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Il n'existe pas de différence caractéristiqye entre la voyelle parlée et la voyelle chantée. Seulement la première est moins fixe et moins intense, et en général plus courte que la seconde. Lorsque la voyelle chantée s'inscrit ma], c'est l'intensité excessive qui est en cause. Un expérimen-

tateur novice a seul pu s'y tromper. On a vu précédemment que la plupart des voyelles étudiées par les physiciens ont été justement des voyelles chantées (p. 194 et suiv.). Dans la voix chuchota, pourvu que le chuchotement soit très fort, on obtient des tracés où l'on remarque une période et un mouvement ondulatoire différent pour chiique voyelle. Je donne (fig. 198) un spécimen de à, ô,

Fig. 199.

Voyelle d.

u chuchotes en regard des mêmes voyelles parlées. On ne manquera pas de remarquer la différence d'intensité. Pour la mettre plus en évidence, le tracé a été pris à une foible vitesse (C^jé pour i centième de seconde) et agrandi 19, 4 fois.

Enfin, je termine (iîg. 199) par un exemple de ^à dans la voix de fausset (F), la voix de ventriloque (V) et la voix crapuleuse (C) opposées à la voix de poitrine (P) ; ce qui frappe le plus ici, c'est la différence d'acuité.

404 ANALYSE PHYSlOLOGiaUE DE LA PAROLE

Continues.

Nous commencerons par celles des consonnes qui se rapprochent le plus des voyelles par leur figure et leur mécanisme articulatoirc : les semi-voyelles, les spirantes, les vibrantes et les fricatives, qui toutes sont des continues.

Semi-voyelles»

Pour bien comprendre les semi-voyelles, il faut les comparer avec les voyelles correspondantes. Considérons (fig. 200) ad'a (A) et aua (B). La ligne supérieure (L) est celle des lèvres (ampoule et tambour à petite capsule et à caoutchouc rigide) ; l'inférieure (V) est celle de la voix (Inscripteur à membrane de baudruche).

Avec un tambour à membrane plus élastique nous aurions eu pour le mouvement des lèvres un tracé plus expressif. Mais les vibrations seraient moins belles.

Au point de vue physiologique (L), la semi-voyelle se distingue nettement de la voyelle : à la détente, par un relâchement brusque de Torgane ; à la tenue, par une plus grande poussée organique, par Tamplitude ou la forme des vibrations (cf. L dans A et dans B). Le commencement et la fin de la tenue peuvent être ici approximativement fixés à a et à 3. Toutefois on ne saurait rien préciser à cet égard, car les sons se fondent sur leurs limites et s'influencent bien en deçà et au delà. Nous y reviendrons à propos de la figure suivante.

406 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

La période de Va (V) se compose de trois sinuosités irrégulières, deux petites et une grande. Le passage à TiZ/, comme à Vuy est marqué par la diminution progressive de l'amplitude des deux petites sinuosités. La tenue de la semi-voyelle se distingue de celle de Vu par une moindre amplitude de la courbe. Au moment de la détente, les deux petites sinuosités se sont presque réduites pour w à une seule. En même temps qu'elles perdent de leur amplitude, les sinuosités secondaires gagnent en régularité, et deviennent à peu près égales en longueur. La courbe se simplifie donc et l'on peut être tenté de croire que cette vibration secondaire, qui revient trois fois dans la période, représente le principal son composant. Ici, l'échelle nous donnant 866"*^ à la seconde, et cette petite sinuosité ayant i"*"8 de longueur, ce serait la note de 472 v. d., environ sib^,

La figure 201 permet de suivre avec une plus grande sûreté le passage de la voyelle à la consonne. Les syllabes awa ont été inscrites par la membrane de baudruche (V) et en même temps par le petit tambour (S) réunis à une seule embouchure au moyen d'un tube en Y. Les deux tracés se contrôlent et se complètent : l'un (S) rend visible surtout le son fondamental; l'autre (V), les harmoniques. Ils diffèrent principalement pour la consonne. On les suivra avec intérêt depuis le début jusqu'à la fin. Les deux a sont sensiblement les mêmes. Noter, pour les harmoniques aigus, les périodes 4 et 73 (8 petites vibrations). La période de Va est caractérisée pour la forme (19) par deux groupes de sinuosités secondaires, composés: le premier, d'une grande et de deux petites; le second, de deux grandes. Vw, là où il paraît le plus pur, ne compte que deux sinuosités toutes nues, la première plus petite que la seconde. Le passage de la voyelle à la consonne se fait par l'effacement progressif

