VO M
-(^-rt
wpjo.p
Ti
to
CD
D'autre part, la mesure de la petite sinuosité prouve que celle-là est contenue respectivement
pour I 2345678
II, $8 10,68 9,71 8,28 7,09 6,24 $,49 5,12 fois
dans la période, ce qui indique comme caractéristiques les notes :
/■fljfs— fo/5 50/5 /âjfs /flg fa^+ /a5+ fa^+
La plus forte résonance commune à toutes ces analyses est donc voisine des notes : si^^ uif^^ ^^5>/^6> /^ ^^ ^^h> résultat concordant avec ceux que j'ai obtenus, sauf la différence d'une octave. Chacune des petites sinuosités que M. Hermann a comptées se dédouble pour moi en deux.
Les expériences otologiques supposent la possibilité d'entendre /fl^.
Les variétés dV sont nombreuses, je ne prendrai pour exemple que celle qui m'est familière, l'r linguale (fig. 207 B). Comparez l'r isolée (fig. 206). Les battements de la langue, tantôt libérant, tantôt interceptant l'émission du souffle, se lisent très clairement sur la ligiie (S). Nous pouvons reconnaître ici quatre battements : le premier est le plus fort ; le quatrième est à peine sensible. Au point de vue de la durée, on peut leur attribuer respectivement (le commencement du premier étant un peu arbitraire) : 45*°", 3i°"S> 3S""> 4S°"> ce qui suppose 26 38 34 et 26 vibrations à la seconde, c'est-à-dire /a-^, r^Jf-^, ut^^^ h-^,
La ligne de la voix accuse un allongement de la période au moment du premier battement, aussi bien dans les deux tracés B et C (a). Nous avons (B a) : 8"" 5 pour la première période et 8™^ pour les deux autres, tandis que les précê-
428 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
dentés et les suivantes n'ont que 7"™ 5 ; et (C a), après des périodes de 7™™ 2 seulement : 9"" et 8"", puis 7"" 2, etc. Ces mesures correspondent : 8,5 (141) à ri^ — ; 8 (150) à r4t — ; 9 (133) à ^^^2 ""• Ce sont les notes successives du son fondamental.
> En outre, chaque période se laisse aisément décomposer en trois petites sinuosités secondaires, qui semblent bien indiquer la présence de la^ — , laU^ — , si^ -}"•
Enfin on peut reconnaître sous le microscope de petites ondulations dont il y aurait à la seconde (B a) : 711
Nous aurions en somme, si cette vue sommaire est exacte :
Battements : en moyenne, si-^
Son fondamental : utjj^ , r^^
Autres sons composants : 7^.,, si.^^fat^y «/JJe
Les otologistes réclament : ut-^» "^"1 "'i
. Les battements ont pour effet, quand ils sont forts, d'étouffer la voix (i); mais, quand ils sont &ibles, la ligne de la voix n'en parait pas sensiblement modifiée (2, 3 et surtout 4). Dès que la langue, dans son mouvement vibratoire, s'écarte du palais, la figure de la période précédemment altérée, réapparaît avec toute sa netteté. Le passage de la voyelle pure à la consonne se fait comme pour /.
Fricatives.
Commençons par j, dont j'ai deux bons tracés (fîg. 212) donnant, avec la voix (V), l'un (A) le mouvement organique, l'autre (B) le déplacement du souffle.
osa (fig. 212 A). La figure ne contient de chacun des deux a que la partie a voisinant la consonne. La tenue de Vs a également été supprimée sur une longueur de 1 1""* 85 .
L représente le mouvement de la langue pris derrière les dents d'en haut au moyen d'une ampoule.
La mesure du temps est fournie par la figure 159, ce qui fait 1425™" pour la seconde.
Le mouvement organique est marqué au moment de la tension par l'élévation , à la détente par la descente de la ligne (L). On voit que la tension est bien plus énergique que la détente. Pendant la tenue, la langue a sensiblement gardé la même position.
