I. Modifications phonétiques du langage, p
(Rai,)
(Rao)
(■no
Fig. îî}.
lonne sourde sv
rb
niMli
U DiulM. — Ëclicllc 1 droi
se rapproche de ma prononciation. Mais il est fort possible aussi que le phénomène représente un état phonétique et réponde à une étape de l'évolution des nasales : soit à une nasalisation encore incomplète, soit à un commencement de dénasalisation. La première hypothèse pourrait être vraie pour moi; la seconde pour M. Théry. C'est à la géographie de décider.
A rapprocher la figure 344, qui permet de constater ta différence qu'il y a entre la sourde / et la sonore b au point de vue de leur influence sur la nasale.
Absorption de la voyelle précédente ou même de l'explosion de la consonne dans la nasale et nasalisation à disunce.
Comparez les mots suédois /«'^«brouillard ii(fig.3S4), toppen o la cime » (fig. 355) et vatten a eau » (fig.3Sé), et vous constaterez l'envahissement progressif de la nasale : dans
le premier cas, il reste quelque chose de la voyelle pure; dans le second, l'explosion se fait encore par la bouche et par le nez ; dans le troisième, tout le souffle passe exclusivement par les fosses nasales.
L'a de loppen (fig. 355) et celui de vatlen (fig.3s6) sont en partie nasalisés ; mais non l'ir de lôcken (fig. 3 J 4).
Absorption de la consonne nasale dans la voyelle nasate précédente.
Ce phénomène, qui s'est accompli en français, est dû : d'une part, à l'ouverture progressive des lèvres ou à l'abaissement de la langue, en un mot, à la suppression graduetle de l'occlusion consonantique; de l'autre, à la fermeture prématurée des voies nasales. Le premier et le plus important fiicieur du changement est mb en évidence dans la figure 357. Les tracés qu'elle reproduit ont été extraits de phrases complètes : l'ay borra dedin « je l'ai enfermé
NASALES $6y
dedans », ti'ay montsat un « j'en aï mangé un », souy posa sul poun « je suis passé sur te pont ».
La ligne supérieure, celle du nez, nous tait connaître la place des nasales; celle du bas, qui représente les mouvements de la langue, les divers degrés d'occlusion. Or, dans dedin (i), la langue est restée un peu au-dessous de la posî-
Fig. :
Nasililé en
tion de l'fi (cf. les d); \'n existe encore mais faible. Dans dedin (2), la langue s'est élevée au même niveau que pour le d; donc nous avons une n bien articulée. Dans I un, la langue est restée bien au-dessous de la position du t ; néanmoins, on peut croire encore à une n Êtible, cf. dedin (i). Enfin dans poan, la langue est restée presque immobile sur le plancher de la bouche; l'n n'a pas été prononcée. Cette paresse s'explique par la présence de Vu qui s'articule en arrière : avec la même somme p ravail, la langue n'a
pas pu atteindre h position voulue. Mais la durée du phénomène n'a pas encore été diminuée.
Hg- iî7 (F)
Modilîcaiion dans l'iniculition de I'h lÎDiitE, pr abaissement de la lingue. Le mouvement de U Ungue (£d>f£-) tn rawqai «ntrt les deoi ligoei poinUUéa-
II peut aussi y avoir dans l'articulation un déplacement qui change la nasale, par exemple, Vn en m ou A vélaire,
NASALES Jé9
comme dans les exemples cités du portugais, ou dans le mot ww^déjà inscrit (fig. 347). L'élévation du dos de la
Changement d'>rtic al* tion de I'h finale. Noicr rémalemcoi df Tùr mrd pcrar l'w mitiaLv.
langue prise, avec une ampoule, au niveau du palais mou (fig, ];8) rend la transformation évidente.
m- (G) OoMely»)
voyelle Dualisfe en italien.
M. Josselyn a trouvé exceptionnellement chez un pérugin et chez un émilien un cas de in, où la consonne s'est entié-
rement fondue dans la voyelle, infante (fig. 3S9)- La seconde ligne du tracé, qui est celle du souffle, aurait marqué un arrêt dans l'écoulement de l'air, si l'n avait été articulée.
latensité de la nasalité.
L'intensité objective de la nasalité a son expression dans l'amplitude des vibrations et la force du courant d'air qui
&it résonner les cavités nasales. Mais, comme ces deux données ne nous sont connues que par le moyen d'une
Fig. J6r.
