SONS COMPOSANTS
aîgu^ celle à laquelle est accordée la cavité de ma bouche disposée pour produire cette voyelle. Enfin, autre concordance à noter, les principaux sons composants qui se révèlent par l'amplitude de leur courbe sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux dont les observations Ëiites sur les sourds-muets ont montré l'importance.
La question vaut la peine qu'on s'y arrête un instant. Les sourds-muets ne sont que rarement complètement sourds. Le plus souvent ils présentent des lacunes dans leurs champs auditifs. Des médecins, M. Bezold d'abord, et, après lui, MM. Schwendt et Wagner', entre autres, se sont appliqués à cette étude, et, après avoir, à l'aide de sifflets ou de diapasons, circonscrit les champs auditifs de certains sujets et constaté les lacunes, ils ont pu nous dire quels sont les restes auditifs indispensables pour que tel ou tel élément de la parole puisse être entendu. Or pour entendre un a, il faut, d'après ces recherches, être capable d'entendre, me dit M. Schwendt :
J/ba utHj^ mi^ sol\ la^ si\> ^ fa.^
Comparons ces résultats avec notre analyse en remplaçant le nombre des vibrations par la note la plus voisine. Nous avons : i, utt^; 2, utt^ ; 3, soLJfg (voisin de Ji bg) ; 4, UTJf^; S, FA4 (voisin de mij; 6, solJ^; 7, sib4;8,
^^Ifs; 9» ''^i ^o> ^^5" L'accord, on le voit, est presque complet.
Telle est la période considérée vers le milieu de la tenue. Tout autre elle se présente à la tension (fig. 158 A et B) et à la détente (fig. 158 A, C et F). Ce qui frappe à pre-
I. Uniersuchungen van Taubstummetty Bâle, 1899. — La Parole, 1899, p. 641.
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miière vue, dans les deux cas, c*est Taffaiblisseraent des harmoniques graves et le renforcement des harmoniques supérieurs. En eflFet, le 4* son composant semble seul avoir quelque importance, attendu que la courbe se laisse assez facilement décomposer en 4 parties à peu près égales et qu'elle est comme festonnée d'une petite dentelure qui apparaît moins pendant la tenue. L'analyse vient justifier cette première impression. Elle donne pour la 36* période les amplitudes suivantes en millimètres :
La figure 161 représente aussi un à. La voix (V) a été inscrite comme précédemment (fig. 158); mais le mouvement de la langue (L) — les mâchoires ayant été maintenues écartées pendant toute l'émission de la voyelle — a été saisi à l'aide d'un tambour de très petite capacité muni d'un levier très long (petit bras 14"", grand bras 120'""). D'où il résulte que le mouvement organique est représenté avec un agrandissement considérable. Aussi une correction est devenue nécessaire (voir p. 148) : elle est indiquée dans ses détails au commencement de la i"^^ et de la 3* rangée, et par un seul trait pour toutes les périodes. De plus, afin que tout le tracé pût contenir dans une seule page, il a fallu rapprocher les lignes et môme les Étire croiser au commencement et à la fin. Mais cette disposition ne nuit pas à la clarté, car la distance relative entre chacune des deux lignes a été conservée dans les trois tronçons.
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L'intérêt de cette figure réside dans la grande amplitude du tracé qui représente le soulèvement de la langue. Les moindres variations du mouvement musculaire sont visibles, et peuvent être suivies sans peine de vibration à vibration. Ainsi, pendant la tenue, la pression n'est à aucun instant uniforme (voir la 2® rangée). Les mouvements de tension (i" rangée) et de détente (3' rangée) nous apparaissent avec une très grande netteté, et le progrès ou le relâchement simultanés de l'organe et de la voix se lisent aisément. Toutefois il ne faut pas se laisser duper par l'amplitude inusitée du tracé. L'agrandissement par le levier (8,57) et par la photographie (3,875) est de 32,2 en diamètre; ce qui fait pour le plus grand écart mo5'en entre le point culminant de la tension et le -^ro (28""™) une valeur réelle de o""" 86. C'est de cette quantité minime que la membrane du tambour s'est éloignée du fond de la cuvette sous la poussée de l'organe. Ce chiffre n'a rien d'excessif, et, étant données les dimensions de l'appareil, ne diffère pas sensiblement de celui que nous avons déjà trouvé (fig. 158).
Les mouvements des lèvres pour les voyelles labiales ne sont pas moins utiles à consulter que ceux de la langue. La figure 162 représente : A, la voyelle «* avec la fermeture des lèvres ; — B, la même voyelle avec l'avancement des lèvres, dans la prononciation de M. Burguet.
Les remarques faites jusqu'ici sur la progression et la détente régulières du mouvement organique trouvent encore leur application. L'organe se met assez promptement en position, et pendant ce temps le tracé de la voix acquiert peu à peu sa forme normale, sans que l'on puisse fixer une limite indiscutable à la tension. Le mouvement commencé se continue d'abord faiblement ; puis il se relâche peu à peu,
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jusqu'à ce qu'enfin il cesse plus ou moins brusquement avec la détente de la voyelle en même temps que la période se dépouille de ses sinuosités caractéristiques.
L'instabilité du mouvement pendant la tenue n'influence pas sensiblement la forme de la période. Mais il en serait autrement si le changement dans la position organique prenait des proportions notables. Soit, par exemple (fig. 163), la voyelle t prononcée par M. Burguet (moins la détente). Le pouvoir amplificateur du levier était faible. Aussi l'élévation de la langue produite pendant l'émission de la voyelle est-elle peu marquée malgré son importance réelle; néanmoins elle est très appréciable. Comme conséquence, un changement correspondant se révèle dans la voyelle. Que l'on compare par exemple, les périodes de la I" rangée ou du début de la 2* avec celles de la fin : au fur et à mesure que la ligne organique (L) monte, attestant un progrès dans la fermeture de la bouche et le rapprochement de la langue vers le palais, on voit que la période se complique et se charge de sinuosités rappelant celle de Xi. On assiste ainsi à la formation d'une diphtongue.
Avant de quitter l'étude des voyelles isolées, je transcris ici les notes que m'a communiquées M. Schwendt sur les champs auditifs nécessaires pour l'audition de certaines voyelles autres que a (p. 363).
fl^ (allemand) : fa^J, la^j.
t : fag, ré^, mi^, ut^'j, si»»-, si^, ut^, ré^, ut,.
i : fag, uta, bg, fa^, mig, fa^, sol,.
œ (allemand) : S0I3, utjjf, fa^ — sol^.
u : mig, sij, la^, solg, la^^, la^, si^.