A partir de l'instant où la langue commence à s'élever (a), abandonnant ainsi la position de la voyelle pour prendre celle de la consonne, la forme de Va s'altère et la courbe se dépouille peu à peu de ses sinuosités secondaires. Comparez la période (i) avec les périodes précédentes, et les suivantes entre elles. La 6^ est déjà presque toute nue et laisse à peine entrevoir quelques-uns des détails de la voyelle. A ce point (0), le tracé marque une élévation de la langue équivalant à un déplacement du levier égal à 10™*", Télévation totale étant représentée par 17™" 5. La position de Va est complètement perdue ; aussi est-il naturel que toute trace des harmoniques propres à la voyelle ait disparu. Au delà, on peut encore distinguer vaguement une période amorphe sur la ligne de la voix, et quatre sur celle du mouvement articulatoire jusqu'en y, soit trois en plus. Nous sommes alors rigoureusement dans le domaine articulatoire de la consonne, et c'est à celle-ci qu'il convient de les attribuer. Nous avons donc, avant Vs sourde, une s sonore, c'està-dire un ;( caractérisé par des vibrations laryngiennes et la faiblesse de Tarticulation linguale. Ce n'est qu'à partir de
Y, quand la langue est fortement tendue et le larynx en repos, que Vs est incontestable.
Cest aussi en partant de la voyelle qu'il convient d'étudier la détente. La période de Va est parfaite en c, alors que la langue s'est déjà complètement abaissée depuis deux vibrations, mais sans avoir encore pris la position normale de la voyelle. Les périodes i, 2, 3, 4 et 5 ne sont que des esquisses de plus en plus vagues de Va ; mais elles semblent bien lui appartenir. La 6®, au contraire, se rattache plus vraisemblablement à Vs. Ainsi on peut faire terminer la consonne en b par une s sonore, et commencer de même la voyelle en b par une sorte d'à, peu riche en harmoniques graves, la pointe de la langue ayant encore à parcourir, pour arriver à la position voulue, une distance équivalant à 6™".
Il n'y a pas, on le voit, de passage brusque et indiscutable de la consonne à la voyelle, pas plus que de la voyelle à la consonne. C'est par des transitions graduelles que la voix, comme l'organisme, va de Tune à l'autre. Et les limites que nous leur appliquons ne peuvent échapper au reproche d'arbitraire.
La tenue peut être comptée à partir de P jusqu'à by y comprise la partie du tracé qui a été supprimée (11"" 85). Notons que, dans cet espace, la langue s'est abaissée depuis a, soit pendant une durée correspondant à 65"™ avant l'apparition d'une vibration laryngienne, tandis qu'à la tension, les vibrations du larynx ont persévéré jusqu'au moment où le rétrécissement organique a été le plus considérable. Cette diflférence tient à l'effort respiratoire qui a été beaucoup plus grand à la détente qu'à la tension (comparez la figure suivante).
Malgré le peu d'amplitude des sinuosités qui remplissent
432 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
la tenue, il est possible d'y reconnaître, avec de l'attention, un système de vibrations qui se reproduisent périodiquement et qui se groupent sans se confondre. On arrive à déterminer ainsi une sinuosité principale de 8"*" 77 qui renferme des sinuosités secondaires de 5"" 4, de 2""* 7, de jmm j j Q^ Je Qtnm gyj ^flg 212, A). De plus, daus un agrandissement de 20 diamètres, outre les sinuosités précédentes qui sont ainsi certifiées, on en distingue de plus petites qui mesurent i"™66 et i"*"35.
L'échelle étant de 1425"" à la seconde pour la figure 212 et de 7000 pour l'agrandissement, les vibrations que nous venons d'énumérer correspondent aux notes suivantes :
mij vis ut^ ul^ uifi iil-j mij
Ce résultat concorde assez avec les conclusions des otologistes (Schwendt), qui nous ont appris que pour percevoir Vsy il faut être capable d'entendre :
L's que nous venons d'étudier est une s suisse (M. Burguet), analogue sans doute à celle qu'ont observée les médecins auristes. La mienne est un peu différente; dans deux expériences faites en vue d'un rapide contrôle (l'appareil était réglé de façon à pouvoir donner le maximum d'amplitude pour la consonne — membrane mince, levier long — la voyelle étant sacrifiée), j'ai obtenu une première fois WI3 et une deuxième fois, suivant la place de la tranche observée : ri^ (285) au voisinage des deux a, ml^ + (333) et m/3 — (313) vers le milieu de la consonne.
COMSONKES
Od
cr5*
Vs prononcée sans voyelle (fig. 203) donne clairement des sinuosités régulières de 8"°* en contenant 6 petites ; soit r^J^ et la^.