Niule d'uD parler su&Iims.
membrane, qui peut Être plus ou moins sensible au mouvement vibratoire et au déplacement de l'air, il faut, avant de poner un jugement sur le phénomène, faire la part qui revient à l'intermédiaire. De plus, on ne doit pas oublier que les deux voies nasales sont rarement identiques : l'une
des deux peut être plus ou moins obstruée. Il est donc prudent de ne comparer au point de vue spécial de l'intensité que les tracés d'une même personne, pris dans des conditions semblables, c'est-à-dire avec le môme tambour, dans le même temps et par la même narine. Li comparai-
dtpUur
son des tracés de diverses personnes a besoin de s'appuyer sur des expériences supplémentaires qui permettent de supprimer les chances d'erreur. Quoique ces précautions n'aient pas été prises, je crois cependant pouvoir citer des nasales dont l'amplitude m'a étonné au moment même où je les recueillais. Elles sont d'un finlandais et appartiennent : l'une au finnois sanla « sable » (fig. 360); l'autre à un parler suédois, tonia « venir » (fig. 361).
Quant à l'intensité subjective de la nasalité, à l'impression spéciale qu'un son nasal produit sur notre oreille, la
mesure est encore à chercher. Remarquons : i° que l'écoulement de l'air par le nez est à peu près sans effet acoustique pour les sourdes p t kfs £,Gt les sonores non occlusives V s j l r; 2° qu'il n'est très nettement senti que joint aux sonores explosives b dg et aux voyelles ouvertes a é é é o; 3° qu'il ne modifie que faiblement les voyelles très fermées / u w, et que pourtant, dans ce cas, il peut être
Fig. 363.
très considérable plus même que pour a è œ nasalisés, comme le montrent les tracés de 1 û (fig. 320), comparés avec ceux de ^, e, œ (fig. 362) ; 4° qu'il communique à la consonne une puissance auditive considérable, car, dans une expérience où b d n'étaient plus distincts à une distance de 8 mètres, m n fi étaient encore parfaitement entendues à 10 mètres et au delà.
Timbre nasal.
Enfin, il nous reste à poser une dernière question, plus délicate encore que les autres, celle du timbre. N'y a-t-il qu'un seul timbre nasal ou y en a-t-il plusieurs ? La diffi-
cuhé de la recherche est accrue par ce fait que les vibrations recueillies au sortir des narines ne doivent pas être complètement pures de toute résonance buccale. En effet, dans deux expériences où j'ai produit le murmure nasal qui précède l'explosion de mn p, en maintenant les lèvres ou la langue dans les positions articulatoires voulues, l'oreille d'auditeurs non prévenus sentait des différences
VoycUss à et n.
^iMiiucrii : d'il>ord(B4-N)ivKledi^«llif(ag. j«7ii»iiuN');piiiiNivccleiHi.
a M incrit mvic le mime JiipHjdf que â (B + V), «uii N ne Krvih ilc ijea. li nilc du pflkii iotercfpunl U torxit it l'air pu k hi» ui moiiu n trii gnnde punie. D. DUpMcm de 300 T, d.
caractéristiques. L'un, à lo ou 20 centimètres, distinguait aisément m; hésitait entre » et a; et confondit constamment 9 avec I. L'autre, à une distance plus grande, reconnaissait très bien m et n ; quant à p, il l'entendait «. Un simple avertissement asuffi pour faire cesser toute hésitation. Malgré cette cause d'erreur, on peut cependant concevoir l'espérance de trouver dans les tracés du souffle nasal la caractéristique d'une résonance propre qui se distinguerait par son amplitude des résonances étrangères.
Les tambours grands et moyens, même les plus sensibles (à cuvettes peu profondes et à ouverture centrale), ne m'ont jusqu'ici rendu que le son fondamental. Seul, mon petit tambour de i™ de diamètre, x"" de profondeur, i attache de levier imitant le manche du marteau, relié uniquement à une olive nasale, a donné des tracés où se lit clairement l'octave (%■ 3i8).
Peut-on aller plus loin } Oui, en perfectionnant le mode d'expérimentation. D'abord, on peut conduire, à l'aide de deux olives, tout l'air sortant par le nez dans un tambour, que l'on choisit naturellement le plus sensible. La courbe obtenue s'enrichit alors de sinuosités plus nombreuses (voirfig, 370, N), Mais le tracé est d'ordinaire plus expressif encore, si, au tambour, on substitue l'inscripteur de la parole à membrane (baudruche, par exemple) selon le dispositif représenté (fig. 363). On compte sept sinuosités régulières dans chaque période pour â (fig. 364, N). auunt, quoique avec plus de peine, mais d'une &çon aussi sûre pour m (fig. 36s).
