‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 83 sur 162 · XII. — M-: DKVoin KT i,!-: iwunr · texte numérisé non relu

XII. — M-: DKVoin KT i,!-: iwunr

Mais In spluNro do l'oblip^nlioii ost pins ('^toiKliic ([iio ccllo do la relnlion do drhil î\ rn'ulit. V.w olTc^l on ('«un prend onrorn sons lo, nom d'oMij^iilion lo dovoii' individm'l (pins sliicl (Ij (jnant. à la spliôro (jn'il rôf^il, mais non (pi.inl ;i son «'xif^cnoo), ot, aussi h» dovoir d'amonr ol de clMiilc (pii rsl |)lns lar^^o, iion v\\ vv sons (pTil scr.iil moins ri-^onrcnscmcnl ohli^aloiic, mais en (-('(pic s;i sphèrosVlond pins (pu* oollo iW la jnslico pnis(pr(dlooomprond,en dehors {\i\ la simplo rolalion conliaclnollo, la nalnro, los animaux 0! uM'^nn* los liomnnvs, on tant (piils son! ol)j(^ls d(; sonlimonls do bionvoillanco (4). Il osl, donc oonvonahlo d'onvisagor les questions do la sphère de la justice plnt(M. sous lo point de vue du droit que sous celui du dovoir, ot cette substitution n'olTro aucun inconvénient puisque ces termes sont identiques dans cette relation. Voilà pourquoi certains autours ofit pu |)onsor que le devoir venait après lo droit et était fondé sur lui (3). On voit qu'il n'en est rien, ce sont deux termes d'une relation, qui sont contemporains entre eux et contemporains de la relation ellemême. Le dovoir ot le droit découlent simultanément de la dij^nité des personnes associées; ils existent donc tous deux dès (]ne celle-ci est accordée. Do mome ceux-là se trompent qui prétondent que tout droit résulte d'un devoir, en ce sens que tout devoir donnerait lieu à un droit (4), et par exemple le devoir d'assistance au droit d'être assisté, droit revendicable comme une dette. L'erreur vient de ce que l'on entend, sous ce nom de devoir, une idée bien plus large que celle qui se restreint à la sphère de la justice (5). Ainsi donc on peut dire que le droit et le devoir sont corrélatifs entre deux personnes, et par conséquent ne s'appellent mutuellement que dans la sphère supérieure de

(1) strict, de stricfus, participe de sln'ngere, serrer, limiter, est la forme savante d'un doublet dont la/orme populaire est étroit, anciennement estreit, estroit.

(2) Kant n'a pas vu que la diiïérence véritable des devoirs stricts et larges lient non pas à la rigueur de leur exigence, laquelle est sans degré, mais à la différence entre la sphère élémentaire et la sphère supérieure, c'est-à-dire à uneétendue plus ou moins restreinte de ces sphères; c'est pourquoi il a pu admettrecette impossibilitéde devoirs non strictement obligatoires. V. Fond, de la Méth. des Mœurs. Renouvier, Science de la Morale., ch. xix.

(3) C'est l'opinion des moralistes de l'école de Proudhon. V. C. Coignet. La morale indépendante.

(4) V. Franck. La morale pour tous. Hachette, 1869, p. 94 et 95 (7" éd., 1884), et Charles, Lectures de philosophie, II, p. 203, note.

(5) Cette distinction entre droit et devoir, surtout quant à la sphère où elle s'établit, ne nous paraît pas signalée dans le livre de M. Beaussire : les Principes du droit. Alcan, 1888, v. p. 33 à 36. V. également, du même auteur. Fondement de la morale, 188.j.

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la inorale, c'est-à-dire dans la société de justice. Tout droit ou crédit en moi suppose un devoir ou débit (rautrui, cîir il n'y a pas de dette sans ('réancier, ni de créance sans déhitfui". Il est donc faux de dire que le droit et le devoir sont toujours corrélatifs dans la même personne.

7. Formule du Devoir Social. — C'est cette obligation d'une personne à l'autre (|ue Kant avait appelée l'impératif catéj<orique ou principe pratique suprême; elle veut que l'agent moral au lieu de subordonner les fins d'autrui aux siennes, considère la personne d'autrui comme semblable à lui et possédant des fins propres auxquelles il doit porter respect. Elle peut se formuler ainsi: « Reconnais la personne d'autrui comme ton égale par nature et en dignité ; comme étant par elle-même une fin, et eu conséquence, abstiens-toi de la faire servir de simple moyen pour atteindre tes fins. »

8. Le Devoir Social est réductible au Devoir envers soi. ^ La dignité et le respect correspondent aux deux termes crédit et débit. Le seul objet que nous devons respecter et vis-à-vis duquel nous ayons un devoir, une dette, c'est la personne à cause de sa valeur absolue. Nous avons vu que la personne est distincte d'une chose en ce qu'elle est capable de se séparer elle-même de l'ordre universel par la liberté. Nous voyons ici un nouveau trait distinctif de la personne, c'est qu'elle est une fin par elle-même à laquelle tous les autres êtres doivent être subordonnés en tant qu'inférieurs. Nous avons conscience de cette dignité présente en nous et notre respect pour autrui se justifie en ce que nous considérons la personne d'autrui comme égale en dignité à la nôtre. Ainsi donc on pourrait dire que le devoir envers autrui est réductible au devoir envers soi-même, parce que autrui est respectable comme une répétition pour ainsi dire de la personne qui est en nous. Nous ne pouvons être obligés que par cette considération au respect d'autrui. Nous devons donc faire du devoir envers autrui le premier des devoirs envers nous-mêmes. Tel est le fondement général de la morale sociale.

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