Le tracé B (fig. 212) nous permet de compléter l'étude de 1'^ dans osa, en nous offrant les tracés synchroniques de la voix (V) et du souffle (S). La ligne du souffle concorde avec celle du mouvement musculaire : elle s'élève quand le débit d'air augmente, et nous révèle ainsi indirectement le travail organique. Comparer pour le tracé de la voix les agrandissements B et B'(fig. 213).
Dès l'instant où l'air commence à s'écouler avec plus de force (a), la forme de la voyelle s'altère (i) ; la période suivante (2) ne se reconnaît que difficilement ; la 3* ne présente plus que très effacée la figure de l'a. Comparer les périodes de la première rangée avec celles de l'agrandissement B (fig. 213). On peut croire que la voyelle, malgré l'altération qui résulte de la fermeture de l'organe, a persévéré jusqu'à la troisième période. Au delà, on est sûrement dans le domaine de la consonne.
Pendant la première partie de la tension qui dure depuis a jusqu'à P, y comprise la longueur d'une ligne (16'") qui a été supprimée dans la figure, l'écoulement de l'air se fait d'une manière à peu près constante, indice d'un travail organique
ROUSSELOT. — PbonÙiqué exfir intentait .
sensiblement uniforme. Mais, à partir de 0 et surtout de ^\ le débit de l'air augmente et cet accroissement s'accentue jusqu'au début de la voyelle (y).
La première vibration que nous observons (cf. fig. 213 B') présente déjà une esquisse suffisante de Va pour que nous puissions l'attribuer à la voyelle. On constate donc ici un passage de la sourde à la voyelle plus brusque que pour le tracé A. C'est une différence de langue. La première s est du dialecte de Saint-Gall; la seconde de celui de Cellefrouin. Or, chacun sait que Vs allemande incline vers ;;, tandis que Vs française est encore très solide. Mais ce qui apparaît avec une clarté particulière dans ce tracé, c'est le mariage de la consonne et delà voyelle. Les dernières périodes du premier a et les premières du deuxième, en même temps qu'elles montrent la forme de la voyelle, laissent voir par intervalle, et d'autant mieux qu'elles sont observées plus près de la consonne, la petite vibration caractéristique de Vs, celle qui répond à ré^. Observer attentivement les agrandissements B et B' (fig. 213).
La comparaison et la mesure des sinuosités de IV (fig. 212 B — échelle 1399"") et (fig. 213 B et B' — échelle 3916"") permettent de reconnaître des vibrations : i® de 5"", I"" 2, o"" 6; 2° de o"" 8, soit :
tt/3 r/5 r/e ré^
Nous retrouvons les mêmes caractères et avec plus de netteté (fig. 214) dans aja. Les portions conservées de Va dans la figure sont admirablement rendues par le cliché et font voir très bien l'affaiblissement graduel de la voyelle devant la consonne, comme son accroissement régulier après la détente. La ligne du souffle montre très nettement les variations successives de la force d'écoulement de l'air.
436 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
dont le débit augmente à la tension, fléchit d'une façon très appréciable au milieu de la tenue pour se relever considérablement un peu avant la détente (0). Les moments les plus forts de la consonne sont donc la tension et la détente^ toute proportion gardée, comme dans les explosives.
Le passage de la voyelle à la consonne est ici très visible. Dès la période (i) qui concorde avec le rapprochement des lèvres (augmentation du débit de Tair), la dernière sinuosité se partage en deux et la nouvelle figure de la courbe s'accentue graduellement jusqu'à (6). Les périodes de (7) à (i i), reproduites dans l'agrandissement B, ne permettent plus guère de reconnaître, au milieu d'un mouvement vibratoire assez simple, que des sinuosités de :
cmm 3 ^tnm^ 2°^^ A. iinm2 {yam£
de longueur, qui pourraient correspondre (l'échelle étant de 3916°*"* à la seconde) à :
/fl4 /J4 50/^:5 Soli^ 50%
Les observations otologiques supposent :
A la tension de la seconde voyelle, après la période (i) qui est peu claire, nous trouvons dans la période (a) à la fois la forme très nette de la voyelle et la petite période caractéristique de la consonne (3 vibrations dans un espace de 3"" 5, c'est-à-dire solSg). Cf. l'agrandissement C-
Ly isolée (fig. 205) suppose, au milieu de sons aigus, des notes plus graves : si-j^ et si^.
Les correspondantes sonores de s et de /", ;( et v, ont des
438 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
tracés d'un caractère analogue à ceux que nous venons d'étudier. La principale différence tient aux vibrations laryngiennes qui s'ajoutent pendant la tenue.
