‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 32 sur 162 · IV. — SOLUTION l)L' IJILKMMK · texte numérisé non relu

IV. — SOLUTION l)L' IJILKMMK

13. Il ne s'agit pas d identifier des contradictoires. Cas de M. Fouillée. — Après avoii" lait cl'Uc ijalaiice cuire la Ihese et raiititlièsc, nous somrmes donc fondés à choisir en faveur de la liberté contre la nécessité. Cependant c'est bien à une synthèse que nous voulons aboutir, sans prétendre, comme Spinoza, Hegel ou Ghrysippe le Stoïcien, identifier des contradictoires, ou, comme M. Fouillée, concilier les inconciliables dans une idée de la liberté qui, d'elle-même, se réaliserait nécessairement.

Les anciens Grecs, avant la période de réflexion systématique ouverte au v^ siècle par les controverses philosophiques, subissaient la double influence de l'idée de nécessité, impliquée dans la mythologie du Destin et de l'idée de la liberté, impliquée dans les commandements moraux. Ces deux tendances s'accusent naïvement dans Homère et les poètes gnomiques. « H fallait arriver jusqu'à nos jours pour trouver la double subtilité d'une loi morale qui obligerait réellement, pendant que tous les actes possibles seraient réellement arrêtés d'avance et, par suite, forcés, et d'un libre arbitre tronipeur , dont la conscience nécessaire, et nécessairement menteuse aurait tous les bons elïets d'une vraie liberté, grâce au mirage créé par l'idéal dans un avenir ignoré. » L'illusion a, d'après cette théorie raffinée, les mêmes effets qu'aurait la réalité pour le progrès moral des individus et de l'espèce. Usant d'un artifice analogue à celui des philosophes dont les formules sont les variantes de celle-ci : « La liberté, c'est la nécessité », M. Fouillée développe une doctrine qu'on peut résumer ainsi : « La liberté, c'est l'apparence de la liberté. » Toute son étude est de prouver que la liberté purement idéale est l'agent nécessaire des biens et des progrès qu'on attendrait vainement d'une liberté réelle (J). •»

14. Le choix se fait entre les contradictoires au moyen de la liberté elle-même. — Quelques actes sont libres; voilà ce que nous afFirmons. Tousles actes sont nécessaires jusqu'à ce que la liberté y intervienne dans les limites de ce qui est

(1) Renouvier. Esquisse d'une classification systétnatique des doctrines philosophiques^ JV opposition. V. Cril. reliq.. W vol.. p. 19.3 et 292.

Page 1