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CORRÉLATION DE L'OPPOSITION DE L'OPPOSITION

Corrélation de tension Forte Douce

Corrélation d'intensité Lourde Légère

Corrélation vocale Sourde Sonore

Corrélation d'aspiration Aspirée Non aspirée

Corrélation de récursion Infraglottale Récursive

Corrélation de relâchement Explosive Injective

La question de savoir si le terme k fort » ou le terme « faible » dune corrélation de mode de franchissement du second degré

logiques russes). La même expression est également employée aujourd'hui dans la littérature indianiste, d'abord par R. L. Turner dans le Bulletin of ihe School of Orient. Stud. III, 301 et suiv. (à propos, semble-t-il toutefois, d'occlusives " injectives ») et ensuite tout récemment par le linguiste hindou Sunitî Kumar Chattarji, dans " Recursives in New-Indo-Aryan », Pub. by Ihe Linguistic Society of India, Lahore, 1936.

(1) On a en vue ici les occlusives que les phonéticiens anglais appellent « injectives ». Après leur implosion la glotte est fermée et abaissée, ce qui produit une raréfaction de l'air dans l'espace compris entre la bouche et la glotte fermée. Ensuite l'occlusion buccale est dénouée sans l'aide de l'expiration, par le seul travail actif des organes buccaux correspondants et l'air se précipite de l'extérieur dans l'espace buccal, mais il en est aussitôt chassé par l'expiration normale qui se produit alors.

(2) Léonard Bloomfield (<- Notes on the Fox Language », International Journal of American Linguistics III, 219 et suiv.) traite les consonnes préaspirées comme des groupes : hp, ht, hk, hc. En hopi devant les consonnes préaspirées ^p, ^, °k, ^kn, ^q, ^c aucune voyelle longue n'est admise, ce qui d'après les règles de cette langue paraît prouver qu'ici également les « consonnes préaspirées » doivent être considérées comme des groupes de consonnes.

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est le terme non marqué ne peut être décidée objectivement en dernière analyse que par le fonctionnement du système phonologique dont il s'agit. Le terme dont le mode d'articulation s'écarte le moins de la respiration normale a une absence « naturelle » de marque dans toute corrélation de mode de franchissement. Il va de soi que le terme opposé est alors marqué. A ce point de vue général ou « naturel » le terme marqué dans la corrélation de tension est la consonne forte, dans la corrélation d'intensité la consonne lourde, dans la corrélation vocale la sonore, dans la corrélation d'aspiration l'aspirée, dans la corrélation de récursion la récursive, dans la corrélation de dénouement l'injective. En tenant compte de cela on peut dans beaucoup de cas douteux déterminer la nature phonologique d'une corrélation de mode de franchissement du second degré. Dans une langue où les douces sonores forment avec les fortes sourdes une opposition neutralisable dont l'archiphonème est représenté dans la position de neutralisation par la forte sourde, il s'agit de la corrélation vocale, c'est-à-dire que phonologiquement il n'y a ici d'essentiel que l'opposition entre consonnes sonores et sourdes, tandis que la différence entre la tension et la détente de la musculature buccale est un phénomène accessoire, non essentiel au point de vue phonologique. Dans une langue où une douce récursive s'oppose à une forte aspirée, il s'agit de la corrélation de récursion si l'archiphonème est représenté dans la position de neutralisation par la forte aspirée, etc. (l'est seulement là où le système phonologique en question contient des indications directes sur une autre répartition « non naturelle » du caractère marqué et du caractère non marqué des termes de l'opposition qu'on peut renoncer à cette manière de voir « naturelle ».

De ces considérations générales, il résulte par ex. qu'en russe, polonais, lithuanien, tchèque, slovaque, etc., où la forte sourde fonctionne dans la position de neutralisation comme archiphonème, il existe une corrélation, vocale. Par contre en lapon où les archiphonèmes de la corrélation de franchissement du second degré neutralisée sont représentés à l'initiale par des douces, il s'agit évidemment d'une corrélation de tension. Il en va de même en haut-allemand où les bruyantes ne présentent ni sonorité ni aspiration et où la tension des organes buccaux est le seul procédé de différenciation. Mais là où plusieurs principes de différenciation sont combinés entre eux et où la corrélation en question n'est pas neutra-

