I. — DÉDUCTION Dl DEVOIK INDIVIDUEL
1. Division des devoirs. - Nous avons indiqué à la suite d'un examen critique des doctrines liistoriques quels sont les principes généraux de la morale, et nous avons conclu à la prépondérance de la loi du decoir sur tous les autres mobiles humains. 11 s'agit maintenant d'appliquer ce principe aux diverses relations de riiomme, c'est-à-dire de formuler les decoirs particuliers. Ces derniers seront différents selon que l'homme sera envisagé comme abstrait ou isolé dans sa personne môme, cç qui donne lieu aux devoirs de dignité^ ou selon qu'il sera placé dans son milieu réel qui est la société, et alors les devoirs ne seront plus seulement de dignité personnelle, mais de justice; voilà les deux grandes divisions de la morale pratique. Ce que l'on nomme quelquefois devoirs de charité ou d'amour ne fait pas, comme nous le verrons plus loin, une division spéciale, mais rentre dans l'une ou l'autre de celles que nous venons de mentionner. Les devoirs en effet peuvent être distingués selon
(i) Dans cette première section du chapitre, nous voulons montrer que le devoir individuel peut se déduire directement du concept d'agent moral. Les paragraphes 3 et 4 montrent que par la simple analyse de ce concept, c'est-à-dire sans rien emprunter à toute autre notion, on peut y trouver l'idée du bien de cet agent; le paragraphe 5 montre que la forme ou la loi s'en tire également dès qu'en face de l'être sensible se pose l'être raisonnable, dans la même personne; les paragraphes 6 et 7 montrent que la matière même de ce devoir ressort du concept donné, de la même façon. Mais les éléments ainsi distingués par l'analyse étaient réunis sous forme de synthèse donnée a priori. C'est ce qu'indiquent les paragraphes 8 et 9. Dans la section suivante, nous essayons la contre-épreuve de cette démonstration en critiquant les objections faites à l'existence du devoir individuel et en indiquant les conséquences de notre analyse.