‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 79 sur 162 · XI. — I \ lin. M I I IM M U.NK · texte numérisé non relu

XI. — I \ lin. M I I IM M U.NK

aihitro souvtM'aiii (1rs incl.ipliysijuirs cl des irli^Mons. lit iilors rjMiricii piohlrmc csl rciivcisc, |niis(|iril s'jij^il, miiiiih'iiiinl de savoii" s'il y a iiiic môl.apliysi(|ii(' on iiiir icli-ioii iii(l»'|K'ii(l;m|j' (l(^ la luoiJilc. iMi rcslc, nos aiih'ui s nul d'aiil rcsih'laiils: la di;;iiilr n'csl pour (MI.k (|ii'mi ><rnliiiii'nl, (^lln iic saurail d<Mi(' imposer le le i('S|)('(l, car un dllidil ik^ se coiimiaiidc pas cl ne commande pas; pnis, il n'y a pas de moyen ponr passer dn senlinienl de mu di^iiilé à ceini de la dii;iiile de joule peixmne, a moins d(! poser (i priori \\)\)\{i{. du n^s|)ccl, la valeur ahsoluc de la personne'. .NFais M. Massol cl SCS collahoralenrs n'admcltcid. am*nn // priori, et, en cela, disciples {\\\ posilivisle An;;, ('.(unie, coiunn^ (mi tout le reste ils le sont di^ lv;int, ils ne veulent pas dépasser le domaine des faits. C'est donc, eucoi-e une lois, à l'anleurde la nu'htplujsiifiw (les mœurs qn'û tant revenir pour trouver le principe fondinuMital de rKthi(iue lormellemenl attribué à la di^nile, (;t pour eo percevoir les cousé([uences dans tout le cours de cette science.

16. Conséquence du principe de Dignité •• Le devoir envers soi est le fondement de tous les devoirs. — C'est en elïet parce que la personne est par elle-même une lin absolue et digne de respect que je dois l'honorer et contribuer à son perfectionnement partout où je la reconnais, en moi comme en autrui. Le devoir envers autrui repose donc encoie sur in<t dignité en tant que personne, car je nie dois à moi-même de rester le digne associé d'un groupe d'agents raisonnables dont j'ai consenti à faire partie, au moins d'une façon implicite, puisque je n'y ai pas renoncé ouvertement. Or, je cesserais d'être respectable à mes yeux si je ne voulais trouver dans la société qu'un moyen de plus d'être utile à ma personne, et je violerais l'ordre de la loi morale qui me dit de prendre toute personne pour lin de mon respect. C'est donc toujours ma dignité qui est en jeu dans les devoirs envers autrui ; nous verrons qu'il s'y ajoute un élément nouveau, dans la relation de dette et d'attente légitime en autrui ; mais c'est encore à ma dignité qu'il importe de faire honneur à la créance fondée sur moi si je veux conserver des droits à faire partie de la république des fins. (V. Eclaircissement I.)

17. Lunique objet de la morale est le perfectionnement de l'individu. — Enfin, le principe de tout devoir est si véritablement la dignité, qu'à peine manifestée dans une personne, elle exige et justifie le respect universel des autres de même qu'une

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maxime ne peul «'tre universelle poui' l'agent, moral i\nk la conciilion de respecter la diji:nitV' des personnes. Aussi la première formule de Kant (principe d'universalité), et la seconde (principe de dignité), s'appellent léeiproquement : l'être raisonnable ne saurait être l'exécuteur et le sujet de la loi morale sans s'élever par là même à la dignité et à la valeur d'une fin en soi, et il ne saurait j)rétendre à cette di<;iiité de lin absolue s'il n'était le sujet et l'exécuteur de la loi morale (i). C'est donc sur l'individu et le respect qui lui est dû que repose toute morale. Le précepte qui en résulte est d'exclure tout acte qui le ferait servir de simple instrument. « Cette admirable formule bannit tous les prétextes des fausses morales qui envisagent l'homme comme un organe subordonné, une partie d'un tout, dont ce tout peut exiger le sacrifice, un instrument pour une œuvre, un moyen pour quelque fin générale où il s'engloutit, et qui tendent ainsi à organiser le sacrifice d'autrui sous couleur de préconiser le sacrifice de soi (2). > « Presque toute politique théorique a cherché la justice et la vertu dans l'organisation de l'Etat, au lieu de l'établir dans le citoyen d'abord, sans la moralité de qui les meilleures institutions seraient forcées de se corrompre (3). »

Toute la morale dérive du sentiment de la dignité de la personne.