Fig. 215 : a^ia. — La consonne se fait sentir en a. La deuxième tranche de la période, qui ne comprenait pour la voyelle que deux sinuosités, se coupe nettement en trois. Cette forme persévère jusqu'en p. A partir de là, la vibration devient simple et perd de son amplitude. Nous verrons plus loin que cette portion de la tenue est relativement forte. En y> 1^ période prend une forme qui annonce la voyelle (voir surtout les agrandissements B et C), et qui se précise progressivement dans l'espace de quatre ou cinq périodes. Mais aucune des vibrations de la détente ne reproduit exactement celles de la tension.
Fig. 2i6 : ava, — Le z; s'annonce déjà en a par la gémination de la dernière sinuosité de la période; il s'est accentué en P, et il est tout à fait clair une ou deux périodes après (comparer la première rangée de A et l'agrandissement B). Le courant d'air fléchit alors, entravé par les dents qui s'appuient sur la lèvre d'en bas ; la période du souffle sonore (S) se simplifie. Enfin, l'air prenant un cours plus rapide, et l'organe étant plus ouvert, nous voyons réapparaître en y (comparer l'agrandissement C, 4) la forme de Va qui se continue ensuite (D').
Pour les sonores, la portion indécise où l'on peut hésiter entre la voyelle et la consonne est donc plus courte que pour les sourdes, puisque nous pouvons noter avec sûreté la première vibration où l'influence consonantique se fait sentir. Mais le passage de la voyelle à la consonne ou de la consonne à la voyelle n'en est pas moins progressif, demandant pour être complet l'espace de quelques vibrations.
440 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
Les courbes du 7^ et du v peuvent être analysées d*après la méthode de Fourier.
Quant à celle du v, si l'on se contentait de la seule mesure des sinuosités, on trouverait, y comprise la période du son fondamental, des longueurs de :
gmm ^ jfnm2 jmm j jmmyg OU imm55
qui correspondraient à :
m»2 ut^ /os 50/4 la^
Les observations otologiques supposent :
Les sons composants sont, on le voit, plus graves pour les sonores que pour les sourdes. Le fait est naturel, car le sifflement est moindre, le frottement de l'air contre les parois étant plus faible.
Je ne m'arrêterai pas longtemps aux autres fricatives, £,/, dont le type est le même que celui de 5, /, :[, v. Notons cependant un exemple de € : aea (fig. 217 A) et deux de / : aja (fig. 217 B et C). Le souffle a été inscrit avec un nouveau tambour (voir l'Appendice) qui, à la fois très élastique et capable de donner les vibrations, permet de suivre très bien les variations de la colonne d'air et par conséquent les différences de fermeture. La parole a été recueillie par l'inscripteur avec membrane de baudruche. On remarquera en A la grande dépression du courant d'air qui se fait pendant la tenue du €, Le; de B est normal : le courant d'air est modéré et animé par les vibrations laryngiennes; celui de C est plus fort et relativement sourd (une partie du tracé de la tenue a été supprimée). Mais
442 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
Tun et Tautre laissent voir la petite ondulation caractérisd* que de la consonne, o"" j par seconde pour une échelle de 1200 (fig. 207).
Le s isolé (fig. 205) indique :
fyif| 7^3 ut^ la^ r/|
Les recherches sur les lacunes acoutisques indiquent pour € :
Nasales (m, fty fiy t^).
Les nasales tiennent des continues et des explosives. Le courant d'air sort sans interruption par les fosses nasales^ mais il est obstrué à des points déterminés de la bouche, et c'est à cette occlusion que les nasales doivent leurs différences de timbre.
Je choisis comme type Vn,
Soit (fig. 218) ana. Pour embrasser le phénomène complètement, j'ai pris à la fois les divers tracés : de la langue (L), de l'air sortant par le nez, qui nous renseigne sur les mouvements du voile du palais (N), du souiBe (S) et de la voix (V). — Échelle (fig. 219).
Le tracé a été partagé en quatre tronçons. Le premier et le dernier appartiennent exclusivement aux deux a. Je les ai reproduits en entier, parce qu'ils sont très beaux et qu'ils aident à mieux comprendre l'action de la consonne sur les voyelles. Le second et le troisième renferment la consonne.
