IV. |,\ l.lltl.im, (I.A .S\.MIII.M-.) A
12. Avec la liberté la disparition du mal est œuvre humaine, et la qualification des actes, œuvre morale -
Au conliairc, a\cv. la libelle non ii!ui(;nienl. il csl. possihk; d'cxpli([iior poiiniiioi lo pro^iès a eu des nioinonls d'arnM ot mAme des reculs — par exeinplt^ les mille années du inoycMi A}<e — mais encore de monlr«M-(|Me le passé auiail |mi èlre nieilleiii- (jii'il n'a été, que ravenir au moins s(M*a comme nous le ferons, et (juc nous tenons entre nos mains les clefs de notn» destinée. « Il n'y a pas alors de foret» des clioses ((ui nous entraine, puis(fue les choses ne sont pas elles-mêmes des forces : notre espèce n'est vouée ni au bien ni au mal nécessairement, elle aura le sort fju'elle méritera. Les lois de la nature ne se chargent pas toutes seules de nous amener à cet état de perfection (ju'il est obligatoire de concevoir et dont il est juste de vouloir s'approcher; et la réalisation de nos plus légitimes espoirs est subordonnée à raccomplissemcnt d'un devoir sacré, celui de faire disparaître le mal en nous et en dehors de nous dans la mesure de nos forces personnelles (1). » En outre, il est possible alors, mais alors seulement, de qualilier les actions comme ])onnes ou mauvaises et non plus seulement comme utiles et nuisibles, et de justifier les croyances universelles que nous avons présentées au début de cette étude. Alors devient possible non seulement un monde de la science avec ses garanties contre le scepticisme, mais encore un monde de la moralité où intervient et se superpose la personne, auteur elle-même, et eu même temps résultat de cette certitude et de cette moralité.
Ainsi, de même qu'en fait la liberté a été impliquée dans toutes les démarches de mon esprit dès le moment où j'ai commencé à réfléchir, et que la pensée libre a été le premier organe de mon savoir, quel qu'il soit ; de même aussi toutes mes croyances et toutes mes actions d'être moral, quoi qu'elles vaillent, ont eu pour première condition et pour point de départ la croyance à la volonté libre. La liberté est donc « essentiellement d'instinct humain et de raison pratique », condition de moralité et de certitude ("2).
(1) J. Thomas. Les théories du progrès, 1883: vov. Critique Philosophique, t. XXIV, p. 112.
(2) Ces conséquences se retrouveront quand nous débattrons le problème du mal et de la vie future, ch. xx et xxii.
j. THOMAS. — 6 année.
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