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lisable, ou bien où la nature de sa neutralisation ne donne aucune indication sur le caractère marqué ou non marqué des termes de Topposition, l'exacte détermination de la nature dune corrélation de mode de franchissement du second degré est à proprement parler impossible. P, i, k anglais sont aspirés devant voyelle accentuée, mais en général ce sont des fortes sourdes non aspirées : b, d, g sont au contraire toujours des douces sonores ; la corrélation est neutralisée d'une part devant les bruyantes (le représentant de Tarchiphonème étant conditionné extérieurement) et d'autre part après un s (les archiphonèmes étant alors représentés par des douces sourdes, c'est-à-dire par le moyen terme phonétique entre les deux termes de l'opposition; : il est par conséquent impossible de dire s'il existe en anglais, une corrélation de tension ou une corrélation vocale. Mutatis mutandis il en va de même pour l'allemand littéraire, le français, le hongrois, le serbo-croate, etc., où des fortes sourdes s'opposent à des douces sonores et où la manière dont ces oppositions sont neutralisées n'enseigne rien sur leur nature. En danois la situation est également peu claire : il est vrai que la corrélation vocale n'est pas en cause ici car les bruyantes danoises sont toutes sourdes, mais des fortes aspirées s'opposent en danois à des douces non aspirées et ces dernières représentent les archiphonèmes dans les positions de neutralisation de sorte qu'on ne sait pas si l'on doit poser ici une corrélation d'aspiration ou une corrélation de tension. En achoumawi, d'après H. .J. Uldall [Iniernaiion. Journ. oj American Linguislics VIII. 1933, 74) deux classes d'occlusives s'opposent l'une à l'autre : la première est réalisée par des sourdes aspirées, l'autre par contre est réalisée facultativement par des sonores, par des douces sourdes ou par des récursives. Des rapports de ce genre régnent dans de très nombreuses langues, et dans de tels cas, il paraît préférable d'appeler la corrélation simplement une corrélation de mode de franchissement du second degré et d'appeler les termes de l'opposition simplement « terme fort » et « terme faible ». Là où à l'intérieur d'un même degré d'obstacle on distingue phonologiquement plus de deux modes de franchissement, la situation est d'habitude beaucoup plus claire. Bien entendu, même dans des cas de ce genre une certaine indétermination n'est pas exclue, au moins en ce qui concerne une des composantes du faisceau corrélatif.

La différenciation des phonèmes d'un degré d'obstacle

l'UI.NCIPES DE PHONOLOGIE 169'

par des corrélations de mode de franchissement du second degré est d'autant plus forte que le degré d'obstacle est plus élevé. Autrement dit les occlusives présentent d'habitude plus de classes de mode de franchissement que les fricatives et celles-ci plus que les sonantes. Sans doute cela n'est pas une règle, mais une tendance générale :

V.) Dans un système consonantique à deux degrés, comme par ex. dans le système du nouba oriental mentionné cidessus, les occlusives sont séparées en deux classes par une corrélation de mode de franchissement du second degré (6-p, d-l, d-t, 'g-k, j-c) tandis que les sonantes ne forment qu'une classe de mode de franchissement [w, r, /, y, y; niy n, o, n). Dans beaucoup de langues où les trois degrés d'obstacle sont tous les trois représentés, les occlusives se divisent en deux classes de mode de franchissement, tandis que les fricatives et les sonantes ne forment qu'une classe : il en est par ex. ainsi en danois (occlusives b-p, d-t, g-k ; spirantes /, s ; sonantes r, /, /, y, S, y; m, n, o) ; dans la langue maya en Yucatan (occlusives p-p\ i-i\ c-c\ c-c\ k-k\ à ; fricatives s, s, h; sonantes m, n, w, /, jY ; en samoyède yourak (occlusives b-p, d-i, g-k, c, 6 ; spirantes s, h; sonantes m, n, K), n, w, /, r, jy ; en lamba (occlusives b-p, d-t, g-k, d-l, fricatives /, s, §; sonantes m, n, », n, r, t, v)^, etc. Dans d'autres langues les spirantes se divisent en deux classes de mode de franchissement comme les occlusives, tandis que les sonantes ne connaissent pas cette différenciation. Cela pourrait être le type de système consonantique le plus fréquent : en Europe, il est représenté par l'anglais, le français, le hollandais, le russe, l'allemand, le lithuanien, le letton, le polonais, le blanc-russe, l'ukrainien, le slovaque, le tchèque, le hongrois,, le roumain, le serbo-croate, le bulgare, l'italien, etc.^, mais

(1) Benjamin Lee Whorf, «The Phonetie Value of Certain Characters in Maya Writing », Papers of Ihe Peabodij Muséum of American Archeologij and EUinolorjij, Harœard Uniuersity, XIII (1933), n» 2, note 3.