Pour les deux a, la ligne de la langue est toute droite, l'ampoule choisie en vue de Vit étant insuffisante pour
rendre les légers mouvements de la langue pendant la voyelle ; la ligne du nez ne donne rien dans le premier tronçon et annonce un a très pur, mais elle accuse un léger écoulement de l'air par les fosses nasales pendant toute la durée de Va final (influence de Yn)\ la ligne du soufile ne marque que le son fondamental ; la ligne de la voix est, elle, tout à fait expressive. Considérons successivement les deux a sur cette ligne. Les sinuosités du premier forment trois groupes distincts. Mais, dès que la langue commence à s'élever, et le voile du palais à s'abaisser (a), le troisième groupe perd de ses sinuosités secondaires; plus loin, on voit se 'dépouiller à leur tour, d'abord le second après cinq périodes, enfin le premier après sept. Viennent ensuite trois ou quatre périodes où les trois sinuosités principales de Va se montrent encore, les vibrations nasales ayant toute leur amplitude. Puis le canal buccal se ferme et le nez seul livre passage à l'air sonore. C'est la tenue de la consonne. Après celle-ci, à partir du moment où la langue commence de nouveau à quitter le palais, jusqu'à ce qu'elle ait repris complètement sa place sur le plancher de la bouche, nous voyons réapparaître sucessivement : i° les trois principales sinuosités de Va (9 périodes dont l'amplitude croît progressivement de 3 a 12); 2° le premier et le deuxième groupe (4 périodes, de 12 à 17); 3 ** enfin le troisième groupe (18), complétant la figure de Va telle que nous l'avions vue avant la consonne.
Dans les deux zones mixtes qui séparent, à la tension et à la détente, la voyelle pure et la consonne pure, pouvons-nous établir une limite plus précise ? Si nous n'avions que le tracé de la voix, nous serions tentés de croire que le premier a finit avec les dernières sinuosités secondaires, et que le second commence dès que celles-ci réapparaissent.
Ainsi nous aurions d'abord la détente du premier a commençant avec la première altération constatée et finissant avec la dernière trace de ces sinuosités, indice des harmoniques caractéristiques; puis la tension de la consonne qui se terminerait à la fermeture complète de la bouche. Après la tenue de la consonne, une progression analogue se produirait en sens inverse. La ligne qui marque l'élévation de la langue (L) parlerait dans le même sens.
Fig. 219.
Échelle de la fig. 219. — DiapAson de 200 v. d.
Mais la ligne du nez (N) montre en avant et en arrière de cts limites un débordement notable des vibrations nasales, non pas de ces vibrations faibles qui peuvent accompagner les voyelles sans leur faire perdre leur pureté, mais de ces vibrations larges et amples qui sont caractéristiques des nasales. II est clair qu'ici la voile du palais prend les devants sur la langue et la précède dans ses mouvements. Donc, il nous faut reconnaître, avant et après la consonne, une voyelle nasale (5). Les limites pourraient être les suivantes : a, fin de Va initial; a-g, à ; p-y, n, en y comprenant les périodes i et 2 qui sont plutôt consonantiques ; Y-5, à ; 8, début assuré du second fl, lequel est légèrement nasalisé.
Explosives.
Dans les explosives, avons-nous dit^ le son se produit à la tension et à la détente. La tenue intervient seulement au
448 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
moins dans les sourdes comme terme de la tension et comme préparation de la détente. C'est donc sur le premier et le troisième temps articulatoire que se portera particulièrement notre attention.
La figure 220 contient une série d'occlusives dont les tracés^ malgré l'agrandissement^ peuvent être embrassés d'un coup d'œil. Chacune des consonnes a été inscrite, comme les précédentes^ entre deux a. Tous les tracés ont été diminués : ils ne contiennent que la fin de la première voyelle et le commencement de la seconde ; même la tenue de certaines consonnes a été rognée, afin que l'œil pût l'embrasser plus aisément. On jugera de l'importance de la suppression par la direction des lignes articulatoires (L), le point culminant de la tenue ayant toujours été conservé. L'ouverture, celle qui correspond à la voyelle, est marquée par la ligne pointillée. Les divers degrés de fermeture et de pression peuvent être appréciés d'après l'écartement de chaque point de la ligne articulatoire au-dessus de la ligne pointillée, comparé à l'élévation totale de la ligne articulatoire au moment de la plus grande tension. La variété des ampoules exploratrices, qui sont appropriées à chaque groupe d'articulations, permet seulement la comparaison de A m, de ^ d, et de k g.
