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sciniccs r.nii'li's (I). l/ohjcl 4-01111111111 à toutes ces scieuccs est Vonirr )i<itiurl ou physicjuc.
3. Les points do vue les plus généraux de la pensée (caté gories) montrent les différences des phénomènes. — Or,
voici les car.iclci'cs (juc nous I ioun ous ;i tous Irs f;iils (|ui I(^ couslitucul. Nous uous plîU'iuous succossIvcummiI, pour les détcruniHM', ;iu\ poiuls de \ uc les plus ^«'MU'rjiux (pic puisse; aljordcr lii pciiscc, les ('((ti'ijnrics, (lis|)osccs, pour les hcsoius de r;iu.i lyso, selon un ordre de complexité eroissaiito dans IcMjuel chacun condiliomie I(n suivants, cl où chacun apporte ([uehpie chose de nouveau.
4. La qualité. — Les faits physiques sont connus par les sens. Les faits de conscience par la réflexion. — Et tout d'abord, au point de vue de leur qualité, les phénomènes physiques, pris dans leur ensemble, nous sont connus par les sens aidés quel({uefois des instruments qui en précisent et en étendent la portée {"1). Ainsi, c'est ou pai- la sensation de chaleur ou par la vue des variations de la colonne mercurielle dans le thermomètre que uous connaissons la température. C'est à tous nos sens et exclusivement à eux que nous recourons pour déterminer les qualités physiques ou chimiques des corps. Leur témoi- «iiiage est non seulement nécessaire, mais suffisant. Quand ils nous ont traduit en sensations visuelles, tactiles, sonores, etc., les mouvements qui se passent dans l'univers physique, nous avons tout ce qu'il nous est possible de connaître sur ce sujet (3).
Au contraire, les faits moraux échappent entièrement à l'observation des sens; on ne peut voir ni toucher un désir, une intention, un raisonnement; il faut, pour connaître de tels objets, rentrer en soi-même, recourir à un mode spécial d'observation qui est la réflexion. La tentative de connaître l'àme par la physiologie du cerveau est une chimère qui se renouvelle de
(1) Voir une classiiieation plus détaillée des sciences dans les Principes de Philosophie scientifique, cli. m, iv et v.
(2) Voir les Principes de Philosophie scientifique, ch. vu.
(3) Il est vrai que les faits ne suffisent pas pour constituer une science, mais l'ordre systématique et causal dans lequel ils sont connus scientifique^ ment n'est plus donné par les sens, mais pensé par Ventendemcnt.
teni])S en temps dans l'iiistoire de la piiilosopliie, mais qui se trouve toujours également absurde (1).
5. Les faits physiques n'existent même que traduits en faits psychiques. — Mais, dit-on, (niaud je vois une figure contractée, rouge, des sourcils froncés, des dents grinçantes, je puis bien dire : Voilà un homme en colère. — Non, ce que je vois n'est pas la colère, mais seulement ses symptômes, ses signes extérieurs qui traduisent pour moi un étJit d'à me analogue à ceux que j'ai moi-même exprimés de la même façon. De la ressemblance des signes, j'induis celle des états de conscience signifiés. Mais il n'y a pas là observation directe d'un fait moral par la vue. La seule chose que je puisse connaître directement, c'est ce qui se passe en moi, ce sont mes impressions, tout le reste est objet de croyance ou de raisonnement (2). Et l'univers physique lui-même n'existe pour moi que parce qu'il m'est représenté, traduit en états de conscience (3).
En effet, les physiciens entendent par corp- tout ce qui affecte nos sens, ou bien tout ce qui peut produire la sensation, comme couleur, odeur, saveur, son, chaleur, résistance. Mais ce ne sont là que des états de notre conscience. Assurément, quelque chose doit correspondre, dans l'univers physique, à ces phénomènes qui le représentent en nous. Ce quelque chose est réduit, depuis les profondes analyses de Descartes, à un pur mouvement qui, transmis par des appareils distincts, les organes, donne lieu, dans la conscience à des sensations distinctes. Le vulgaire considère les qualités sensibles comme inhérentes aux corps, mais la réflexion nous montre que si les phénomènes de mouvement, d'une part, et les états de la sensibilité, d'autre part, se correspondent à peu près comme un texte latin et sa traduction française, il n'y a aucune ressemblance de nature entre les deux termes de ce couple harmonique, pas plus, dit M. Huxley, qu'entre une poésie et la bouche de celui qui la récite. Les phé-
(1) Ce fut l'illusion du médecin allemand Gall (1758-1828), inventeur de la Phrénologie (phrén=cerveau) ou science de la divination des facultés de l'esprit d'après les bosses du crâne; il fut suivi par le littérateur suisse Lavater (1741-1801) et par le médecin français Broussais (1772-1838). Aug. Comte, fondateur du positivisme (1798-1857) érigea en principe l'impossibilité d'atteindre les faits psychiques autrement que par la physiologie. Dans une seconde phase de sa vie il combattit ce principe. (V. Uav'aisson, Rapport sur la philosophie au xix" siècle.)
(2) Voir Éclaircissement II.
(3) Vcfir plus loin '^p. 7, note 1}. C'est là le sens vrai de l'idéalisme, v. p. lo.