(2) G. N. Prokofjev, « Neneckij (juraksko-samojedskij) jazyk » dans JaTijhi i pis'mennosV narodov Severa I, 13.

(3) Clément M. Doke, «A Study of Lamba Phonetics », Banhi Siudies, .July 1928.

(4) Il est difTîcile de dire si le grec moderne appartient à ce type. Cela dépend du fait de savoir si les occlusives sonores du grec moderne b, d, g doivent être considérés comme des phonèmes particuliers ou seulement comme des variantes combinatoires. A l'intérieur du mot, elles n'apparaissent qu'après nasale, position dans laquelle ne sont admises ni tt, t, x ni les spirantes sonores |3, S, y. A l'initiale h, d, g n'apparaissent que dans des mots étrangers, dont il est difTiciiede dire dans quelle mesure ils sont assimilés.

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il n'est pas rare non plus dans les autres parties du monde. Par contre, il est difficile de trouver une langue où non seulement les occlusives et les fricatives, mais aussi les sonantes soient différenciées par la même corrélation de mode de franchissement du second degré. Là où chacun des trois degrés d'obstacle se divise en deux classes de franchissement, il existe ou bien une corrélation de mode de franchissement du second degré différente pour chaque degré d'obstacle (par ex. dans le dialecte écossais-gaélique de l'île Barra où les occlusives sont séparées en deux classes de mode de franchissement par la corrélation d'aspiration, de même que les fricatives par la corrélation vocale, et les sonantes par la corrélation d'intensité)^, ou bien au moins les sonantes ne présentent pas la même corrélation que les occlusives et les fricatives (par ex. dans le dialecte albanais septentrional de Scutari où les occlusives et les fricatives sont différenciées par la corrélation vocale et les sonantes par la corrélation d'intensité)^. Parmi les langues que nous connaissons seul l'irlandais présente une seule et même corrélation de mode de franchissement, à savoir la corrélation vocale, dans les trois degrés d'obstacle et offre en plus cette particularité remarquable que ses sonantes participent non seulement à cette corrrélation, mais aussi à la corrélation d'intensité, de sorte que dans cette langue le nombre des classes de mode de franchissement est plus grand dans les sonantes que dans les bruyantes^.

Dans les systèmes consonantiques où les occlusives et les spirantes se divisent en deux classes de mode de franchissement, il doit théoriquement exister dans chaque série de localisation (contenant aussi bien des occlusives que des fricatives), quatre bruyantes. Cela se réalise effectivement dans beaucoup de langues, comme par ex. dans le dialecte albanais septentrional de Scutari mentionné ci-dessus. Toutefois les séries de localisation avec corrélation de rapprochement présentent très souvent non pas quatre, mais trois bruyantes. C'est par ex. le cas en tchèque où dz, di, et g n'apparaissent que dans des mots étrangers : p-6, i-d, V-d\ f-v ; k-ch-h. c-s-z, c-s-z. Les mêmes rapports existent

(1) Garl H. Borgstrôm, «The Dialect of Barra in the Outer Hébrides i, Norsk. Tidskr. for Sproguid. VIII (1935).

(2) G. S. Lowman dans Language VIII (1932), 271-293.

(3) Voir par ex. Alf Sommerfelt, « Tlie Dialect of Torr Co. Donegal » I {Christiania 1922).