408 ANALYSE PHYSlOLOGiaUE DE LA PAROLE

des sinuosités secondaires de chacun des groupes de la période vocalîque. D'abord c'est le premier groupe qui est atteint. A partir de la 20* période, les deux petites sinuosités n'en font plus qu'une ; la seconde est d'abord la plus grande, mais elle ne tarde pas à se diminuer au profit de la première; à la 24* période, elle est toute petite; à la 33*, elle se voit encore; à la 34*, elle disparaît, pour ne réapparaître qu'à la 53*. Le deuxième groupe commence à s'altérer dans la 23^ période : les deux sinuosités, qui sont à peine amoindries à ce moment, tendent à se réunir et n'y arrivent complètement qu'avec la 3 8* période. La séparation recommence avec la 49*. Nous n'avons donc le w parfeitement pur qu'entre les périodes 38 et 49. La zone d'influence réciproque s'étend, au début, de la 20« à la 38* ; à la fin, de la 30* à la 6o*, où la forme de Va est complètement restaurée. Soit donc, pour ces deux syllabes, qui se composent de 80 périodes : tf, 19 ; aw^ 19; t^> n ; ^a, 10; a, 21. La zone d'influence a donc été, à la tension du w^ presque deux fois plus étendue qu'à la détente.

Si nous cherchions, par la seule inspection de la courbe, d'avoir une idée rapide des sons composants, nous remarquerions que la petite sinuosité a 2"*"^ 4 et qu'une plus petite encore est contenue, en a, huit fois dans une longueur de 2"" 7. L'échelle étant de 1093"", nous obtiendrions ainsi des périodes secondaires de 455 et de 3238 v. d., soit /ajfg etjo/îg. — Le tracé (fig. 200) a donné j/^j, résultat que l'on peut considérer comme identique.

Avec la figure 202, A aya et B aia^ dont l'échelle est reproduite à part (fig. 203), outre le passage de la voyelle à la consonne sur lequel il n'est utile de revenir que pour le signaler et inviter le lecteur à en faire l'étude lui-même (car le dessin est très net), on observera la

4IO ANALYSE raTSIOLOGtOJJE DE LA PAROLE

différence qui distingue la semi-voyelle de la voyelle. Au début (i) et à la fin (7), les vibrations de la voix ont une amplitude notable aussi bien pour le y que pour l'i ; maïs à la

tenue (g) le y paraît presque entièrement étouffé par rapport à la voyelle.

Spirantes

Le f (cA doux allemand) est très voisin du y, dont il n'est guère que la sourde. Le £ est le ch dur des Allemands, la / des Espagnols, le représentant du ch français à Qjgnac, de iss français dans des dialectes de l'Est, etc. Le h est la sonore correspondante (== j français à Cognac, is (i^ français dans l'Est, etc.).

Cotnme il ne s'agit pas ici d'une analyse rigoureuse de telle ou telle variété de ces sons, mais seulement de leur mécanisme général, j'ai cru pouvoir les inscrire tels que je les prononce, bien qu'ils soient étrangers à mon dialecte d'origine. Les figures seront suffisamment exactes, j'espère, car je suis habitué à entendre ces sons dès l'enfance et je me suis souvent exercé à les reproduire.

Le f àeafa (fig. 204 A) ne commence à se feire sentir dans la voyelle initiale qu'à la 24* période (V) et encore faiblement par une simple diminution de l'intensité; la 25* n'est guère plus touchée, la 26* l'est déjà sensiblement, la 27* l'est bien davantage : on y peut encore reconnaître la forme générale de l'a; mais la première sinuosité, la plus ample, est très aplatie, et l'ensemble est moins net que la première période elle-même. Suivent trois périodes où l'on ne reconnaît que vaguement la forme générale de la voyelle. Enfin vient une ligne en apparence unie et sans aucune trace d'un mouvement périodique. C'est la tension de la consonne. Après une longueur de 146 """ (= 13 centièmes de seconde), brusquement le mouvement périodique réapparaît. La première période ne présente de nette que la dernière sinuosité. On doit parcourir ensuite 1 1. périodes, même 12, pour arriver à la forme absolument parfaite de Va (ici deux groupes formés chacun de deux sinuosités à peu près égales). Nous n'avons d'abord (période 2) que deux grandes vibrations, représentant les deux groupes; puis (3) la première se diminue et la deuxième s'allonge, se préparant à donner naissance à trois sinuosités secondaires dont les deux dernières (celles qui formeront le second groupe) commencent à se montrer dès la quatrième période; la seconde du premier groupe n'apparaît que dans la 9* période; elle grandit dans les 10% 11% 12*, et ne devient égale à la i**^ que dans la 13'.