La loi morale n'est ni un acte d'une volonté extérieure, ni une certaine impression mystérieuse, ni une déduction d'une conception de l'ordre universel. Car, delà sorte, il y aurait autant de morales que de révélations, de manières diverses de concevoir l'ordre universel, c'està-dire que la morale ne serait point, et que Tunité sous ce rapport serait impossible. La loi morale n'est donc pas, ne peut être une loi dérivée. Pour qu'elle ait les conditions de fixité et d'universalité que nous sentons être son essence, il faut qu'elle repose sur un fait avéré,

(1) Pillon, La Morale indépendante et le principe de dignité. Année phiL, p. 289.

(2) Critique Philosophique, II, p. 10 et 16. (V. Eclaircissements II et III,)

(3) Les détails de la morale appliquée à l'égard des devoirs individuels dont nous ne faisons ici qu'indiquer le fondement philosophique, sont exposés dans le Cours de Morale pratique, W partie, morale individuelle.

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|mI(miI, in(l(^fiiabl(i, soiisihioà tous sans oxcciplioii.au savant coniine à l'i^Mioraiil, fait (jnc loiil individu, à moins (jii'il ailcc^ssr (l'<Hr(î lioniinn, constattî en lui nièinc. Ce lait, c'<*sl i[ue l'Iioninic est un î-lvr liliri; <;t i*(^sponsal)l(i, c'csl-à-dirc» nin- /tcrsonnfi, ou du moins (piil sn conçoit Ici ; ((Ud, coinnu^ tel, loni rli-c lininain se révolte eonlrr^ toute contraint*', toute violence, sous (iuel(|ue former (pie cv. soit. \>v là le s(;nlinicnt de sa dif^nilt^, du respect (pi'il se j)ori(^ à lui-m<^mo. Mais ce respect de hoî\ riionnne, en ])résencc de l'homme, Vcrif/r pour sa persoinu*. i'ar cfda m('*me, il scmiI torcénuMil (jue ce mcinc respect est rxif/ih/c par les autres, du aux autres.

L'homme n'est pas une simple individualité (tomme l'animal, il est ime individualili'' rapporteur à (•lle-uiO'me, (Mevt'e à la seconde puissance, et c'est ce ipi'on appelle mm jtrrsoniif. Cette notion de personne; impli- ((uc celle d'un être capable de s'élever au-dessus de toutes les forces (|ui le constituent, de les contenir ou de les laisser aller à son gré, de (lominer ses pensées, ses sentiments, ses volitions, de leur tracer des limites, de les fixer dans une sphèi'e délerminéc; elle imiiliquela notion d'un être maître de soi, ne relevant cpie de sof, d'un être; ffhre en un mot. Etre libre, riiomme ne peut se trouver en i)réscnce de l'homme sans exiger le respect de sa personne et sans reconnaître l'obligation d'accorder à ses semblables ce même respect (ju'il leur demande. En d'autres termes, riiomme en face de l'homme aftirme la dignité, Tinviolabililé de la personne humaine en soi et en autrui. Là est le principe de nos droits et de nos devoirs, la l'êgle de nos mœurs, la base de la morale. Elle en découle tout entière avec son critérium, son obligation, sa sanction, son efficacité.

Massol. Morale indépendante^ 0 août 1865.

L'état anti<4ue absorbe entièrement l'individu.