dans le dialecte cakave du serbo-croate [p-b, i-d, l-d, f-v, k-x-y, c-s-z, c-s-i), en mordve-erza [p-b, i-d, V-d\ k-g, c-s-z, c'-s'-z', c-s-z)^, en haut sorabe [p-b-, i-d, c-dz, k-x-h, c-s-z, c-s-z), en kinyarwanda {p-b, i-d, k-g, c-s-z, c-s-z, p-f-v)^, etc. Il s'agit donc d'un phénomène qui se répète dans beaucoup de langues historiquement indépendantes les unes des autres, et qui doit avoir par conséquent une cause plus profonde. Au même type appartient également le hollandais où la seule série de localisation ayant la corrélation de rapprochement, à savoir la série dorsale, est également la seule à laquelle manque une occlusive faible^. Il est à supposer que dans tous ces cas la corrélation de rapprochement se combine avec une corrélation de mode de franchissement du second degré pour former un « faisceau à trois termes )). Le phonème qui pour ainsi dire « relie » tout le faisceau est alors le phonème fricatif fort. Mais il y a également des faisceaux d'un autre type qui consistent dans la liaison de la corrélation de rapprochement et d'une corrélation de mode de franchissement du second degré. En néo-avestique existait nettement une corrélation de rapprochement p-f, f-6, k-x, c-s. Mais il existait aussi une corrélation de mode de franchissement du second degré, qui ne peut pas être déterminée d'une façon plus précise (c'était vraisemblablement la corrélation vocale). Quoi qu'il en soit, l'occlusion ou le rapprochement étaient phonologiquement non pertinents pour les termes faibles des oppositions de cette corrélation, car ils étaient réalisés à l'initiale comme des occlusives, mais au contraire comme des fricatives en position intervocalique. Ils peuvent donc être considérés comme les partenaires faibles, aussi bien vis-à-vis de p, i, k, ë que vis-à-vis de /, 6, x, s (seul le rapport s-z de la série s est univalent, car il n'existe pas d'occlusive forte correspondante). En tchérémisse il existe dans les séries de localisation sifflantes des faisceaux à trois termes [c-s-z, c-s-z, c-s-z) et dans les autres séries des paires de phonèmes consistant en une occlusive forte et en une fricative faible (p-^, ?-S, k-y) ; après les nasales toutes ces oppositions sont neutralisées dans toutes

(1) D. V. Bubrich, < Zvuki i formy erz'anskoj reci » (Moscou 1930), de même ■que N. S. Troubetzkoy, « Das mordwinische phonologische System verglichen

mit dem Russischen », Charisleria Guilelmo Mathesio (Praha 1932), 21 et suiv.

(2) P. P. Schumacher dans Anlhropos XXVI.

(3) En allemand la situation est plus compliquée ; il manque dans les séries labio-dentale et sifflante l'occlusive faible (pf-f-w, iz-ss-s), mais dans la série ■dorsale la fricative faible (k-g-ch).

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les séries, les occlusives faibles fonctionnant en cette position comme représentants des archiphonèmes ; à l'initiale l'opposition p-^ est maintenue, mais les oppositions /-§ et A-y sont neutralisées et représentées par les archiphonèmes tf k, tandis que les séries sifflantes présentent à l'initiale des occlusives fortes et des fricatives fortes fc-s, c-s, c-s). Il semble donc n'exister dans cette langue une véritable corrélation de rapprochement que dans les séries de localisation sifflantes, tandis que dans les autres séries le caractère occlusif du terme fort de l'opposition et le caractère spirant du terme faible doivent être considérés comme accessoires : dans ces séries de localisation (c'est-à-dire dans les labiales,, les apicales et les dorsales) il s'agirait de « bruyantes en général » qui sont différenciées par une seule corrélation de franchissement du second degré. Dans certains dialectes Slovènes à côté des faisceaux à trois termes c-s-z, c-s-z, k-x-y, il existe dans les autres séries de localisation des paires de phonèmes consistant en une occlusive sourde et en une fricative sonore (p-p, i-S). En finale les spirantes sonores sont ici remplacées par des sourdes, de sorte que la corrélation de rapprochement apparaît dans toutes les séries sous sa forme pure : p-f. /-6, /r-j-, c-s, c-s. Par conséquent pour les bruyantes labiales et dentales seule la corrélation de rapprochement est ici phonologiquement pertinente, la corrélation vocale ne l'étant par contre que pour les spirantes des deux séries sifflantes et de la série dorsale : c'est-à-dire qu'existerait dans cette langue le cas fort rare où les spirantes présentent plus de classes de mode de franchissement que les occlusives.

Tous ces phénomènes montrent que, bien que la corrélation de rapprochement soit une corrélation de franchissement du premier degré, cependant elle est apparentée dans beaucoup de langues d'une façon particulièrement étroite à la corrélation de mode de franchissement du second degré, ce qui paraît être la condition préalable et nécessaire d'« une formation en faisceaux ».

Les systèmes consonantiques dans lesquels les divers degrés d'obstacle sont différenciés par plusieurs corrélations de mode de franchissement ne sont pas rares dans le monde. Sans doute les langues européennes (à l'exception de quelques dialectes) ne présentent en principe pour chaque degré d'obstacle qu'au plus une corrélation de mode de franchissement du second degré, de sorte qu'il est souvent difficile de décider ce qui doit être considéré comme la marque de

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•corrélation. Mais dans beaucoup de langues des autres parties de la terre (ainsi que dans quelques dialectes européens) une seconde corrélation de mode de franchissement du second degré s'y associe et en outre, même dans ce cas, la tendance à une plus forte différenciation des « degrés supérieurs d'obstacle » se maintient.

