VIII. — l,K lU;\n||t. MnltM.K Di; KANT l.'J.'i
blablos < d'iiii .'iiiKXir |>r<-ili(|ii(' cl non p;itlM)l()^i(|ii(', d'iiii .iiiioiir ((ui n''si(l(> (liiiis 1,1 voloiitc, non dans nn ix'nclianl de la snisilii lili', dans les principes (|ni doivcnl diri^nT la condnilc, immi dans ocini d'nnt^ Icndrc syinpaliiic, cl c'csl le scnl anionr (|iii |)niKS(; (M.rc ordonné (I) «.Il n'y a donc (|irnn scnl scnlinicnl. nioial 'iir- ('(^|)lal)le ponr KanI, <''cslcc rcs|)ccl (pii ne vicnl pas dn co'aii-, mais de la volonté.
dette sévérité va si loin, ({n'il déclare snllisanle ponr la moralité, l'intention seule de respecter la loi dans ra<'tioii (pi'on accomplit, ((nehpie doive être le lésnltat. Hnand méincî l'insuccès s'attacherait A nos elïoris, la honnc; voloidc hrillerait (Micon^ de tout son éclat (4) et l'utilité ou l'inutilité des actions accomplic^s ue peuvent rien ajouter ou retiancher à sa vahiur. Cette théorie encore a hosoiu d'un correctif ; car les coiisécjucaces de nos actes étant indilïérentes, comme le disaient certains stoïciens, pourvu que l'intention soit pure, on pourrait se désintéresser de la douleur ou du (l()mniaj»e c[u'elles peuvent causer à autrui ou mém(* se permettre certaines défaillances personnelles qui ont compromis les stoïciens romains, trop peu soucieux des conséquences de ceux de leurs actes qui, à leur estimation, ne regardaient pas la vertu (3). Ainsi Kant a tort de prétendre que la bonté de l'acte moral réside uniquement dans l'intention, et il nous fournit lui-même dans une seconde formule un moyen de sortir de cette conception du devoir réduit à sa forme, sajis souci de sa matière, qu'on a appelée formalisme.
12. La seconde formule contient la matière de la moralité : respect de la personne. — Le second signe auquel on reconnaît qu'une action est bonne, c'est qu'elle respecte la personne morale, le seul objet respectable par soi-même, le seul objet ayant une valeur absolue, d'après laquelle les autres objets sont appréciés, selon qu'ils lui servent plus ou moins (4). Tout acte qui porterait atteinte à la personne, fut-il inspiré par la meilleure intention, serait un acte mauvais. C'est ce qui est exprimé dans la formule suivante : « Agis toujours de telle sorte que tu traites l'humanité soit dans ta personne, soit dans la personne d'autrui,
(1) Kant. Fond. Métaph. Mœurs, p. 23.
(2) /(/., p. 13 et 14.
(3) Le danger de séparer l'intention des conséquences ou des moyons de l'acte éclate dans la doctrine de la direction de Vintention. V. cli, v.
(4) Kant, id.. p. 70. V. Eclaircissement III.
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comme une fut, et (juc lu ne t'en serres jam/iis comme d'un moyen (1).» Elle inipliqiio que les hommes, et en fçénéral tous les êtres raisoiiiiahles, sont comine les luembres égaux d'une société idéale ((ui doit servir de modèle aux relations des personnes réelles. C'est là ce que Kant appelle la lirpi(hli(fur dt's rius.
13. Troisième formule : Exclusion de tout motif sensible. — De même que le respect est le seul sentiment (jui convienne à regard de la loi, c'est aussi le seul (jui convienne dans l'observation de la règle de notre conduite à l'égard des personnes. Si quelque sympathie venait guider la volonté ou se substituer à elle dans raccomplissement de ce devoir, il perdrait sa pureté. La volonté d'un agent raisonnable, voilà Tunique législation que nous devons accepter ; nous la trouvons en nous, elle ne nous est pas imposée du dehors, mais elle ne nous doit pas être imposée non plus par cette sorte de pression du dedans qui est Tautorité d'un motif sensible. De même que tout motif d'obéissance à une autorité différente de lui-même se résoudrait, pour l'agent, en simple attrait ou en terreur, ce qui serait le mettre dans le servage d'autrui, en hétéronomie (!2), de même on ne peut demander à la volonté de s'incliner devant autre chose que la raison, c'est-à-dire devant ce qu'il y a de meilleur en nous-mêmes. De là cette troisième formule : « Prends ior volonté de tout être raisonnable comme législatrice universelle (3),» formule par laquelle est exclu sciemment et après réflexion tout mobile de l'ordre de la sensibilité. Nous avons déjà dit combien cet excès d'abstraction était irrationnel. Indiquons seulement en quel sens cependant peut être acceptée cette autonomie de la volonté.
14. Sens admissible de l'autonomie. — Si c'était une volonté absolument iiKliiïérente qui fit la loi, elle ne pourrait être qualifiée de bonne ni de mauvaise. La vérité est que, dans l'état moral, la volonté accepte ou rejette la loi, et ne la fait pas plus qu'elle ne la subit. Placer la volonté au-dessus de tout et séparée de tout dans le monde mental, c'est renouveler l'hypothèse de Descartes sur la liberté de Dieu antérieure et supérieure à son intelligence (4). Au contraire, pour une psychologie
(!) Kant. Fond. Métaph. Mœurs, p. 71.
(2) Heteros, autre, nomos, loi.
(4) V. ch. m. Dernier éclaircissement.
Mil. — I.K IH;\(HU. MollM.i; IH; K\N"I' 1:J7
iiKualc (|iii n'est pas pi'rocciijM'M', (•oiiiiiic l'«*tail ('iicoir crlh; de Kant, (le iroiivoi* dans la Vfdoiih' nnc rotrailc ponr Tal^soln de TiM-rc ninilal , c'csl la laison (|iii conslalr en elle inrnK' la loi, esscMitioih^nHMd, inhéronUîà riiinnanité; (îllc, in^ Ic'^^ifôn; pasci'uncî faron arhilrairo ou capric-icuiso, car elle; ost raison, co qui exclut le capiicc; clic |)i'cn(l consciences de» sa nalnn» raisonnahh;, et se pn)|)()sc le inainlien et le dévelopiM'inent de c(;tte (pialité (]ui ciHislitue sa (lif;nilé et fait d'elle ni(^ine un (>tre supérieur aux choses (1). (]'est donc seulenieiil dans la j)leine solidarité de la conscience ipie liai! cl se révèle la loi de cette méuKî conscience et c'est en co sens seulement ((u'elle peut être dihî autononu; et lé«;islativ(* de soi-inénie.
m. — INTEGRATION DES ÉLÉMENTS DE MORALITÉ AUTRES