CHAPITRE IV LA LIBERTÉ (Suite). — III. LA SYNTHÈSE
QUELQUES ACTES SONT LIBRES. — QUELQUES ACTES NE ^ONT PAS LIBRES 1. — POSITION DU DILEMME
1. Opposition métaphysique des deux thèses simplifiées : le Panthéisme ; la Liberté. — La thèse panthéiste est la plus ancienne, la plus profonde et la seule conséquente qu'on ait jamais opposée à celle de la liberté. Toutes les autres formes du déterminisme n'ont de force qu'en lui empruntant, sous des noms différents, son principe : continuité de l'être et des phénomènes (1), en dehors duquel on n'a fait intervenir dans le débat que des banalités, comme l'influence de la race, du milieu, du tempérament, ou des pauvretés comme l'indifïérentisme de Bossuet, de Clarke et de Reid, ou la distinction entre les motifs et les mobiles, de Jouflroy. A la thèse de la nécessité de l'être, admise avec rigueur par Parménide et Spinoza, un philosoplie contemporain a opposé avec non moins d'exactitude logique dans les conséquences la liberté et la discontinuité des phénomènes, c'est l'auteur des Essais de critique générale, qui plaçant avec plus de résolution encore que Kant la morale au centre et à la base de toute spéculation, et maniant avec une énergie trop peu commune le principe de contradiction, unique levier de la pensée logique, a rompu les chaînes de tous les préjugés qui recouvraient la question du libre arbitre.
2. Opposition logique des propositions contradictoires. — D'après ce dernier point de vue, à la proposition :
Aucun acte n'est contingent,
(l) V. Edaircissement I.