^) Des langues ayant deux corrélations de mode de franchissement du second degré dans les occlusives et aucune de ces corrélations dans les fricatives et les sonantes sont attestées dans toutes les parties de la terre. On peut citer par ex. le dialecte chinois de Siang-tang (province de Hanang) : (occlusives b-p-p^, d-i-t^, g-k-k^, 9~^-^S^\ ^-c-c^^ fricatives ^, X, s, sonantes m, n, », n)^ et le haïda (occlusives b-p, d-i-V, g-k-k\ g-k-k', 3-c-c\ X-X-X', fricatives x, x, s, /, h, sonantes m, n, o, IL', /, y) 2. Le grec ancien appartenait également à ce type : d'une part n-^-cf», t-S-0, x-y-^, et d'autre part a, p,X, [x, V. Dans une autre série de langues, les occlusives présentent deux corrélations de mode de franchissement et les fricatives seulement une, tandis que les sonantes ne sont différenciées par aucune de ces corrélations. Comme exemple on peut citer le dialecte tsakonien du grec moderne (où les occlusives géminées sont devenues des aspirées, ce qui amène le système suivant : b-p-p^, d-l-l^, g-k-k^, 3-c; v-f, S-6, y-x, z-s, z-s ; r, /, r, /, m, n, »)^ ; le géorgien [b-p-p\ d-i-l\ g-k-k\ 3-c-c', ■3-c-d', k ; y-x, z-s, z-s ; y, r, /, m, n) ; le tibétain [b-p-p^, d-l-t^, g-k-h\ 3-c-c*', 3-c-c^, 6-h; z-s, 2-s ; m, n, », n, y, y, r, /)* ; l'amharique {b-p-p\ d-l-V , g-k-k', g-k-k\ -ê-c-c' ; z-s, z-s; m, n, n, r, l, w, ijY ; le chichewa dans le nord-est de la Rhodésie {h-p-p^, d-t-t", g-k-k^, 3-c-s\ 3-c, b-p; z-s, v-f; m, n, », n, ii\ l, y)^, etc.

(1) E. N. et A. A. Dragunov, « K latinizacii dialektov central'nogo Kitaja », Bull, de l'Acad. des Sciences de VU. R. S. S., classe des sciences sociales 1932, ^39 et suiv.

(2) R. J. Swanton dans Bull, of ihe Bureau of American Elhnologij, n° 40. 1210 et suiv.

(3) G. P. Anagnostopoulos, « Tsakonische Grammatik », Texte und Fors- •chungen zur Byzanlinisch-neugriechischen Philologie, n» 5, Berlin-Athènes 1920.

(4) H. A. Jâschke, « Tibetan Grammar », 2" édition {Trûbners Collection of Simplifted Grammar s VIII, 1883).

(5) Marcel Cohen, «Traité de langue Amharique » [Travaux et Mémoires de rinstilul d'Ethnologie XXIV, Paris 1936), 30 et suiv.

(6) Mark Hanna Watkins, « A Grammar of Chichewa, a Bantu Language » {Ling. Soc. of America, Language Dissertations, n° 24, 1937). Le phonème b est décrit par M. H. Watkins comme une fricative, mais d'après sa position ■dans le système, c'est une occlusive (afTriquée faible ?).

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D'autres langues encore présentent deux corrélations de mode de franchissement du second degré aussi bien dans les occlusives que dans les fricatives, tandis que les sonantes ne participent à aucune de ces corrélations : à ce type appartient par ex. le kabarde : b-p~p\ d-i-l\ g-k-k\ 3-c-c\ k-k% 6 -h; z-s-s\ v-f-f, l-i-f {-j-y-x, y-x, z-s, z-s, h)^. En birman les occlusives et les fricatives présentent deux corrélations de mode de franchissement du second degré, les sonantes par contre une seule de ces corrélations : b-p-p^, d-î-t^, g-k-k^y j-k-k^; z-s-s^ (+ S-e) ; m-m\ n-n\ id-d% l-l\ y-y' (+ iv) Tous ces cas confirment la règle selon laquelle les degrés d'obstacle les plus élevés tendent à une plus forte différenciation par des corrélations secondaires. Mais une exception cette règle est constituée par le tsimshian où les sonantes présentent les deux mêmes corrélations de mode de franchissement que les occlusives, tandis que les fricatives ne sont différenciées par aucune de ces corrélations : h-p-p\ d-i-V , g-k-k\ g-k-k\ g-k-k\ s-c-c' ; x, x, x, s, h; l-V-l\ w-w' y-y\ m-m\ n-n\ r^.