La même expérience renouvelée sur les nasales françaises, tf, «, m, à, l, Ô, œ (fig. 366), a confirmé ce résultat. De plus, cet agrandissement, qui est de 11 diamètres, a rendu
sensible la subdivision de cette septième sinuosité en deux ou trois plus petites, qui se montrent dans tous les tracée, particulièrement dans ceux de tf, de }, soit que l'inscription ait été faite dans de meilleures conditions, soit que la
N Agi- : u.
Fig. j66.
Nulles.
composition des sons paniels favorise l'isolement des harmoniques qu'elle représente.
Nous avons donc la trace évidente d'un septième son com-» posant (avec son octave ou sa douzième), qui, d'après ce que nous savons sur la formation du timbre nasillard (p. 19), semble bien, au moins en ce qui me concerne, répondre à U
ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
résonance du nez et se dénonce comme la caractéristique de mes nasales.
Mais allons plus loin. Quelle modification l'harmonique nasal impose-t-il à la forme de la voyelle pure ? L'expérience
Fig. 367.
L'air recueilli fu les olives nasdes N est conduit dans le coarant d'air qui vient de la bouche B : les deux s'inscrivent ensemble B + N.
Le courant ^aàr nasal grâce k un embranchement est conduit dans un tambour spécial N* et s'inscrit i (Mft. Cet embranchement peut être ajouté ou supprimé i volonté.
à faire est même assez simple. Il suffit de conduire l'air recueilli par les deux olives dans l'inscripteur de la parole qui reçoit déjà l'air de la bouche (fig. 367, N et B + N), ou encore de partager le courant d'air nasal entre l'inscripteur (B -f- N) et le tambour (N'). Les tracés que l'on obtient parce procédé sont très intéressants. La voyelle nasale se distingue alors très nettement de la voyelle orale correspondante. La première a un tracé simple^ peu accidenté ; la seconde^ une
courbe plus complexe. Comparez (fig. 3 64) d et a (B + N). D'où vient la différence ? Naturellement de l'addition des vibrations nasales (même figure, N). L'harmonique que nous avons déjà isolé fait ici sentir son action d'une manière
Fig. j68.
\'oycl1ei [rançiiici : Disalcs ci DOd-aaules.
IDIcriln ain le iloubli courinl d'iir {ig. ji^, B + H,
prépondérante. C'est lui qui a en quelque sorte nivelé le^ tracé de l'a pur. La même observation se faitsurla figure 365, qui représente une partie de la syllabe ma. Les premières périodes appartiennent à m, les dernières à a : la pureté de
KooiMtOT. — PAwiVijiu rtfé'lmiwitli. 17
378 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
cet a est mise hors de doute par la comparaison de son tracé avec celui de la figure 364. Or, entre m et a, il s'est produit naturellement quelques périodes d'un a nasalisé (cf. fig. 218). Il y en a deux qui sont parfaitement caractériséep et de tout point comparables à celles de Va (fig. 364). Lqs autres voyelles ont des tracés analogues, comme on en peut juger d'un seul coup d'œil par le tableau (fig. 368), où sont disposées les unes au-dessous des autres les nasales
Fig. 569. (R)
Voyelle nasale recueillie dans le souffle buccal seulement.
françaises avec leurs variétés orales correspondantes, inscrites successivement par les mêmes appareils. La complication du tracé est toujours du côté de la voyelle pure ; la simplicité et la régularité, du côté de la nasale.
Nous obtenons une contre épreuve en inscrivant la voyelle nasale par la bouche seulement. Alors, la différence signalée entre celle-ci et la voyelle pure, s'efface, par exemple, entre à et Va de tna (fig. 369), au moins suffisamment pour appuyer la théorie.
Mais la correspondance des voyelles buccales et nasales n'est qu'approximative, et l'on peut songer à un moyen de comparaison préférable à l'inscription successive. Au lieu d'aniculer, l'une après l'autre, les deux variétés de la voyelle {à et a, par exemple), il semble meilleur d'isoler dans la voyelle nasale elle-même ce qui appartient au nez
jSO ANALYSE PHYSIOLOGIQUE DE LA PAROLE
seul, à la bouche seule, et aux deux organes réunis, en joignant aux appareils déjà accouplés (fig. 367), un nouvel inscripteur qui ne recevra que le souffle buccal. Le résultat obtenu nous est montré (fig, 370) pour la voyelle â. Le dispositif lui-même est représenté (fig. 371).
