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récursion est tout à fait étrangère aux fricatives ^ Par contre, il existe dans les dialectes occidentaux de l'adyghé un faisceau à quatre termes dans les occlusives [d-i-V-T, etc.) tandis que dans les fricatives la corrélation vocale aussi bien que la corrélation de récursion sont phonologiquement pertinentes ; dans les séries sifflantes il semble qu'il en soit de même pour la corrélation d'intensité^. Ce qui est caractéristique dans toutes ces langues, c'est la non participation des sonantes I à ces trois corrélations de mode de franchissement du second degré ^. Les langues du Caucase septentrional présentent donc la tendance mentionnée ci-dessus à graduer le nombre des classes de mode de franchissement selon les degrés d'obstacle. Une combinaison de la corrélation vocale (ou de la corrélation de tension) avec la corrélation de récursion et la corrélation d'aspiration doit exister en dakota (langue de la famille siou ^n Amérique du Nord)^. Dans les occlusives ces trois corrélations forment un faisceau à quatre termes {b-p-p^-p\ d-t-t^-l\ g-k-k^-h' et la série défective c-c^-c' = è-c-c^-c' dans le dialecte ponka), mais la corrélation d'aspiration est étrangère aux fricatives {z-s-s\ z-s-s\ y-x) et les sonantes ne participent en général à aucune corrélation de mode de franchissement {m, n, w, y, /). En sindhi dans les occlusives les corrélations vocales, d'aspiration et de relâchement se combinent en un faisceau à cinq termes {p-p^-b-b^-b\ t-t^-d-d^-d\ k-k^-g-g^-g\ c-c'-j-j^-j* et la série défective t-i^-d-d^), les fricatives ne présentent que la corrélation vocale [f-v, s-z et s, h,x défectifs) et les sonantes n'ont aucune corrélation de mode de fran-
(1) Pour plus de détail, voir N. S. Troubetzkoy, « Die Konsonantensysteme der ostkaukasischen Sprachen », Caucasica VIII.
(2) N. Jakovlev, « Kurze Obersicht ûber die tscherkessischen (adyghischen) Dialekte und Sprachen », Caucasica VI (1930), 1 et suiv. ainsi que N. S. Troubetzkoy, « Erinnerungen an einen Aufenthalt bel den Tscherkessen des Kreises Tuapse », ibid. II, 5 et suiv.
(3) J'avais supposé qu'en tabassarane les sonantes participent à la corrélation d'intensité {Caucasica VIII, 25 et suiv.). Mais cela reposait sur une erreur : en réalité il s'agit ici de la corrélation de gémination, comme Morris Swadesh me l'a fait remarquer.
(4) Boas et Swanton dans Bull, of ihe Bureau of American Ethnology XL, 880. La corrélation d'aspiration n'avait pas été remarquée par les premiers observateurs du dakota, ce qui paraît indiquer que l'aspiration est très faible dans cette langue. Dans les langues du Caucase septentrional une aspiration faible de ce genre caractérise le terme non marqué de la corrélation de récursior et de la corrélation d'intensité. Il est donc possible qu'il existe en dakota noi pas la corrélation d'aspiration, mais la corrélation d'intensité.
chissement du second degrés Peut-être le nombre des exemples de combinaisons de trois (voire quatre) corrélations de mode de franchissement du second degré existant à l'intérieur d'un même degré d'obstacle pourrait-il être considérablement augmenté. Il n'y a toutefois aucun doute que des cas de ce genre sont extrêmement rares.
Pour conclure ce paragraphe relatif aux corrélations de mode de franchissement du second degré, nous allons donner quelques exemples intéressants qui montreront que la nature d'une corrélation est parfois modifiée à un tel point par le contexte du système auquel elle appartient qu'il en résulte des corrélations toutes nouvelles.
En bengali oriental existent (au moins à l'initiale du mot) les corrélations vocale, d'aspiration et de récursion ; la corrélation d'aspiration est limitée aux occlusives et la corrélation vocale aux bruyantes, tandis que la corrélation de récursion règne dans tous les degrés d'obstacle : p-b-p'-b'-p^, t-d-V -d' -t^ , t-d-Vd'-l^, k-g-k'-g'-k^, défectif c-3-c'-3' ; /-i'-/', x-y, s-s\ s; m-m\ n-n\ r-r\l-V^. La série de localisation sifflante est donc ici la seule où manque une occlusive aspirée. Si l'on prend en considération le fait que s ne possède aucun correspondant récursif (au contraire de / et de s), on peut supposer que s est l'aspirée de la série sifflante. En bengali oriental, dans la série de localisation sifflante, la corrélation d'aspiration serait donc remplacée par la corrélation de rapprochement (ce qui, remarquera-t-on accessoirement, est exact du point de vue diachronique).
