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prrsontO(M) moi ('omiiMM^M loiilr pcrsoimc; (in'.ni ((mlriiir»^ l'ordro pord loulc (li^^iiilr cl, huile ;ml(»iilr rfspccl.'ihic s'il csl imposé h mil raison aiiliMMiHMil, (lu'aii nom de l.i raison, l'inlin, siii- le li-oisi(>mo poini, jcdis (pic si je nr liens rien de inoi-m(>m(5, c'ost que je n'ai |)as de lilxMié, el alors il ne laid pins im^ parler d»» inoralo, maissenlemenl me si<;iialer ('st-c,(^ im^ine iilih^? — les nécessilés anxipielles je me conformerai, hon ^ré, mal i^vO. La di{;iiilé cl la liherlé linmaine soiil diuic, mal;;rc la prétcnlioii contrains de la Ihcologic, la hase la pins rcsislanle des devoirs individuels.
13. Inconvénient de fonder les devoirs individuels sur les devoirs sociaux. ~ Si mainlcnanl on fail re|)()scr la morale individneile sur hi justice, on coinpli(|ue la dillicnUé de déterminer les devoirs, car il aurait fallu d'ahord justifier ceux de l'homme en société avant d'en déduire ceux de l'homme isolé. Nous sommes amenés au contraire à dire que c'est le devoir envers soi qui fonde tous les devoirs. Kn effet, je ne suis obligé à quelque chose que parce que la personne est un objet respectable ; la forme du devoir est donnée aussitôt que la dignité de la personne, matière du devoir, est reconnue, soit en moi, soit en tout être raisonnable.
14. La valeur des systèmes de morale est proportionnelle à la place qu'ils donnent au principe de dignité. — C'est donc dans la mesure où ils tiennent compte de cette dignité et lui réservent une place plus ou moins élevée dans leurs conceptions que les systèmes de morale peuvent être estimés et classés. Ainsi, la notion de la dignité humaine prise pour base exclut la morale du plaisir et celle de l'utilité, aussi bien que celle de l'altruisme, parce que ces systèmes ne présentent pas leurs principes comme des moyens au service de la personne ; et au contraire, un système plus compréhensif, comme celui que nous avons indiqué (i), peut admettre ces fins comme légitimes en leur conférant la dignité d'auxiliaires de notre perfectionnement moral. Pour la môme raison, des doctrines comme celle de Platon ou de diverses théologies, sacrifiant l'individu à l'Etat ou l'abandonnantsans pouvoir personnel entre les mains d'une Toute-Puissance, cessent d'être des doctrines morales. Aristote, si soucieux
(1) V. la fin du chapitre sur la Morale de Kant.
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cependant de l'individnel el (|iii plaee si liant l'id('»al 'du penseur isolé, a mérité le re])r()('lie de n'avoir pas assez détaché l'homme des hiens exiéricnrs j)our l'ondci- sni* son mérite propre tonte sa valeur. J.es Stoïciens (|ni ont en |)lns fjue lui le s(»ntiment d'une indépendance farouche el à (|ni l'on a je])roché même trop d'orgueil (1) n'ont pas encore, à notic sens, été assez individualistes, puisqu'ils ne se faisaient de la liberté (pTune idée myslicjue et impuissante, voulant (|iie le saj^e l'acciuît, non en brisant ses chaînes, mais en les sny)])orlant avec une résip:nation à la fois dédaigneuse ci doucement soumise (:2j, Kant enlin, si supérieur à tous, comme nous l'avons vu. dans la conception du princi])e suprême de toute morale, n'a ])as placé la dignité de l'agent moral et son autonomie en celle de nos fonctions où elle éclate le plus. Il restait, après lui, à enlever ce rôle de législateur à la volonté pour le restituera la raison, et affranchir ainsi la dignité humaine non seulement de tout mobile sensible, mais encore de tonte volonté extérieure, soit celle du législateur politique, soit celle du législateur universel et divin, la morale tirant exclusivement de la raison son origine, sa forme impérative et sa force obligatoire (3).
15. L'élucidation du principe de dignité a donné lieu à la Morale indépendante. Kant et Proudhon. — De jjlus. la morale de Kant est restée trop engagée dans les liens de la métaphysique qu'il avait combattue, et pour trouver un système de morale complètement et exclusivement établi sur le principe de la dignité personnelle, il faut attendre Proudhon et les auteurs de la « morale indépendante (4j ». 11 est vrai que ces moialistes ne sont pas allés jusqu'au bout de leur déclaration d'indépendance. Car si la morale ne doit pas être fondée sur une métaphysique ou un dogme, ce qui ferait autant de morales qu'il y a de préférences individuelles dans les questions spéculatives et religieuses, mais seulement sur la dignité de la personne, il est plus vrai encore que cette nouvelle base du devoir ne peut être assurée qu'à la condition d'instituer l'Ethique comme
(1) Ravaisson. Mémoire s in^ le stoïcisme.
(2) A'. E. Morin. La Morale indépendante.
(3) Année philosophique : I vol., p. .310, V. plus haut, ch. viii, § 14.
(4; Proudhon né à Besançon (1809-1865). Son livre : La Justice dans la Réoolution et dans VEglise parut en 1858. V. M™" Coignet, La Morale indépendante, Alcan.