‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 42 sur 162 · V. i,.\ lUisi'DNsMMi.rn'; si · texte numérisé non relu

V. i,.\ lUisi'DNsMMi.rn'; si

;Mi;4l;iis(' csl plus siihlilc sur ce pniiil ((IKî I(^ code fraiir.iis : |KHir elle, le lOii i|iii îiss.issiiMî p:ir vriij^c^iiiKMî v.s\ ('(ni|);il)h», celui «pu lue CM ci(>y;iiil scdcfciidrc csl iimoccnl, (Micorc (pic (l;ms les diMix eus le ^rici' ii'cxisic ipic dans son inia;;inalioii (1). Nous avons vu anx asiles d'alicncs i\r IIoiii'î;- dtîs se.iMies fi'é(pienl.es (\{' Inllc cl de ju};(Mnenl par les pairs, (pii ni^ nous oui laissé aucun dout(; sni' la responsahililé (l<'s agresseurs, ni sur la puissanc<; d'ajjprécialion coi'rcclc des ju|4'es cl. létnoins inipi'oviscs do ciis scèn(\«?, cl il ne nous csl ai'rivc (pi'nne lois ou deux, ayant été pris poui' arbili'c pai' deux aliènes, d'avoir à prononcei' (|nc raccusatiou élail mal loiulée à cause (rune iri'cs])ousal)ililé nianifesto dans l'inculpé. SouvenI encon^ on allè.i;u(^ la passion, l'ivi'cssi; comnio circonslances allénnaidis des délils connnis dans l'élal, de conscience troublée. Mais il faut se souvenir (iuoc/(\st, au coniiuenccnient de chaipie série d'actions que s(^ placée la liberté ot avec elle la responsabililé. Kniin les progrès récents de l'iiypiiotisme ont posé en termes nouveaux la questiou ((ui nous occupe. lieaucoup ])Ius de personnes (pie l'expérience n'en révèle sont susceptibles de céder au sommeil provo((né, ])(Mi(lant le(]uel l'activité du patient est enlièrenuMit à la disposition (bî celui qui l'a endormi, au point que, après le réveil, elles accomplissent encore, à plusieurs jours de distance, des actions à elles imposées pendant l'état de crise. M. le D'' Dufay raconte à ce sujet des faits qu'il avoue lui-même à peine croyables (12) et pour lesquels nous nous en remettons cependant à son témoignage éprouvé. Mais nous ne pouvons conclure comme lui que toute liberté disparaît, avec la responsabilité, du monde moral, devant ces étranges phénomènes. Il ne s'agit ici que de malades et la responsabilité que nous réclamons est celle des personnes à l'état normal.

14. La responsabilité et la contrainte. — Outre les causes physiologiques d'atténuation de responsabilité qui proviennent de notre organisme, il faut tenir compte de deux circonstances générales qui peuvent réduire la possession de soi-même, savoir la contrainte physique et les inlluences morales. Nous ne saurions être responsables d'actes qui nous sont imposés sous le coup de la violence maîtrisant notre corps. Cependant la contrainte extrême réside dans la menace de mort et même dans ce

(1) Maudsley. Le crime et la folie, p. 95 et suivantes, et Vallicr, thèse sur \ Intention morale, 1882, p. 189.

(2) Revue philosophique, janvier 1889.

j. THOMAS. — 6" année.

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cas les plus nol)los uaturos sont celles qui refusent de céder à la violence. Oue dirait-ou d'un soldat à qui celte meuace ferait déserter son poste de conil)at? Quant aux inlluences morales provenant de l'éducation, du milieu, de l'exemple, des passions, des habitudes, du tempérament, elles peuvent assurément être des circonstances atténuantes de la resporsabilité et les tribunaux ont raison d'en tenir grand compte. Mais en chaque cas c'est une question de mesure à apprécier et l'on ne saurait poser de règle générale.

15. Progrès de la responsabilité. — L'enfant n'est responsable que dans la mesure où il est capable de réflexion. Sans pouvoir assigner une date pour « l'âge de raison », on peut dire ([u'il n'est jamais trop tôt d'en tenir compte. Toute distinction étant faite entre les victimes d'une fâcheuse hérédité et les criminels précoces, la responsabilité est le début réel de la vie morale. Chez l'homme adulte, l'imputabilité des actions est proportionnée à la nature et au nombre des devoirs de l'individu. Couvert, pendant sa minorité, par l'autorité et la responsabilité paternelle, il ne se sent vraiment homme que lorsqu'il a charge de lui-même et de sa subsistance. Ses premières démarches dans la vie publique ^ont encore pour lui, parfois, des « écoles » pénibles. Les personnes les moins bien préparées à l'acquisition de l'expérience personnelle sont celles qui ont, dès leur jeune âge, été traitées en enfants gâtés. On a éloigné de leurs pas tous les obstacles, habitué leurs caprices à se réaliser souvent et dispensé leurs volontés des sanctions ordinaires, quand elles étaient allligeantes ou douloureuses. Les conllits de la lutte pour l'existence les surprennent plus rudement que ceux à (pii la vie a, de bonne heure, fourni l'enseignement énergique des responsabilités. Dès qu'il devient chef de famille, l'homme ayant charge d'àmes comme protecteur et éducateur acquiert une notion plus haute de ses devoirs et de la portée de ses actions. La vie de famille est pour lui l'école du caractère et des plus déli- 'cates vertus (1). Mais c'est surtout la vie publique avec la lutle des intérêts économiques et les conllits des partis politiques et religieux ({ui donne au citoyen, électeur ou éligil)le,le sens exact de la responsabilité dite collective et de celle qui accompagne l'exercice du pouvoir; c'est sur ce théâtre plus large que, dans

(1) V. ch. xviii, sur ia Conslilution morale de la famille.

\. — l,A i;i.sii(\ .Aiiii.i II, m

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