VOYELLES ET CONSONNES
musculaire. Le tube vocal, en effet, est plus ouvert, quand apparaissent les premières périodes vocaliques; plus fermé, quand disparaissent les dernières. Cette différence est due à l'explosion de la première consonne (comme nous le verrons plus loin), y Le caractère de la tenue est sensiblement modifié : un coup d'œil sur la ligne de la voix permet de constater que le mouvement vibratoire du début ne se maintient pas, mais change bientôt et accuse la prédominance du quatrième son composant.
La figure 165 nous permet de mieux suivre encore le progrès du travail organique et celui de la voix. L'expérience a été faite comme la précédente avec un petit tambour à long levier et l'inscripteur de la parole à membrane de baudruche; mais le tracé est reproduit à une plus grande échelle (agr. de 3,94).
A représente Va interconsonantique de baba ; B, celui de ^afa, avec, dans l'un et l'autre cas, la fin de la première consonne et le commencement de la seconde.
Nous aurions à faire les mêmes observations que pour la figure précédente sur l'amplitude des vibrations organiques (ici il s'agit des lèvres) au moment de la tension et de la détente, sur la durée de la voyelle, le défaut de symétrie entre le début et la fin de celle-ci. Bornons-nous à quelques considérations sur la hauteur musicale et le timbre.
Nous savons que, dans la voyelle isolée que nous avons étudiée (fig. 158), la tension et la détente sont plus graves que la tenue. Ici, la hauteur de la voyelle paraît être influencée par la consonne, et inversement agir sur elle. Dans baba (A), le premier b est grave ; mais il devient plus aigu au voisinage de la voyelle. La première période de Va seule est plus longue que les suivantes. A partir de la
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seconde période, la durée, sauf quelques variations accidentelles, reste sensiblement fixe, même pour le deuxième b. Au contraire, dans fafa(B)y la période possède dès le début la longueur qu'elle conservera pendant toute la tenue de la voyelle. C'est seulement avec la douzième que le relâchement se &it sentir. La différence entre les deux exemples tient à la nature des consonnes : baba contient deux consonnes sonores ; fafa deux sourdes. Le larynx se met plus difficilement en activité pour un b initial; il persévère dans le mouvement acquis pour un b postvocalique. Pendant Vf initiale, le larynx peut se préparer à une action totale du premier coup ; mais il sera porté à se relâcher avant de prendre le repos que Vf postvocalique réclame.
La période a été comptée à partir de son point d'origine (o), du moment où le levier inscripteur a quitté l'axe moyen pour se porter au-dessus. La prédominance du troisième harmonique (quatrième son composant) est parfaitement claire A, 5 — 17, surtout 7, 8, 9, 11, 12, 14, 15, 16, B 9 — 15, surtout 13. Dans les premières périodes, on peut bien le soupçonner à la simple vue, par exemple A, 3 ; mais il est recouvert par d'autres harmoniques. La tension est ce qui nous intéresse le plus ici par le voisinage de la consonne. Or, si dans la voyelle isolée nous avons reconnu la prédominance de ce quatrième son composant à la tension comme à la détente, dans les deux cas (A et B) que nous avons sous les yeux, ce fait n'existe pas. Pour chacune des périodes i et 2 (À et B), qui sont très fîiciles à déterminer par la ligne de la langue, nous avons trois sinuosités et demie ; la 3* (A et B) est déjà différente. Il semble donc qu'il y ait un mélange réel du bruissement consonantique avec le son de la voyelle.
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