Nous retrouvons pour les tracés N, B, B + N les mêmes caractéristiques que plus haut. Mais là doivent s'arrêter nos conclusions, car, pour être en droit d'instituer une comparaison détaillée des divers tracés, il faudrait disposer de trois appareils inscripteurs identiques, ce qui n'est pas mon cas. J'interromps donc mes [recherches à ce point, n'ayant
pas le loisir de les pousser davantage, et avec l'espoir de les reprendre avant longtemps. Mais j'ajoute que, si l'on veut que chacun des tracés garde bien son individualité, il est nécessaire de tenir la voyelle aussi peu que possible. Autrement, tout l'air contenu dans les différentes parties des appareils vibrerait à l'unisson.
Quoi qu'il en soit, il semble bien que les vues exposées plus haut soient confirmées, et il est permis de croire qu'un timbre nasal unique imprime son caractère à tous les sons pour lesquels un écoulement de l'air se fait parle nez.
Les diverses formes de la nasalité que nous avons à considérer sont, on le voit, fon nombreuses, et toutes ont de l'intérêt pour l'histoire du langage. Cependant très peu ont une valeur acoustique suffisante pour être utilisée dans la parole. Ainsi s'explique l'indigence de nos alphabets. Les Latins n'avaient que deux caractères : m, ». Les Français ont donné à ces deux signes un double emploi : ils s'en servent pour désigner les consonnes, et pour compléter l'expression figurée des voyelles nasales (an, atn = à ; aifif eitiy ew, in = ij, etc.).
Il est clair que nous ne pouvons songer à rendre typographiquement toutes les nuances (les tracés le font à merveille). Mais des additions s'imposent. Tout en conservî^nt ni et fiy qu'il y aura lieu de préciser à l'aide de signes diacritiques, on peut prendre, comme symbole général de la nasalité, le tilde espagnol (*), qu'on modifierait dans sa forme (") pour marquer une teinte variable de nasalité. Les degrés intermédiaires seraient notés par des indices. Enfin la nasalisation partielle serait convenablement indiquée par un double caractère dont l'un seulement serait
affecté du tilde. Ainsi, on aurait un a nasal (à), un a légèrement nasalisé (5), un a incomplètement nasalisé (aà ou àa); entre a et 5, on pourrait avoir 5^, 5,, Sg..., etc. De même pour les consonnes.
4** ARTICULATIONS CONSTRICTIVES, MI-OCCLUSIVES
ET OCCLUSIVES
Cette distinction est fondée sur la nature de Tobstacle vocal. N'y a-t-il qu'un simple resserrement des parois de l'organe, l'articulation est constrictive. Y a-t-il, au contraire, fermeture complète, l'articulation est occlusive. Enfin l'obstacle est-il constitué de telle sorte qu'il y ait, dans la région articulatoire, sur un point fermeture légère, sur l'autre simple rapprochement organique, l'articulation est mi-occlusive.
Les constrictives ont des formes variées. Ce sont les voyelles et les consonnes dites continues ou prolongeables, que l'on subdivise en semi-voyelles (tf, w, y, f), spirantes (â h) y fricatives (J Vy j :(, ^ ;), vibrantes (/, r), nasales (m, «, n). Les anciens réunissaient toutes ces consonnes sous le nom de semi-voyelles.
Les occlusives, au contraire, composent un groupe bien défini : pby t d, k g. On lui donne diflférents noms qui tous rappellent l'une des conséquences de Tocclusion : muettes, instantanées ou momentanées (par opposition aux continues), plosives, explosives ou implosives (suivant leur place dans le groupe phonique). Les anciens les appelaient consonnes.
CONSTRICTIVES ET OCCLUSIVES 383
Quant aux mi-occlusives, beaucoup les regardent encore comme des articulations composées et les représentent par deux lettres (tsdT;^, Udj ). Ce sont : i, |, ^, /, etc.
Chacune de ces articulations se présente sous deux formes, suivant |que le mouvement de constriction ou d'occlusion est énergique ou faible. C'est ainsi que nous obtenons les voyelles tendues ou relâchées et les consonnes fortes (fs€...y p t k)ou douces (y :ç /..., bd :().