Dès que la tension commence, la période vocalique perd de son amplitude ; quand elle est terminée, toute trace de vibration disparaît. C'est entre ces deux extrêmes qu'il faut chercher la caractéristique de la consonne.
Lorsque, après l'occlusion, l'organe s'entr'ouvre, la consonne éclate, et ses petites vibrations se montrent en se fondant peu à peu dans la période de la voyelle.
Figure 221 (Échelle 222) : apa. — A. Mouvement oiiganique et voix (Inscripteur à membrane). — 'B. Souffle et
Rou$>£Li>T — Phon^iiai
4S0 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
voix. — C et D. Agrandissements de la tension et de la détente de B.
Ces deux tracés nous fournissent une tension et une détente assez bien délimitées pour nous permettre d'étudier en détail le passage de la voyelle à Texplosive et celui de l'explosive à la voyelle.
Partons de la voyelle (A). La période vocalique est à son plus haut degré de perfection et d'amplitude au moment où les Icvres vont se rapprocher (a). Mais à peine le mouvement de fermeture a-t-il commencé, l'amplitude diminue progressivement, la forme de la période demeurant la même. Plus tard, les détails de la période s'effacent à leur tour. Plus tard encore, il ne reste plus qu'une période nue où l'on retrouve à peine la forme antérieure. Enfin toute trace d'un mouvement vibratoire disparaît : l'on est arrivé au silence de la tenue. Ces différents états peuvent se diviser pour le tracé que nous considérons en trois tranches formées de deux vibrations chacune.
La pression la plus forte des lèvres étant représentée par une élévation de la ligne égale à 9"*" 5, la première tranche (1-2) finit à I""", la seconde (2-4), à 2'''° 3, la troisième (5-6), à 4""". A ce moment, le courant d'air est intercepté et le reste de la ligne articulatoire ne marque plus que la compression et de légères vibrations des lèvres.
Si nous refaisons le même travail sur le tracé (B), nous retrouvons des éléments analogues. Au point où la ligne du souffle commence à s'infléchir (i), la vibration vocalique perd de son amplitude; un peu après (i), elle s'altère dans sa forme. Suivent deux autres vibrations et la sortie du souffle est interceptée. Le redressement de la ligne qui se remarque plus loin est dû à l'élasticité de la membrane. Nous avons donc, comme dans l'exemple précédent, quatre vibrations pouvant se diviser en trois tranches : 2, 1,1. Les deux vibrations de la première tranche appartiennent certainement à la voyelle, les deux dernières restent à déterminer. Comparez l'agrandissement C.
Je pourrais relever dans mes tracés un grand nombre de variantes. Je n'en signalerai que quelques-unes. Elles sont du reste peu importantes.
Malgré la part d'arbitraire qui entre forcément dans les groupements qu'il est possible de faire, on peut ranger les vibrations que j'ai sous les yeux de la façon suivante : 2, I, I, neuf fois (type B); i, i, t, cinq fois (type A) ; I, I, trois fois. J'ai fourni sept exemples du i" genre et deux du 2*. Les autres sont de M. Burguet, soit deux du I" type, trois du 2*, et trois du 3'', c'est-à-dire que dans la prononciation française le passage de la voyelle à la consonne semble être moins brusque que daps la prononciation allemande, même quand elle est francisée. Lorsque le p sonne double pour l'oreille (appa), je ne remarque pas, à ce point de vue, de différence caractéristique.
Passons maintenant à la troisième partie de la consonne. Les choses se présentent comme pour la tension, mais dans un ordre inverse. Commençons donc par B, qui nous fournit le point de départ le plus assuré. La ligne du souffle se redresse, marquant l'ouverture des lèvres : c'est le com-
4S4 ANALYSE PHYSIOLOGIQjUE DE LA PAROLE
mencement de la détente. Or, à cet instant, apparaît une première vibration amorphe, puis une seconde vibration où l'on peut reconnaître déjà la voyelle. La ligne du souffle atteint alors son point culminant. Viennent après deux vibrations auxquelles il manque peu de détails pour présenter le type complet de Va. Quand celui-ci se montre dans toute sa pureté, la ligne du souffle est redescendue au ;j^r(7, position qu'elle aurait gardée si la membrane avait été moins élastique. Comparez l'agrandissement D.