Les harmoniques de la voyelle sont clairement indiqués dans le tracé du souffle (S) recueilli par le petit tambour à membrane rigide : ils sont très nets pour la initial jusqu'à la 25* période et la première partie de la 26* ; ils se montrent de nouveau, après la consonne, dans la 10*.

Une question nouvelle, puisque nous avons pour la

412 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

première fois une consonne sourde, se pose ici pour la tension et la détente. Passons-nous directement de Va au Çy ou par l'intermédiaire d'un y} En d'autres termes, les périodes privées de sinuosités secondaires ou des sinuosités qui paraissent caractéristiques de Ya doivent-elles être attribuées à la voyelle ou à la consonne? La même question se reposera dans tous les cas analogues, toutes les fois qu'une voyelle se trouvera en contact avec une consonne sourde. Il serait donc important de la résoudre. Malheureusement, je suis obligé d'en renvoyer la solution définitive à plus tard, si tant est qu'une solution définitive soit possible. En attendant, je me bornerai aux réflexions suivantes. Une voyelle finale se termine aussi par des périodes en apparence dénuées d'harmoniques (cf. Va final de aâa B) : le souffle (S) continue à agir mécaniquement, marquant une note fondamentale très ample sans aucun accident. On pourrait donc être tenté de voir dans ces périodes amorphes les dernières périodes de la voyelle. Mais, même dans le cas d'une voyelle isolée, on doit se demander si les dernières périodes sont bien vocaliques. J'hésite à le croire, car avec Tinscripteur que j'ai employé pour ofUy un a articulé à voix haute aussi faiblement que possible, ou même simplement chuchoté, donne toujours, outre le tracé de la période, des vibrations secondaires. Il semble donc naturel de voir, même dans les périodes finales des voyelles isolées, des éléments consonantiques, ceux d'une semi-voyelle. Ce seraient ces éléments qui prendraient vie par la prolongation du mouvement, et deviendraient, par exemple, un y à Dreux dansdrœy pour drœ « Dreux *>, et dans l'Angoumois (Saint-Genis d'Hiersac) pàîu pour pà « pas ». Il n'y a donc aucune difficulté à attribuer à la consonne les périodes 28, 29 et 30. Quant à 26 et 27, il

414 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

Ëiudrait les partager entre la voyelle et la consonne : 26^ plutôt vocalique ; 27, plutôt consonantique. La tension pourrait être comptée entre 27 et 30. Nous aurions alors un Ç faible et laryngien, c'est-à-dire un y qui se fondrait progressivement en un f fort et sourd.

Autre question analogue à la précédente :

Passons-nous directement du f à Va, ou bien avons-nous encore un intermédiaire ? Il ne s'agit pas de l'influence de la consonne sur la voyelle. Elle est évidente (cf. le commencement de Ya initial avec celui de l'a final). Le caractère consonantique des deux premières périodes ne paraît pas douteux ; de 4 à 7, nous devons encore avoir la consonne influencée par la voyelle (comparez le tracé de y dans aya, fig. 202) ; cette influence se fait sentir davantage dans 8 et 9. Mais à partir de 10, nous avons bien la voyelle légèrement influencée au début par la consonne. La détente irait donc de i à 9 : elle serait laryngienne et douce et correspondrait, par conséquent, à un y.

D'où, sur une longueur totale de 220°****, nous en aurions 25 pour la tension et 28 pour la détente, soit sur une durée de 20 centièmes de seconde, environ 1/9 pour la tension^ et 1/8 pour la détente.