En outre, l'obstacle vocal peut être constitué de deux manières : ou bien il est ferme et limité au seul point articulatoire, ou bien il est mou, diffus, de façon à toujours intéresser la voûte palatine.
Ainsi prennent naissance deux nouvelles variétés d'articulations : les dures (/, », j ;(, ^ ;..., t dj k ^....), et les articulations mouillées, dites aussi palatalisées (/, t^y il^§ i\t4> *^, etc.).
Voilà bien des variétés à noter en dehors même de toute considération portant sur la place même où se forme l'obstacle vocal, et nous ne pouvons pas encore les concevoir toutes. C'est à en donner une idée, comme à en marquer les rapports, que je vais m'appliquer. Cette étude n'est pas simplement théorique et seulement utile pour l'histoire des évolutions phonétiques; elle emprunte un grand intérêt pratique à ce fait que chacune des formes de la constriction et de l'occlusion engendre des nuances de sons très appréciables à l'oreille et utilisables dans la parole.
Les divers degrés de fermeture servent à différencier les voyelles comme les consonnes. En conséquence nous avons des voyelles plus ou moins ouvertes om fermées. Mais comme ces distinctions forment la base principale sur laquelle repose la classification des voyelles, je m'abstiendrai d'en
584 ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
parler ici, et je n'aurai en vue dans ce qui va suivre que les seules consonnes.
Les constrictives, les mi-occlusives et les occlusives se distinguent nettement sur les simples tracés du souffle. Comparer, par exemple, les figures 122-127, ^50-154, 201,202, 207, 214-117, 221 B, 223, 226, 227, etc., 238, 240, 242, 249, 257-266, 281, 284-289, 315, 316, 339, etc. Dans Tocclusive, l'émission de l'air se fait brusquement ; c'est une sorte d'explosion qui se traduit sur la ligne par une déviation subite dans le sens de la verticale (type, fig. 127). Pour la constrictive, la sortie de l'air se fait lentement et croît ou diminue d'une façon progressive : le tracé prend des formes arrondies et onduleuses (type, fig. 124). La mi-occlusive est émise mollement et tient le milieu par son tracé entre les deux autres classes, plus près de là première (type, fig. 412).
Pour obtenir du souffle une ligne qui marque bien la forme de l'obstacle propre à chaque catégorie d'articulations, il est nécessaire d'avoir un tambour à membrane assez élastique et de tenir l'embouchure convenablement appliquée sur les lèvres (p. 1 32). En effet, la résistance qu'oppose une membrane trop rigide et l'accumulation de l'air dans le tambour déforment le tracé (fig. 144); d'autre part, si l'air est recueilli d'une façon insuffisante, le tracé de la consonne peut à peu près disparaître (fig. 265, dernière rangée).
Quand l'expérience est bien faite, la seule ligne de la colonne d'air suffit pour renseigner sur certains degrés de constriction et d'occlusion. C'est ainsi que l'on peut voir que des occlusives tendent à devenir spirantes et que des constrictives ont une sorte d'explosion qui les rapprochent des occlusives.
CONSTRICTIVES ET OCCLUSIVES
S8é ANALYSE PHYSIOLOGIQUE DE LA PAROLE
Par exemple, le p de poderi (fig, 267) nous apparaît comme spirant à côté de celui de pena (fig. 266); de même ïeg de gmte (fig. 269) et celui de dugenle (fig. 270) comparés au t de la dernière syllabe.
D'autre part, des constrictives peuvent s'accompagner, au début ou à la fin, d'un jet d'air qui ressemble à une explosion comme // dans ptilU, et / dans Babila (fig. 262, 2 et 3). Ce caractère est très accusé dans aea (fig. 217), grâce à l'élasticité du tambour inscripteur du souffle, et à la force de l'articulation.
Il y a donc des constrictives qui peuvent être dites explosives. M. Schiumsky en a recueilli beaucoup d'exemples en tchèque, entre autres : ^ dans :^a (fig. 372), y dans yo
CONSTRICnVES ET OCCLUSIVES
(iig. 373)9 où la ligne de la bouche est contrôlée par celle du nez, v dans va (fig. 374) et / dans la (fig. 37s), où le mécanisme de ces constrictives explosives nous est clairement indiqué. Nous pouvons en effet reconnaître, dans la ligne des lèvres pour Vy dans celle de la langue pour /, la force de constriction qui produit un léger mouvement explosif : Tair est en partie retenu par l'obstacle et il éclate dès que celui-ci est écarté.
Fig. $76.
y occlusif.