Les choses sont différentes dans A. Nous avons, à partir de (3), point où la ligne articulatoire est à 5 "" du pointillé marquant l'ouverture des lèvres : d'abord six vibrations, à peine esquissées, puis une septième où Va se reconnaît, puis deux autres où Va est très net, mais moins intense qu'après l'ouverture complète de la bouche. Les six vibrations du début appartiennent à la consonne et répondent à l'explosion. Ce type est rare chez moi. En voici un autre exemple incontestable :
Figure 223 (Échelle fig. 222). — apa : A, prononcé par moi; B, prononcé à l'allemande par M. Burguet.
Ligne du haut : souffle. — Ligne du bas : voix.
Dans cette dernière variante (A), on constate entre l'explosion et la première vibration un écart de 4 centièmes de seconde. Dans le p allemand (fig. 219), l'écart a été à peu près le même.
On a (fig. 224) un agrandissement des périodes les plus importantes de B.
Cependant le p français, quand il est fort comme dans l'exemple ci-dessus (fig. 223 A), ne ressemble point aup allemand. Comparez la ligne labiale (L) dans les figures 221 A et 225. La figure 225 (apa prononcé à l'allemande) permet une très intéressante comparaison de la ligne
456 ANALYSE PHYSlOtOGiaUE DE LA PAROLE
articulatoire (L) des lèvres avec la ligne du souffle (fig, 223). Elle montre comme les lèvres restent longtemps ouvertes pour l'explosion avant le commencement de la voyelle.
Nous avons donc à la détente deux types qui difFèrent non seulement d'une langue à l'autre, mais encore chez la même personne en raison de l'intensité de la consonne.
Pour ne parler d'abord que de deux des exemples que je viens de donner et qui ont été inscrits par moi, il y a entre eux une différence sensible. Dans B (fig. 221), la première vibration apparaît dès que le premier filet d'air a pu se faire jour, elle semble même devancer un peu l'explosion. C'est, pour le dire en passant, le type qu'a toujours reproduit M. Burguet dans les tracés que j'ai de sa prononciation française. Mais dans A (fig. 223), un écart considérable se montre entre l'explosion et Tapparition de la première vibration. D'ordinaire, cet écart n'atteint pas pour moi I centième 1/2 de seconde.
Si nous laissons de côté la part qui appartient exclusivement à la consonne dans la détente, il nous reste, pour le passage de la consonne à la voyelle, une ou deux vibrations de forme indécise, puis apparaît la période de Va nettement caractérisée; soit le type : i, i, 2.
Les tracés de ata (fig. 226) — Echelle fig. 222 — : type français (A), type allemand (B) : et de aka type français (fig. 227), type allemand (fig. 228 : Souffle et voix, et 229 : Langue et voix), donnent lieu à des observations analogues.
Si je compare les périodes soit de l'implosion, soit de l'explosion, avec celles de la voyelle pure, comme j'ai déjà fait pour p, je trouve :
4S8 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
A la tension :
T — Types i, i, i, sept fois; i, i, trois fois.
K — Types : i, i, i, deux fois; i, 2, une fois; i, i,
cinq fois; i, une fois.
A la détente :
T — Types i, i, 2, une fois; i, i, i, trois fois; r, i, deux fois; i, cinq fois. Retard sur l'explosion : nul (deux fois B. R.), de I cent. 1/4 de seconde (une fois), i cent, r/2 (deux fois), de 6 cent. 1/2 pour la prononciation allemande (fig. 226, B). Une fois encore je trouve pour moi-même un écart de 3 cent. 1/2 (fig. 226, A).
K — Types 2, 2, trois fois; 1,1, trois fois; i, trois fois; I, 4, une fois. — Retard de la première vibration sur l'explosion : nul, deux fois (R), une fois (B); de i centième 1/4 de seconde, une fois; de i centième 1/2, une fois (R); de 5 centièmes 3/4 (fig. 229) et 3 centièmes 3/4 (fig. 228) pour la prononciation allemande.
Si maintenant nous examinons les tracés au microscope, nous apercevrons, outre les vibrations dont nous avons seulement tenu compte jusqu'ici, la trace du mouvement vibratoire de la consonne.
Reprenons chacune des consonnes étudiées.
P — Après la voyelle, nous voyons en C (fig. 221) de petites vibrations régulières formant des groupes de 4, le groupe lui-même ayant une longueur de é*"*" i . Ces mêmes groupes s'unissent à leur tour 2 à 2. Ce qui donne en millimètres: 12,2 6,1 1,52,
et pour l'unité de temps (3960™"') :
mi mi^ mi^
460 ANALYSE PHYSIOLOGIdUE DE LA PAROLE
A la détente (D), je mesure (i) : 1 1"", 2"™ 2.