Il est temps maintenant de passer à la tenue. Le larynx se tait. Dès lors, comme c'est cet organe qui, dans la symphonie de la parole, fait la basse et marque le ton, nous ne devons pas nous attendre à rencontrer ces vibrations amples qui groupent entre elles des vibrations secondaires. Mais, tout bruit étant un mouvement vibratoire de l'air, nous sommes en droit de rechercher dans la ligne en apparence toute droite de la tenue la trace de vibrations quelconques. Et, en efiet, il en existe. Il ne me sembla pas d'abord que les appareils fussent assez sensibles pour les

saisir, car à première vue rien ne les décèle. Il me fellut un jour bien clair et des tracés exceptionnellement avantageux pour me les faire découvrir sous le microscope. Maintenant, je les obtiens sans difficulté. La seule condition requise est d'avoir un appareil très sensible, Tinscripteur avec membrane de baudruche par exemple ou le tambour à petite cuvette, et de régler le contact de la plume sur le cylindre au minimum. Cette disposition, excellente pour la consonne, est défectueuse pour la voyelle, car la plume alors rebondit sous la poussée de l'air et le tracé manque de suite. C'est ainsi que j'ai inscrit (fîg. 205) certains bruits de la bouche : i , sifflet ; a, claquement des lèvres (baiser) ;

3, claquement de la langue appliquée sur la région dentale ;

4, claquement de la langue contre la partie centrale du palais dur; 5-12, bruits de consonnes réduites à la simple explosion sans voyelle suivante : S A ^ ^ 7 ^> 8 /, 9 j, 10 € {ch français), it ? (ch doux allemand), 12 d (ch dur allemand). Comme terme de comparaison, j'ajoute (fig. 206) les tracés des consonnes sonores correspondantes, produites dans les mêmes conditions : 5* i, 6' d, 7' gy 8' V, 9' ;(, 10' /, II' ^0 saintongeois), 13 /, 14 r (de la pointe de la langue).

Revenons à la tenue du Ç en examinant à la loupe le tracé du tambour (L) dont la plume touchait très légèrement le cylindre, on compte 6 vibrations en 3"" 8, soit pour chacune o"" 63 , ce qui correspondrait, l'échelle étant de 1093"", à la seconde, à 1735 v. d. ou la^. D'autre part, les sinuosités du Ç isolé (fig. 205) indiqueraient à première vue si^ et la.^. Cela dit sans insister et simplement à titre d'indication.

Le £ (fig. 204 B) commence à se faire sentir dans la 24* période de l'a initial, par lapparition d'une y sinuosité

41 8 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

dans le premier groupe (c'est le type du second a). L'influence s'accentue dans la 27*, où le "deuxième groupe gagne aussi une nouvelle sinuosité. C'est le rétrécissement organique qui est cause de cette modification. Pour le passage de Va initial à la consonne, nous aurions à renouveler les observations faites plus haut pour le ?, Quant à la détente, nous devons noter que, dans cet exemple, l'influence de la consonne a été d'une bien moindre durée : après 3 périodes, la voyelle a repris sa forme normale. Mais peut-être serait- il plus juste de dire que l'influence du Cy après avoir été prépondérante sur les 3 premières périodes, a continué d'une manière peu sensible, mais réelle, jusqu'à la fin de la voyelle. En effet, la 3* sinuosité du premier groupe, qui est caractéristique de cet a, et que nous avons vue apparaître quand l'organe se resserre (27* période) ou quand la bouche tend à se refermer (cf. afa, période 31*) semble bien être due à la persévérance partielle du rétrécissement organique demandé par le â.

Pour le tracé du â isolé, voir figure 205.

Le A ( fig 204 C, aha ) est la variété sonore du ê. Son influence apparaît dans la 33*^ période. Devenu pur vers la 45*, la ligne du souffle (L) n'accusant plus les vibrations secondaires de la voyelle, il cesse vers la 57*. Il n'y a pas lieu de recommencer les constatations déjà faites pour aiva.

Le tracé de la tenue du h dénote une forte influence de la voyelle (cf. fig. 206). Nous étudierons ce fait dans les deux consonnes suivantes.

Vibrantes.

