IV. — LA MltKUrK (l„\ SYNTIIIiSi
(•i(Mic(U()nj()iirs(Mi vm'W ". Il roinpoiln la possihililc, iiiv(;r.s(; de; IVrrcni', iii.iis îiiissi son icinrdr : la snrv(Mllaii(*(^ constante sur soi-nu'^nic apirs les (Irlailhinccs, otsa vv'^W^ (^st INixanicM loiijoiiis repris cl niaiiilcnii ((nniiir prcsiMTatif (1(5 r(înj;();ir(lisseni(MiL possible dans révidence.
10 Toute certitude est œuvre de liberté. Mn (u; s(;ns, il es! donc vrai i\i' dire (|tie le s;.vanl, fail la science, i[\w. rii()inin(; (|ui pense fail la v('?ril(''. I<i les prolostatioiis ne nian(|n(Mit pas (4 d'abord chez M. l'ouilici^ (1). M. Kahier ("1) diiclare (pie « l'honinn^ (pii préviendra il. faire la véritiî nuM'iterait d^dre enlernié, et non i)as (i'(^tre cm ». Ce trait(Mn(;nt peut convenir pour celui qui n'aurait d'autre r(^'i»le que sa fantaisie dans rétablissement du savoir. Mais à ne parler quedes savants ou pliilosophes dignes de leur nom, il n'est pas contestable qu'ils prétendent jouir de leur pleine liberté d'esprit dans l'examen des fails et des thèses, et [dire, ainsi, chacun pour soi, sa conviction.
Assurément, « dans les sciences d'observation, les faits nous dominent et nous ne pouvons rien changer en eux » (3), mais nous [)ouvons changer ([uelque chose en nous-mêmes et nous mettre dans les meilleures dispositions pour observer. Dans les sciences de raisonnement, « nous sommes entraînés par la déduction à partird'unpremieraxiomequi s'impose nécessairement» (4), nous dit-on encore. Mais il n'est rien, pas même un axiome, que mon esprit doive accepter sans prendre la peine d'examiner, au moins, s'il admet en cela une proposition raisonnable ou une sottise ; et quant à l'enchaînement des conséquences, s'il est le type même de la nécessité, encore faut-il reconnaître que parmi les déductions, les unes sont bien, les autres mal tirées, selon qu'on a fait pinson moins attention ; or, qui ditexamenetattention, ditliberté. L'être qui réfléchit est un animal perverti, déclare Rousseau ; soit, mais c'est le même être qui fait son salut et sa vérité. S'il est exact enfin de dire que c'est par la liberté qu'on entre dans le scepticisme (o), il n'est pas moins vrai que cette même liberté est Vuniqae moyen d'en sortir (6).
(1) Liberté et déterminisme, 2® éd., p. 127, Alcan.
(2) Psychologie, p. 555.
(3) Fonsegrive, Essai sur le libre arbitre, p. 407, Alcan,
(4) Ibid.
(5) Ibid.
G) Nous essayons de faire voir dans les Principes de j)hilosophie scientifique ,
6i PRINCIPKS DE LA MORALE
B. — LES CONSKQUENCES MORALES
11. Avec la nécessité on aboutit au progrès social spontané ; et à l'inertie et au fanatisme des individus. —
Passons aux conséfiuences morales, nous verrons que la liberté, si je l'affirnie, non seulement est « la vie de la science que je poursuis >, mais encore « la vie de ma personne ». Dans le système de la nécessité, s'il y a un progrès dans la marche de la civilisation, il ne se fait que par la force des choses. Il est donc fatal, sans participation des initiatives privées et par conséquent sans valeur morale. Si la conviction que la loi intime des événements est nécessaire pouvait entrer profondément etdéfinitivementdans l'esprit et le cœur des hommes, il en résulterait, chez les âmes peu énergiques, un abandon à l'inaction et à la paresse complète. En effet, les choses se faisant d'elles-mêmes, nous n'avons qu'à nous croiser les bras et notre inertie est môme une des conditions de l'évolution universelle tout aussi bien que notre activité, dans le cas où l'ordre des choses nous aurait amenés à y intervenir. Ou bien, au contraire, le résultat de la croyance en la nécessité, si notre nature nous poussait à l'action, aboutirait à la violence et au fanatisme, puisque cette poussée résultant de la nécessité universelle est légitime en soi et doit faire approuver tous les résultats de notre activité. Nous voyons même un effet de cette croyance au fatalisme des événements dans la théorie des hommes dits providentiels, lesquels, le plus souvent, loin de se considérer comme les manifestations les plus éclatantes de la liberté dans l'histoire, finissent par s'imaginer être des instruments de la nécessité. Ainsi Attila se laisse appeler < fléau de Dieu » ; ainsi Cromwell se croit appelé par la grâce céleste au protectorat, et Bossuet lui-même voit en lui un ouvrier de la Providence. De nos jours, c'est de la même façon que se présentent les prétendus sauveurs de la société. Tant il est vrai que « le fantôme de la nécessité pèse sur la nuit de l'histoire et que la liberté est à peine une aurore ».
au sujet de la méthode des sciences morales, que le type même de toute certitude se trouve dans ces dernières et nullement dans ce qu'on appelle les Sciences positives (voir ch. vni). Ici, nous trouvons, il est vrai, des résultats de la critique qui sont scientiliques parce qu'ils sont à l'épreuve de l'expérience ou du raisonnement; mais là nous trouvons la critique elle-même à l'œuvre, puisque les prétendues Sciences morales ne sont autre chose que la simple recherche^ c'est-à-dire la certitude à l'état vénatoire.