Il n'y avait rien dans l'homme qui fût indépendant. Son corps appartenait à l'Etat et était voué à sa défense ; à Rome le service militaire était dû jusqu'à cinquante ans, à Athènes jusqu'à soixante, à Sparte toujours. Sa fortune était toujours à la disposition de l'Etat ; si la cité avait besoin d'argent, elle pouvait ordonner aux femmes de lui livrer leurs bijoux, aux créanciers de lui abandonner leurs créances, aux possesseurs d'oliviers de lui céder gratuitement l'huile qu'ils avaient fabriquée.

La vie privée n'échappait pas à cette omnipotence de TEtat. La loi athénienne, au nom de la religion, défendait à l'homme de rester célibataire. Sparte punissait non seulement celui qui ne se mariait pas, mais même celui qui se mariait tard... A Rhodes et à Byzance, la loi défendait de se raser la barbe.

L'Etat avait le droit de ne pas tolérer que les citoyens fussent difformes ou conlrefails. En conséquence, il ordonnait au père à qui nais-

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sait un tel enfant de le faire mourir. Cette loi se trouvait dans les anciens codes de Sparte et de Home. Nous ne savons pas si elle existait à Athènes. Nous savons soulemonl qu'Arislotc et Platon l'inscrivirent dans leurs lù^islntions idéales. L"Kt;il n'admettait pas qu'un homme fut indiflërent à ses intérêts ; le philosophe, l'homme d'étude n'avait pas le droit de vivre à part. C'était une obligation qu'il volât dans l'assemblée et qu'il lut magistrat à son tour.

Il s'en fallait de beaucoup que l'éducation fût libre à Athènes. Il n'y avait rien au contraire, où l'Etat tint d'avantage à être maître. A Sparte, le père n'avait aucun droit sur léducation de ses enfants, et Platon dit le motif de celte exigence : Les parents ne doivent pas êtres libres d'envoyer ou de ne pas envoyer leurs enfants chez les maîtres que la cité a choisis ; car les enfants sont moins à leurs parents qu'à la cité. L'Etat considérait le corps et l'âme de chaque citoyen comme lui appartenant ; aussi voulait-il façonner ce corps et cette âme de manière à en tirer le meilleur parti.

La liberté de penser à l'égai'd de la religion de la cité était absolument inconnue chez les anciens. 11 fallait se conformer à toutes les règles du culte, figurer dans loulc.^ les processions, prendre part au repas sacré. La législation athénienne prononçait une peine contre ceux qui s'abstenaient de célébrer religieusement une fête nationale.

L'Etat n'avait pas seulement, comme dans nos cités modernes, un droit de justice à l'égard des citoyens. Il pouvait frapper sans qu'on fût coupable et par cela seul que son intérêt était en jeu. Aristide assurément n'avait commis aucun crime et n'en était même pas soupçonné. L'ostracisme n'était pas un châtiment ; c'était une précaution que la cité prenait contre un citoyen qu'elle soupçonnait de pouvoir la gêner un jour. A Athènes on pouvait mettre un homme en accusation et le condamner pour incivisme, c'est-à-dire pour défaut d'affection envers l'Etat. La vie de l'homme n'était garantie par rien dès qu'il s'agissait de l'intérêt de la cité. La funeste maxime que le salut de l'Etat est la loi suprême a été formulée par l'antiquité. On pensait que le droit, la justice, la morale tout devait céder devant l'intérêt de la patrie.

FuSTEL DE GOULANGUIS. Cité antique, p. :26:2, Hachette.

Action des initiatives sur la destinée de chaque homme et de l'univers.

Ce ne sont pas seulement les grands génies et les hommes dits providentiels qui peuvent agir sur la masse, sur ses habitudes, sur ses dispositions conformistes. Tout agent moral est en mesure d'appliquer son énergie au monde où il vit. Nos actes ont tous des conséquences plus ou moins éloignées et rien de ce qui procède de notre volonté ou de nos défaillances n'est sans quelque retentissement dans l'univers. Le frôlement de l'aile d'un oiseau sur un pic neigeux peut déranger un flocon qui s'attache à d'autres, grossit sur la pente et devient

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