes qui agissent de concert dans le phénomène qui nous occupe. Et lorsqu'enfin nous sommes parvenus à comprendre certains phénomènes de la nature, d'après la loi causale, nous en déduisons qu'il existe, dans l'espace, certaines masses matérielles qui s'y meuvent et qui agissent les unes sur les autres avec certaines forces motrices.

Helmholtz. Optique physiologique, trad. Javal, p. îi92 et suiv. G. Masson, Paris.

La volonté divine séparée de tout motif, d'après Descartes.

Les vérités métaphysiques, que vous nommez éternelles, ont été établies de Dieu et en dépendent entièrement, aussi bien que tout le reste des créatures. C'est en effet parler de Dieu comme d'un Jupiter

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