Les consonnes / et r ont, pour la voix, des tracés qui ressemblent beaucoup à ceux des voyelles qui leur sont

ANALYSE PHïSIOLOGIQCE DE LA PAROLE

422 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

contiguës. Ainsi (fig. 207) / dans ala (Â) et r dans ara (B et C) offrent une image atténuée de Va. Les figures 208 et 209 nous montrent de même que 17, associée à diverses voyelles, se modèle en quelque sorte sur celles-ci. Le Eût n'a rien d*étonnant. La disposition générale de la bouche pour / et r est celle de la voyelle, et le mouvement organique propre à la consonne ne fait que la modifier un instant sans détruire la résonance fondamentale.

VI produite isolément sans aucune voyelle (fig. 206) se rapproche du type de 17 dans ala.

Nous avons (fig. 207) pour A et pour B le tracé du souffle (S) recueilli avec le tambour à petite capsule, et celui de la voix (V) enregistré par Tinscripteur à membrane (baudruche) ; pour C, le tracé de la voix seulement. D est le diapason chronographe (200 v. d.).

A, ala. — La !'• rangée contient la voyelle initiale depuis son début; la 2% la fin de la voyelle, / et le commencement du deuxième /i; la 3^, la fin du deuxième a (le milieu a été supprimé).

La préparation de la consonne commence en réalité dès le début de la voyelle initiale ; on le reconnaît à ce fait que le débit du soufile va en s'accroissant depuis ce moment-ii (cf. fig. 143). C'est vers la fin de la voyelle, en a, que la ligne du soufile atteint sa plus grande élévation : le canal rétréci, mais non obstrué, par l'élévation de la pointe de la langue, imprime alors sa plus grande vitesse à l'écoulement de l'air expiré. La pression de l'air diminue ensuite à mesure que la langue, se rapprochant du palais, resserre la partie antérieure de l'orifice. Cette phase de l'articulation s'accomplit pendant la durée de trois périodes. La première appartient encore sûrement à l'a; la seconde aussi, quoiqu'elle soit un peu diminuée; mais déjà la troisième

est à la consonne : elle en constitue la tension, du moins la part qui lui est propre. Vient ensuite la tenue, de p à y :

mt

sol,

st,

Fig. 210.

Consonne l (Henmmn).

la pression de l'air est plus forte que pour la voyelle, mais elle reste sensiblement au même niveau ; les vibrations de la voix ont aussi un aspect uniforme : à partir de y, commence

la détente qui reproduit en sens inverse la tension. La période s'allonge légèrement pendant la consonne et le ton

la.

ut.

Fig. 211.

Consonne / (Hennann).

s'abaisse ; les trois sinuosités secondaires de l'a s'aplatissent^ se régularisent, et nous apparaissent subdivisées, à différents endroits, en de toutes petites sinuosités régulières aussi, qui

se trouvent reproduites six fois dans la vibration secondaire. Nous avons : la période principale^ 7""° 5 ; la période secondaire, 2"" 5 , enfin la petite sinuosité, o"" 41 . L'échelle nous donne 12'°"' pour 1/ 100 de seconde ou 1200"^ pour l'unité de temps. Donc, à supposer, ce qui est vraisemblable, étant donnée leur régularité, que ces diverses courbes représentant le son fondamental et les principaux sons composants, il &udrait reconnaître dans 1'/ qui est inscrite ici des sons de

ou mîa— 513— /flfc —

Ces mesures prises sur l'agrandissement photographique à l'aide d'une simple loupe ont été vérifiées pour la petite sinuosité sur l'original sous le microscope et au micromètre oculaire. Les résultats obtenus sont naturellement plus précis mais non bien différents. J'ai trouvé, au voisinage de la voyelle initiale, 2133 («/Je — ); ailleurs, 3158 (jo/g-j-) ; généralement, 3200 Csol% — ). La note moyenne est donc sol^.

M. Hermann a étudié les tracés phonographiques de 1'/ agrandis par le dispositif, un peu modifié', qui lui a servi pour les voyelles. On vient de voir (fig. 210 et 211) la reproduction de ses courbes lithographiées.

L'analyse de Fourier, pratiquée avec les simplifications de M. Hermann (voir l'Appendice), a donné pour le son /, l'amplitude totale étant 100 :

I. Archiv fur die gtsammte Physiologie, t. LVIII (1894), p. 2SS-263.

ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

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