I. Mémoires de la Soâiti de Physique, innée
l'inscription pèche plutôt par défaut que par excès. Je crois en avoir la preuve pour o, Uy /, u. Ces voyelles, inscrites au phonographe isolément et d'une voix modérée, ne se reconnaissent pas toujours à la reproduction (comparez ce qui a été dit p. 195). Les tracés, dans ce cas, paraissent très simples et privés de détails. Mais, lorsque la gravure a été prise sur un ton élevé et avec une intensité notable, la reproduction est satisfaisante, et la courbe est alors toute festonnée de petites ondulations secondaires, par exemple l'f des figures 171, 172, 182, 183, 187 (7) et 188 (/jg). Comparez les u (fig. 171, 173, 175, 182, 183, 185, 188).
Hauteur musicale. — On a déjà pu remarquer, dans les tracés qui précèdent, l'effet de la hauteur musicale sur la forme de la période. Mais il est utile d'embrasser d'un coup d'ceil toutes les notes d'une gamme pour une même voyelle.
Nous avons (fig. 196) 4 gammes de voyelles parlées. La première colonne représente un à (ouvert) et un a (moyen), le premier dans la gamme de ut^j le deuxième dans celle de la^ ; la deuxième, 6 et «, tous les deux dans la gamme de ut^. Chaque colonne se termine par un tracé du diapason, qui a servi de mesure pour le temps : celui de gauche pour la gamme de la^ ; celui de droite pour les trois gammes de «/j. Les premières périodes de chaque rangée ont été séparées par des points; on reconnaîtra aisément les suivantes.
Pour être à même de comparer plus aisément la durée des diverses notes des gammes, réduisons les échelles du temps en millimètres. Celle de droite donne à la seconde 1323"*" (chaque vibration ayant 26"™ 5); celle de gauche, I3S0'
kifin
L'tt/j a, comme longueur de période, io°*"* pour a, 9,62 pour (J, 9,6 pour w, c'est-à-dire, dans l'unité de temps, 132,5 vibrations pour û, 138 pouro', 137,5 P^^^ *^- Le diapason allemand donne 132. La petite erreur que nous constatons ici dans le point de départ vient de la difficulté qu'il y a à prendre le ton bien juste pour une voyelle parlée.
Bornons-nous à vérifier la première gamme de «/j,, celle de à.
Nous avons en millimètres :
tt/j ri mi fa sol la si ut^
ïo 9 7»S 7 6,5 5,75 5,12 4,75
soit en vibrations pour l'unité de temps : 132,5 149,2 165,5 176,6 205 230 258,92 278
tandis que nous devrions avoir :
Le parleur a haussé le ton dans les notes aiguës.
La deuxième gamme, celle de /j^, est d'accord avec le diapason français. Les notes mesurées donnent :
/fl, Ji (///J) ré mi {ja^) {soli) la^
La gamme naturelle serait (formule, p. 9) :
Malgré les petites erreurs que ces chiffres mettent en évidence, nous pouvons considérer ces gammes comme suffisamment justes, et comparer entre elles les périodes des différentes notes.
398 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
Voyelle à, — Nous savons par ce qui précède que la période a été coupée au début de la partie négative. Or, en nous contentant de ce que Tœil armé de la loupe peut découvrir^ nous pouvons décomposer la période de la manière suivante :
Ut. — 8 sinuosités ; 4 grandes et 4 petites.
Ré. — 7 sinuosités ; 4 grandes, 3 petites.
Mi. — 6 sinuosités, 4 grandes, 2 petites. Les deux petites semblent n'en faire qu'une allongée; mais à certains endroits, par exemple^ dans la première période de la figure, elles se distinguent nettement.
Fa. — 6 sinuosités ; 4 grandes et 2 petites. La dernière parait diminuée.
Soi. — 5 sinuosités, la 5*, à peu près égale aux autres, représente les 4 petites de Vut.
La. — 3 sinuosités ; 4 grandes, et i très petite, presque confondue avec la 4^ qui semble agrandie. La 5^ sinuosité est le dernier reste du groupe des petites de Vut.
Si. — 4 sinuosités à peu près égales. Le dernier groupe a entièrement disparu. On peut subdiviser la période en deux groupes comprenant chacun deux sinuosités.
Ut. — 4 sinuosités plus sensiblement égales que pour «, et un peu diminuées.
Dans cette gamme, la période nous apparaît donc divisée en deux parties : la première plus ample, plus profondédément découpée et plus stable; la deuxième plus faible, plus indécise et, en apparence, seule soumise au changement. Ces deux parties sont égales en durée pour ut^. Puis, au fur et à mesure que le ton s'élève, il semble que, la première restant immuable, la deuxième disparaisse peu à peu, si bien qu'au sommet de l'octave il n'en reste plus rien. Ainsi de quatre sinuosités qu'elle possède pour ut^,
elle en perd une pour réy une seconde pour mi, une troisième pour sol. Pour lUy elle est si réduite qu'elle semble n'être qu'un accessoire de la quatrième sinuosité de la première partie. Pour si^ qui dans l'exemple que nous étudions est presque un tit^^ elle ne se reconnaît plus. Dans la réalité^ nous avons la trace d'un harmonique élevé, qui est le septième (huitième son composant) de ut^^ le sixième de ri^y le cinquième approximatif de tni^ et defa^y le quatrième de S0I2 et de la,^y le troisième de si^ et de ut^ ; c'est-à-dire un «/. (1056 V. d.), qui, au moment de la compression de l'onde sonore, se trouve affaibli par l'interférence des harmoniques graves, et, comme il est naturel, devient dominant dans les notes aiguës. Cet ut^ correspond, à n'en pas douter, à la résonnance caractéristique de l'ideM. Burguet. Ce résultat est entièrement confirmé par l'analyse mathématique qui indique pour les amplitudes des différents sons composants en millimètres :