C'est-à-dire pour une seconde :
A la même ligne (2), je trouve en outre : i"""' i et deux fois dans le groupe o"*™ 5 5 . L'apparition de cette dernière sinuosité, qui pourrait correspondre au 19* son composant de la voyelle (152 v. d.), appartient peut-être à Va où on la retrouve (3), (4), (5).
Le p de M. Burguet (fig. 224), quoiqu'il ne soit pas bien clair, semble aussi donner pour la détente un mi.^. Mais(fig. 225), la ligne organique, au moment de la tension (a), est chargée d'une petite sinuosité très nette de o""77 ; soit, à l'échelle de 925"*™ par seconde, 1200 ou ré^.
Ltp isolé (fig. 203), articulé avec force, donne /a.,.
T — Figure 220 dont l'échelle est de 1249*"*" à la seconde. Nous trouvons à la tension, sur la ligne organique (L), une vibration de o""5, soit 1388, onfa^y et plus loin, sur la ligne de la voix, 4 vibrations, qui se subdivisent chacune en deux pour y™'", soit 713 et 1426,
Et (fig. 226) ata A(K) — Échelle de 1440™™ — 5 vibrations en 20™™ (360), subdivisées en 3 (1080):
Le / isolé (fig. 203), prononcé fortement : ré^. Les otologistes supposent :
/«}Î4 — >Jf5
K — Je mesure pour K français (fig. 227 C, D) des sinuosités de i™" 5 (c'est la majorité) et de i*""; (E) i"'°3 et dans le beau tracé F, 3"", 4™" 25, i""" 5 et o""85; soit à peu près :
462 ANALYSE PHYSlOLOGiaUE De\a PAROLE
50/4 sify^ mi^ sIq réj
Le k isolé (6g. 203) :
/fljg r/4 50/4 ré^ re^
Et pour un k allemand (fig. 228 B,C), 4"*" 3, 2"", o""73 ; enfin (fig. 229 B, C), 4""*, i°*'"3, i^^oy;
soit : 5/ 4 5/5 sIq fa^
Les otologistes demandent :
Les sonores b d g diffèrent principalement dt p t k, au point de vue où nous nous plaçons ici, par la persistance des vibrations laryngienjies pendant l'occlusion et l^apparition constante des vibrations vocaliques dès l'ouverture du tube vocal.
Figure 230 A. — Échelle fig. 228. — aba : souffle (s) et voix (v). Les vibrations à la détente accusent par leur amplitude l'influence de la voyelle. Mais le caractère le plus saillant, c'est la forme de la première période (cf. C), qui est déjà, au moins dans la seconde partie, celle de Va,
Même remarque pour ada (fig. 230 D, cf. E et F).
Pour aga (fig. 231 A), Texplosion a été précédée d'un relâchement de la langue qui a permis à un léger filet d'air de passer (cf. aka, fig. 227 B), si bien que l'explosion concorde avec la quatrième période qui est bien celle de Va, les précédentes n'en étant que des esquisses de plus en plus parfaites (cf. C).
Enfin, je termine par le tracé de bb dans abba (E) inscrit avec les vibrations du larynx (La), le souffle
recueilli de deux façons à la fois par le tambour à double effet de M. Burguet — membrane en caoutchouc (s), plaque de verre (s') — et la voix (v). Le tracé s' est renversé, il faut donc, par la pensée, faire concorder la courbe avec celle de s, en comptant comme positives les parties qui sont négatives dans la figure. La tension et la détente sont seules représentées en entier, La tenue a été réduite de la longueur d^une ligne.
On remarquera que c'est au moment de la tenue et de la tension que les vibrations laryngiennes ont le moins d'amplitude. C'est la conséquence de l'effort articulatoire qu'exige une consonne redoublée. Un autre effet de cette même cause, c'est le retard de la période vocalique sur le mouvement de l'explosion (cf. F).
Si maintenant nous recherchons dans les tracés précédents la trace des sons composants, nous trouvons :
4mm 5
2tam
imm
soit:
la.
^nim
imm 8
Omn Q
soit:
«'Jfo
irfj.
5nim
imm6
soit :
SU
rfU
réf.
Les otologistes supposent :