Tandis qu'en bengali oriental il ne s'agit que d'une interprétation possible, il y a d'autres langues où l'assimiliation de l'opposition entre consonnes aspirées et non aspirées à l'opposition entre fricatives et occlusives est tout à fait évidente. Tel est le cas par exemple dans la langue tiva du pueblo de Taos (Nouveau-Mexique)', il y existe la corrélation vocale [b-p, d-t, g-k, l-l'), la corrélation de récursion (seulement dans les occlusives : p-p\ l-V , k-k\ c-c'), en outre la corrélation de rapprochement et la corrélation d'aspiration qui s'excluent réciproquement, de sorte que dans les séries labiales et apicales existe seulement l'opposition d'aspiration {p-p' , t-V), alors qu'au contraire dans les séries gutturale, gutturale arrondie, et sifflante existe seulement l'opposition ■de rapprochement {k-x, k-x, c-s). Dans des cas de ce genre on peut supposer qu'il ne s'agit pas de deux corrélations distinctes, mais d'une seule où l'un des termes est caractérisé par une occlusion énergique dont la rupture réclame tout l'air expiré, tandis que l'autre terme n'oppose au souffle expiratoire qu'im obstacle tout à fait faible qui, selon la série de localisation, peut être une occlusion lâche ou un rétrécissement. Cette corrélation serait donc plutôt à identifier avec la corrélation d'intensité et la langue du pueblo de Taos comporterait par conséquent une corrélation vocale, une corrélation de récursion et une corrélation d'intensité.
Le système consonantique de la langue sandavé (dans l'ancienne Afrique
(1) R. L. Turner, «The Sindhi Recursives or Voiced Stops Preceded by Glottal Closure », Bull, of the School of Oriental Sludies III, 301 et suiv.
(2) Suniti Kumar Chatterjee, « Recursives in New-Indo-Aryan ., Piibl. by llie LingiiisUc Hociely of India, Lahore.
(3) G. L. Trager, « Sa kJagwij av Sa pweblow av Taos (*nuw meksikow) » -Le Maiire Phonétique, 3« série, n"» 56, 59 et suiv.
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orientale allemande) présente un aspect très particulier et instructif. Otto DempfwollT à qui nous devons la description de cette langue^ donne la liste de consonnes suivante : a) douces sonores, b, d, g, 3, X (affriquée latérale) ; b) « douces demi-sonores » qui doivent êtçe identiques à « '6 », « 'rf », etc., du peul et par suite être considérées comme des « injectives » (6", d', g') ; c) fortes non aspirées p, l, k, c, X (affriquée latérale); d) fortes aspirées p^, l^, k^ (ce dernier dans un seul mot) ; e) récursives fortes k', c', X' ; f) récursives fortes avec détente «pressée» k', X* (ce ne sont peut-être que des variantes de k', X') ; g) fricatives sourdes /, x, s, i, h; h) nasales m, n, » et i) liquides r, /, ir, ij. En outre le sandavé possède des claquantes dont nous pouvons faire abstraction ici. Si nous examinons cette liste, nous remarquons que l'opposition entre les fortes des types c) et d) n'existe que dans les labiales et les dentales, tandis que par contre l'opposition entre les types e) et c) n'existe que dans les séries gutturale, sifflante et latérale. De plus il n'est pas diiïîcile de remarquer que les deux oppositions sont analogues : dans les deux cas xm son avec faible masse d'air expirée s'oppose à un son comportant une masse d'air expirée plus grande; dans les paires p-p", t-t^ ce résultat est atteint en ouvrant seulement un peu la glotte pour un des termes de l'opposition et en l'ouvrant au contraire largement pour l'autre ; dans les paires c-c\ X-X' il est atteint en fermant tout à fait la glotte pour un des termes de l'opposition et au contraire en ne la fermant pas pour l'autre. Dans la série gutturale l'opposition k-k' appartient à la même corrélation et si k^ et k' représentent réellement des phonèmes particuliers (ce dont on ne peut décider avec les matériaux de O. DempfwolfT), alors k^ est un renforcement de k et k^ un renforcement de k' ; quant à X* il doit évidemment être jugé de la même façon que k^. Si nous considérons les douces, nous voyons que b, d, g sont prononcés avec expiration et par contre b", d', g' sans expiration : cette opposition peut donc être ramenée à la même formule que les oppositions p-p^, t-t^ et k-k', c-c\ X-X' : d'un côté expiration pleine, non gênée, de l'autre côté gêne de V expiration, Vexpiration pleine ne s'effectiianl pas. Il existe par conséquent en sandavé aussi bien dans les douces que dans les fortes une corrélation particulière, dont la nature réside dans l'opposition d'occlusives avec expiration pleine, non gênée, et d'occlusives avec expiration non pleine, gênée. Les fricatives, les nasales et les liquides ne participent ni à cette corrélation, ni à aucune autre corrélation de mode de franchissement du second degré. Quant aux claquantes, elles se divisent en sonores, sourdes aspirées, sourdes avec détente « dure » et nasalisées, mais elles présentent au moins dans les sourdes l'opposition décrite ci-dessous entre l'expiration pleine et l'expiration gênée*. Selon les séries de localisation les phonèmes claquants
(1) « Die Sandawe », Abhandlungen des Hamburger Kolonialinstihils XXXIV (1916).