Les exemples allégués ci-dessus (et dont le nombre pourrait être facilement augmenté) paraissent indiquer que dans tous les systèmes où les occlusives (ou les bruyantes) sont différenciées par deux corrélations de mode de franchissement du second degré, l'une de ces corrélations est soit la corrélation d'aspiration, soit la corrélation de récursion, l'autre étant soit la corrélation de tension sous sa forme pure, soit une combinaison de la corrélation de tension et de la corrélation vocale («forte sourde » - «douce sonore »). Si l'on prend en considération le fait que le terme non marqué delà corrélation de récursion est habituellement réalisé aspiré (afin de souligner nettement son opposition avec la récursive articulée avec la glotte fermée et par conséquent avec très peu d'air) on doit remarquer l'étroite parenté existant entre la corrélation d'aspiration et la corrélation de récursion : elles ne se distinguent entre elles que par le fait que dans l'une le terme « fort » de l'opposition, dans l'autre le terme « faible » est le

(1) N. Jakovlev, « Tablicy fonetiki kabardinskogo jazyka » (Moscou 1932) La corrélation d'arrondissement dans les consonnes dorsales est ici laissée de côté.

(2) J. R. Firth, « Alphabet and Phonology in India and Birma », Bitllelin of Ihe School of Oriental Sliidies (1936), 533 ; nous avons toutefois laissé de côté la corrélation de timbre.

(3) Franz Boas dans Bull, of Ihe Bureau of American Elhnologij XL, 291.

terme marqué, ce qui se produit phonétiquement par une exagération de la « force » (par une pression énergique de l'air, c'est-à-dire par une aspiration) ou de la « faiblesse » (par diminution de la pression de l'air au moyen de l'occlusion glottale). En se combinant avec la corrélation de tension ou la corrélation vocale, la corrélation d'aspiration ou de récursion produit un faisceau à trois termes, dont les membres forment une série graduée. Si l'une des composantes de ce faisceau corrélatif est la corrélation d'aspiration, le terme «moyen» de la série graduée est la forte sourde non aspirée [d-l-V") ; si au contraire l'une des composantes du faisceau corrélatif est la corrélation de récursion, alors le terme « moyen « de la série graduée est la douce (sourde ou sonore) à expiration infraglottale [i-d-V). Dans toutes les langues où ces faisceaux à trois termes sont propres seulement aux occlusives et où les autres degrés d'obstacle ne sont différenciés que par une corrélation, cette corrélation est une de celles qui apparaissent également dans les occlusives (la plupart du temps la corrélation vocale combinée avec la corrélation de tension; i.

y) Les langues ayant plus de deux corrélations de mode de franchissement du second degré dans un même degré d'obstacle sont très rares. Les langues caucasiques orientales du Daghestan et les dialectes occidentaux de l'adyghé (kiakh-tcherkesse) présentent une combinaison de la corrélation de tension (ou de la corrélation vocale) avec la corrélation de récursion et avec la corrélation d'intensité. Dans les occlusives apparaissent les trois corrélations et elles produisent selon les langues différents faisceaux : en avar des faisceaux à cinq termes (bien entendu pas dans toutes les séries : par ex. g-k-K-k'-K' mais d-t-V), en lakke des faisceaux à quatre termes [d-t-T-V], etc. Dans les fricatives la corrélation d'intensité apparaît dans toutes les langues du Daghestan à l'exception du kurine et du routoul ; dans la corrélation vocale l'opposition entre occlusives et spirantes est la plupart du temps sans importance et la corrélation de

(1) En shona (langue bantoue de la Rhodésie) il existe dans les occlusives un faisceau à trois termes » sourde, explosive sonore, injective sonore » (p-b-b' ; t-d-d'), tandis que dans les fricatives existe seulement la corrélation vocale, et que les sonantes n'ont aucune corrélation de mode de franchissement (voir Clément M. Doke, « A Comparative Study in Shona Phonetics » Johannisburg 1931). En principe la structure de ce système ne se distingue pas de celle du système décrit ci-dessus. La même observation vaut pour le système consonantique du « fulfuldé » (langue peul).

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