EDUCATION DE L OREILLE 4I
On compare encore avec profit des mots qui contiennent la même voyelle. : bibi, i /; bébé^ e é. On tâche de n'oublier aucun des groupements où peut se rencontrer le son qui est à l'étude, et de ne pas céder trop vite à la tentation de conclure d'une combinaison à une autre, quelque frappante que paraisse l'analogie. Après avoir considéré chaque son dans des mots isolés, il reste à l'étudier dans la phrase, en variant sa place, en le mettant au commencement, au milieu, à la fin. Enfin il faut changer la vitesse, le ton du débit. Toutes ces circonstances influent sur la qualité du son, et l'oreille, attentive, finit par s'en apercevoir.
Il faut aussi faire appel au sentiment que nous avons des contractions musculaires, au sens du toucher, à la vue, et s'aider des différences qui existent dans le jeu des organes pour reconnaître les différences acoustiques. Le miroir, ou simplement le petit doigt placé de manière à effleurer la langue, donnent des indications très précieuses.
Lorsque le son est complexe, comme par exemple dans les diphtongues, un bon moyen de remarquer les éléments composants, c'est de prononcer en exécutant les mouvements organiques nequis avec une extrême lenteur. Alors il est facile de distinguer les sons qui se fondaient pour l'oreille dans le chaos d'une confuse unité.
Lorsqu'on étudie, non son propre parler, mais celui d'une autre personne, deux précautions importantes sont à prendre : écouter de très près, et limiter son attention.
La distance joue un grand rôle dans l'impression que les sons produisent sur l'oreille. Tout phonéticien voudra s'en rendre compte au moins une fois et refaire l'expérience que j*ai rapportée dans Les modifications phonétiques du langage^,