GÉNÉRALISATIONS
rendre compte du mécanisme de cette articulation^ nous en ont laissé des descriptions exactes. M. Havet paraît être le premier qui ait eu l'idée de recourir à l'observation directe des sujets possédant 1'/ mouillée dans leur langue*. Mais cela même aurait pu ne pas sufSre. On l'a bien vu pour les explosives mouillées. La simple audition induirait plutôt en erreur, car une oreille non encore exercée n'entend que (y, /y, dy... Et ici je dois faire un aveu, qui est instructif. Quoique je n'aie jamais pu confondre ly et / mouillée, ny et n mouillée, cependant je ne suis parvenu à distinguer nettement îy et / mouillé, dy et d mouillé qu'après avoir constaté sur des palais artificiels la différence des mouvements articulatoires propres aux uns et aux autres.
Quand il s'est livré à une scrupuleuse information, Texpérimeniateur a un second devoir à remplir, celui de présenter ses conclusions pour ce qu'elles valent réellement. S'il croit pouvoir généraliser un fait, d'accord; mais qu'il le dise, et ne nous laisse pas supposer des documents plus nombreux, qu'il ne possède pas. En lisant, dans le Traité de la formation mécanique des langues y du président De Brosses*, que le s est un sifflement nasal, on est quelque peu surpris, d'autant que le mécanisme des consonnes nasales était bien connu au xviii* siècle et que l'auteur s'est montré plus d'une fois observateur attentif. D'où vient l'erreur ? Uniquement, je crois, d'une expérience personnelle indûment généralisée.
Les cas d'insuffisance du voile du palais ne sont pas rares :
1 . Thurot, De la prononciation française depuis le XFP siàle^ II, 297-307; Sarcey, feuilleton du Temps, 19 août 1895.