et A. — a. c et f . — 3. ^ et /. — 4. a et
Les gutturales et les dentales mouillées tout partie d'un système très régulier en irlandais, où la qualité de la consonne est déterminée par celle de la voyelle contiguë. Soit, par exemple : loc (hk) « bergerie » et pic (jn^) « poix » (fig. 400, i), go (préfixe adverbial) et geadh (^) « oie » (2), ta (tàc) « il est » et teach Qàt) « maison » (3), damsa « à moi » et a d-tigh (à40 ^^ '^^^ maison » (4).
En russe, la mouillure des occlusives gutturales et dentales est moins avancée (fig. 401). Elle l'est davantage en hongrois (fig. 402) ; plus encore dans la .Bretagne firançaise : « tiens bon I » (fig. 402, 4).
La mouillure de Vn est très bien sentie par tous les Français ; mais elle se présente avec des variétés beaucoup
plus nombreuses qu'on ne croit. En voici quelques-unes (fig. 403) empruntées à diverses régions (Angoumois, i; Paris, 2-5; Portugal, 6; Russie, 7; Irlande, 8). Sans
Gultuntci el dentales mouillcei ou combinées
ul}a;U|louiliJJic(0,
Fig. 401.
Dentales mouillfu.
La partit oubfl^f fcpr^aenle La eaiaoaax moaUltt. I-;. ^« hcHigroii (Scli) — Troii Tarianui — . Lt pointillé (i) nurqoe (. l dans II tnnfûi dti Bntau (L).
tenir compte des changements d'articulation qui nous occuperont plus tard, on est frappé des variantes qu'offre le mouvement occlusif, et de sa tendance à se relâcher.
RovitlLOT. -- Phtmélii*
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ANALYSE PHYSlOLOGiaUE DE LA PAROLE
Nous avons un exemple de n gutturale mouillée (fig. 403, 5). C'est à ce type qu'appartiennent les n mouillées recueillies par M. Pemot dans deux villages de Chio.
Fig. 40}.
n mouillée.
I. ^ en angoumoisin (R) ; (i) limite n ; (2), ny. — 1. ^^ en parisien (C). — 3. M|^ fiô en pansicn (C); U ligne en pointillé limite fîUi celle en croisiUé, M/} ; le tracé qai contoarne les alvéoles, na (C). — 4. M en parisien (D) \ les pointillés concentriques de la partie antérieure dn palais indiquent différents points qui n'ont pas été touchés suivant la nature des voyelles associées à {/• — S- ft en ^*n$ien {K). — 6. M en portugais (Va). — 7. n en russe (O); Vn est indiquée en pointillé. — 8. M en irlandais; Vm est marquée par la ligne intérieure (W).
VI mouillée n'est plus connue à Paris et elle est en train de disparaître de la France. Elle est analogue à Vn mouillée, et ne présente pas moins de variantes. Comparez (fig. 404) des / d'Auvergne (i), de Portugal (2), de Hongrie (3), de Russie (4), et (fig. 405) diverses variétés de nie de Chio (5-8).
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Reste à établir la mouillure de ^ :( et de sj. Les tracés distinguent ces consonnes quand elles sont mouillées et quand elles sont dures : en rouergat (fig. 40e), i), en auvergnat (2-5), en irlandais (6) — irfwlui » opposé àJé^A« félicité » — ,
Fig. 404.
/ mouillée. (Partie ombrée.)
I. £ en aovergnAt (D) ; / est limitée par U ligne (i) à partir des dents; ly, p«r le pointillé inférieur. — ^ / en portugais (Va). — 3. / hongroise (S). — 4. / russe (O); 17 est comprise enue les deux lignes (i) et (i*).
Fig. 40s / mouillée à Chic.
(Pernot)
I. ]dePyrghi(Ts); (0, /j (0 « (3)/de^fl^. - 2. j de Mesta(Z). - ). / dans pulf (Z). - 4- i dan» pulli (Z).
en russe (7, 8). La forme même de la région du contact, le système consonantique de l'irlandais et du russe portent bien à croire qu'il s'agit ici réellement de consonnes mouillées et non de combinaisons avec)'. De plus.
ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
en russe, sy donne un tracé très voisin de celui de j, et € se distingue clairement de y (8). J'avoue que je suis convaincu, et pourtant, je dois le reconnaître, je n'ai pas une preuve palpable de la mouillure pour ces consonnes comme pour les autres.
€ jy S [ mouillés.
1. Rooergtt (Ri). — 2 -S- Auvctpiat (D). — 6. IrlaïuUis (W). — 7-8. Rosse (O).
I. y; pointiUè (0 jy, (2). y ; ()), /. - a f ; pomiUlé, €- -hj* pointmé, ;. — 4- ^ ; pointUléy '•— S • 7 ; pointillé, {.— 6. ^ ; pour s dure, la langue n'a touché que d'un c6tiè suivant la ligne pleine.
7. J et 7 (ils ne sont pas distingués dans le tracé); pointillé, s ^. — S^i 1^ ligne pleine intérieure limite le y ; la pointilléc, y.
Les degrés de mouillure sont nombreux. Ils correspondent à l'étendue de la région de contact marquée sur le palais artificiel, et l'on a pu constater combien celle-ci est variable. Une consonne qui se mouille est une consonne dont le point d'articulation tend à se porter vers le centre de la voûte palatine, par conséquent la dentale se déplace en
arrière, et la gutturale se porte vers les dents, si bien qu'elles peuvent se croiser sur le chemin de l'évolution et se substituer les unes aux autres. Ce mouvement est facile à suivre. Par exemple (fig. 403) nous avons une n mouillée tout à fait dentale (2, 6-8), la pointe de la langue touchant les alvéoles; une autre, qui l'est moins (i), le dos de la langue s'étant portée en arrière, et la pointe ayant pris son point d'appui derrière les dents d'en bas; une troisième tout à fait gutturale (5), le dos de la langue seul ayant touché le palais dans la région du g. Nous ne pouvons pas suivre plus loin l'évolution. Mais le Je et le | ^ nous en présentent une plus complète (fig. 407). Nous voyons d'abord un J en marche pour quitter la région des gutturales (pake (i), siiim (2) dans le parisien vulgaire, iê « cuit » (3) à Saint-Benoît-des-Ondes) et un | qui est en train d'y entrer (a tigh à te « sa maison », et iig 'tic- « viens » (4) en irlandais). — Rapprochons-en « tiens bon ! » (fig. 402) qui est déjà presque un J.
Dans cette marche convergente, il doit arriver un moment où l'oreille, déroutée, ne sait plus distinguer, au milieu de la mouillure, l'élément guttural ou dental. C'est en effet ce qui a lieu. Et même le sens musculaire est impuissant à compléter les impressions de l'oreille. Aussi voyonsnous non seulement les auditeurs, mais encore les sujets parlants eux-mêmes incapables de décider entre un k et un /, un g et un d. Ainsi un habitant de Roussay, c**" de Montfaucon (Maine-et-Loire), ne sait s'il dit anguille ou andille. Il écrira anguille, guidé par l'orthographe savante. Mais, si un équivalent français ne vient pas à son aide, il mettra au hasard soit / ou dy soit k ou g. Dans son glossaire, encore inédit, du patois angevin, M. Onillon insère les deux formes : tutille et tuquille « tatillon », îuiler et cuilefy tie et quie
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(d'un fuseau), dire et guire. M. Roussey, dans son glossaire de Bournois, ne sait pas non plus ce que sont en réalité les consonnes qu'il représente par^j, Ry, et il rend par la même graphie les produits de dy et de §y {^k « diète » et §^ 0 glace ») de t ou ty et de ky (^à « tuer » et kyâ « clef »).
Fig. 407.
Éctunge do guttunlcs et des demalei mt ). ^lenduBImi^ :(i. ). Paris (B); ;, llE-ci-ViUin*(N).
E (Ch) : Il punie ombrée reprèunte t
limite /;' et U ligne pleine iop*rieure, «, Le t «riii poiolintO)