(2) Phonétiquement le claquement est tout à fait indépendant du souffle (et par suite de l'expiration). Mais les claquantes en sandavé ne se présentent jamais isolées : elles sont toujours accompagnées soit d'une détente « molle » c'est-à-dire sonore (qui alterne facultativement avec une sorte de g), soit d'une aspiration, soit d'une détente dure. Et comme ces groupements apparaissent tous également à l'initiale, où en général aucun groupe de consonnes n'est toléré, ils doivent par conséquent être considérés comme monophonématiques. Dans les séries claquantes « dentales » et « latérales », la claquante aspirée alterne facultativement avec le groupe « claquante -f A- », dans la série « cérébrale » (que nous appelons gutturale) la claquante aspirée est réaliséeexclusivement par le groupe « claquante -f/c ».
PrviNCIPKS DE PnONOI-OGIE
dvi samlavé se divisent d'après O. Dempfwolff en « latérales », « dentales » et « cérébrales ». Le rattarlicnKîiit des <-la([uantes latérales aux latérales X, X, X*, va de soi. La claquante dentale à détente dure doit d'après O. DempfwolCf être acoustiquement très semblable au Is', et de môme la claquante récursive cérébrale doit être dillicile à distinguer acoustiquement de /c* (op. cil., 10). Par conséquent les phonèmes clacjuants « dentaux » i)euvent être rangés dans la série silllante et les « cérébraux » dans la série gutturale (ceci suppose que ce qui est phonologiqucment pertinent pour les gutturale^ du sandavé ce n'est pas une partie déterminée ou une forme déterminée de la langue, mais seulement le contact entre une partie déterminée du palais et le dos de la langue ou la pointe de la langue recourbée en arrière). Le système consonanticiue du sandavé peut être représenté par le tableau de la p. 180 ci-dessous (en conservant la transcription employée par O. Dempfwolff)*,
Enfin on peut discuter encore le système consonanticjue du hottentot. Grâce à l'excellent travail de D. M. Bcach* on [lossède maintenant des indications sûres sur le nombre des phonèmes hottentots et sur les particularités essentielles de leur réalisation iihonéticpie ; il s'agit seulement d'établir les rapports existant entre ces phonèmes. Le hottentot (et plus particulièrement le dialecte nama) prescrite dans la série labiale seulement. une occlusive et une nasale, dans la série laryngale seulement une occlusive et une spirante. Au premier coup d'œil la série apicale paraît avoir la même structure que la série labiale (t:n = p. •m) et la série sifllante la même structure que la série laryngale (c:s = 6 :h). Mais cette impression est d'abord détruite par le fait que, alors que les autres occlusives du nama sont des douces sourdes sans ou pres(iue sans aspiration, l'occlusive affriquée sifflante c est énergiquement aspirée. Et deuxièmement la série gutturale du nama contredit jusqu'à un certain point l'interprétation ([Ui vient d'être donnée des autres séries de localisation : en effet cette série gtitturale possède non seulement une occlusive k réalisée comme une douce sourde sans aspiration et une spirante x, mais encore uju; aspirée kx énergiquement aspirée. Il est (^lair que le rapport kx:x est identiciue au ra[)port c:s. Mais comment le rapport k:kx doit-il être interprété ? Dans cette paire de phonèmes est-ce l'opposition entre explosive et affriquée ou l'ojjposition entre occlusive aspirée et non aspirée qui est phonologiciuement fiertinente ? L'aspiration ne peut pas être expliquée comme une conséquence phonétitiue de l'affrication, alors qu'au contraire l'alTrication jjeut être interprétée comme une conséqueni^e phonétique de l'aspiration énergique. Par conséquent il sera convenable de considérer nama kx (plus précisément kxh) comme une forte aspirée et l'affrication comme un phénomène phonétique accessoire. Mais comme le rapport kx:x doit évidemment en nama être assimilé au ra[)port c {=tsh): s, l'affrication du c {— ti^h) doit aussi être sans importance. En d'autres termes c (= ish) est une forte énergiquement aspirée qui est vis-ù-vis de la douce l dans le môme rapport que kx vis-à-vis de k. Il n'y a donc aucum motif pour poser en nama une série sifllante particulière : il n'y a ici qu'une série apiiale dont l'aspirée et la fricative sont réalisées sifflantes, tandis que la ténue non aspirée et la nasale sont au contraire réalisées comme des occlusives.
(1) En outre il n'est pas tenu compte des différences de timbre consonantique : toutes les bruyantes à l'exception des labiales apparaissent en sandavé sous deux variétés : arrondies (dir, kir, .sin, "kiv, etc.) et non arrondies.
(2) «The Phonctics of the Hottentot Language » (Cambridge 1938). Nous nous bornons ici au dialecte nama (avec lequel s'accorde pour l'essentiel le dialecte des Bergdama).
N. s. TROUBETZKOY
NOIiVSnVDOl
snvs
as
S31V9NAHVT
CLAQU.
LATÉI
SIMP.
-tj.
•*ji
SIFFLi
SIMP.