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jamîMS (|ii(' nous en soyioiis .'ihsoliiiiinil iricsponsaljlrs. Mais ([ii'csl l'athMilioii, sinon l'imposition d'nrH' r('';;l(> dr la volontô à rcxcrcicc de rinlclli^^cncc, de Icllt' soilc (luCn loiilc cifcoiislancc, avani de nous |)i'on()nc<îr sur révidcnrr la pins frap|)anl<* des siMis on de rcidcndcnuMU, il nous soi! toujours possible de suspendre l'afliiMuaiiou en souf^canlà nos erreurs ancieuFies, l'ondées sur des évidences eependani aussi fortes, et fain^ ainsi du doule un usap:e toujours possible et toujours salutaire (1).
Il est peut-être moins manilcsh' (pie nous ayons nue action directrice sui' Taulre partie de notre àmc, le ((eiii'. l/amonr ne se commande pas, dit-on d'ordinaire, ni ranti|)atliie. Mais n'est-il pas vrai (ju'on peut dompter une passion comun; la colère, non seulement dans ses manil'eslations extérieures sur la physionomie et daus l'attitude du corps, mais encore au fond du cœur même?
Allons ferme mon ('(nir, pas «le faiblesse humaine (2)!
Celui qui dit cela sent bien ((u'il peut commander à ses sentiments. Puiscfue c'est ([uelcjuefois un devoir d'aimer, malp^ré les antipathies, comme le montre Socrate à son fils Lamproclès qui supportait moins patiemment que lui le mauvais caractère de Xantippe (3); puisque c'est un devoir de faire taire nos sympathies, ainsi qu'on le recommande aux jurés des cours d'assises, il faut bien que cela soit possible, autrement le devoir d'impartialité serait une recommandation aussi vaine qu'absurde. En fait, n'arrive-t-il pas que, malgré les divisions passionnées des partis, les adversaires rendent quelquefois publiquement hommage à l'honnêteté et môme au talent des adversaires et avouent l'injustice de leurs propres amis ? Si donc nous ne pouvons pas tout, nous pouvons au moins beaucoup sur notre cœur comme sui' notre pensée et cela suffit pour faire de nous-mème un autre, meilleur ou pire, mais tel au moins que cette intervention dans la destinée de chacun, soit une œuvre de sa liberté.
10. L'idée de cause est tirée de la conscience et transférée au dehors. — Je pourrais ajouter que l'idée de cet enchaînement causal que nous croyons trouver dans le monde, vient, à vrai dire,
(1) V. Renouvier. Psych., II, p. 147 et 151 et surtout p. 349.
(2) Molière. Tartuffe, acte IV, se. m.
(3) Xénophon. Mémoires sur Socrafe, liv. II.
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exclusivement de la conscience et que le type ni(^me en est la volonlô, soiilo fono libre, sonlo rnuso vrritahle rpi'il nous soit donné de comprendre. Ainsi, loin détendre le réf^nede la nécessité causale du monde à la conscience, comme le font les déterministes, alin de tout ramener à lunilé, il serait possible, si Ton précise ce qu'on dit en plaçant des forces et des causes dans la nature, d'étendre jus((u'à elle la contiufçence que nous trouvons en nous et de faire ainsi, du moins à un certain point de vue, l'unité des clioses au prolitde la liberté, comme nous l'avons vue, plus liant, se faire au point de vue de la conscience. Non pas qu'alors la nature puisse cesser jamais d'être ce qu'elle est, savoir une spontanéité pure et incapable de modifier d'elle-même le sens ni la direction de son mouvement: mais, entre les séries de ces mouvements réels dont cbacune est nécessaire dans sa teneur, et non dans l'ordre de succession de l'une à l'autre, d'autres séries, toujours possibles, prendraient place, et pourraient devenir réelles elles-mêmes en constituant, sous l'influence de la liberté, avec les premières, des arrangements nouveaux. L'opposition entre la nécessité du monde physique et la liberté du monde moral subsisterait; car le physique étant toujours ce qui ne se fait pas de soi-même, mais ce qui sert à faire, deviendrait le moyen d'une autre chose, savoir, celle qui d'elle-même se fait, la liberté, fin vers qui gravite tout le reste. Et ainsi, au lieu d'avoir une simple opposition entre deux mondes étrangers l'un à l'autre, celui de la chose et celui de la conscience, nous avons une relation harmonique entre deux termes inséparables et solidaires, la nature et la personne. « Toutes les lois données et nécessaires de l'univers, dit M. Renouvier, sont en partie subordonnées à celle qui n'est pas, mais qui se fait actuellement par l'homme, et ainsi l'ordre du monde, en cette partie, n'est jamais qu'un ordre en voie de formation (1). »
11. La finalité. — Elle a son type dans la conscience et sert, par extension, à comprendre le monde. — L'idée de ce rapport de moyen à lin nous révèle un nouveau point de vue, celui de la finalité, dont le monde de la moralité est l'expression la plus haute. En effet, sans fins proposées à l'agent moral par sa raison, pas de tendance au meilleur pour lequel sa passion s'échaulîe, et pas de devoir pour sa volonté. C'est parce que
(1) Psychologie. II. p. 359.