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(1) Après les nasales initiales, les seules consonnes tolérées sont les occlusives sonores à expiration non gênée de même point d'articulation ; de fait on trouve à l'initiale les groupes mb, ng et ndz, mais non pas le groupe nd. Cela prouve que n n'appartient pas à la série apicale, mais à la série sifflante.
non sifTlantes. En transcription phonolosrique kx et Is doivent être rendus par k^, f'', et du point de vue phonologique il n'existe quant à ces phonèmes aucune différence entre le nama et le korana où ces phonèmes sont réalisés effectivement comme des explosives aspirées non affriquées. Les résultats auxquels nous sommes parvenus peuvent être résumés de la façon suivante : le nama connaît dans les non claquantes : a) la corrélation d'aspiration ; b) la corrélation de rapprochement ; cj la corrélation nasale, la corrélation d'aspiration et la corrélation de rapprochement manquant dans la série labiale, et se confondant dans la série laryngale (où h peut être considéré aussi bien comme laryngale aspirée que comme laryngale spirante) ; quant à la corrélation nasale elle n'existe que dans les séries labiales et apicales. L'unique liquide r se trouve en dehors du système des corrélations. D"où le schéma :
En ce qui concerne les -éries claquantes, nous avons déjà vu ci-dessus (à propos de la corrélation de claquement) qu'en hottentot seules les séries apicales et gutturales participent à la corrélation de claquement^. Il a été également noté que les claquantes se divisent en « plosives » et en « affriquées ». Laissons provisoirement de côté cette opposition et occupons-nous des divers modes de franchissement qui existent dans chaque série claquante du nama. D'après D. M. Beach ces modes de franchissement sont au nombre de cinq : a) « le type plosif vélaire non sonore faible » (p. 82), b) « le type affriqué vélaire non sonore fort » (p. 83 et suiv.), c) « le type plosif glottal » (p. 84), d) « le type fricatif glottal » (p. 86) et e) « le type nasal » (p. 87). Il est clair que les claquantes nasales correspondent aux non claquantes nasales ; sans doute on ne peut parler d'une exacte correspondance que dans la série antérolinguale, car la série gutturale ne contient en nama aucune nasale ; mais des phénomènes symétriques de ce genre ne sont pas rares dans le système phonologique du nama où les phonèmes claquants présentent en général une forte différenciation. L'interprétation des autres types n'est pas difficile : les types c) et d) sont caractérisés par le fait qu'aussi bien l'occlusion linguale antérieure que l'occlusion linguale postérieure (c'est-à-dire aussi bien l'occlusion principale que l'occlusion accessoire) sont relâchées et qu'alors /'expiration nécessaire à l'articulation de la voyelle intervient avec attaque dure {6 ) dans c) et avec attaque souillée (h) dans d). Il est clair que le type c) correspond aux occlusives non
(1) Pour des langues comme le hottentot il serait peut-être convenable de remplacer l'expression «apicale» par celle d'« antérolinguale » et celle de «gutturale » par celle de « postérolinguale », en tenant compte de l'opposition qui régit les séries claquantes correspondantes.
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aspirées et que par contre le type d) correspond aux occlusives aspirées. Les types a) et b) sont caractérisés par le fait que l'expiration intervient après le relâchement de l'occlusion principale, mais avant le relâchement de l'occlusion accessoire de sorte qu'après le bruit spécifique de succion ou de claquement on entend dans le type a) un k et dans le type b) un kx qui sonnent à peu près comme k et kx normaux. Mais kx étant une aspirée, comme nous l'avons déjà vu, il existe entre les types a) et b) exactement le même rapport qu'entre c) et d). Comment doit être alors interprété le rapport a) : c) ou b) : d) ? De la description de D. M. Beach il résulte que dans les « types glottaux » c) et d) d'une part le relâchement des deux occlusions se termine plus vite et d'autre part l'intervention de l'expiration est différée plus longtemps que dans les « types vélaires » a) et b). La durée totale des claquantes du type a) doit être plus courte que celle des claquantes du type c) [op. cit. 117) de sorte que le retard de l'intervention expiratoire est en dernière analyse décisif pour le résultat acoustique^. Par conséquent on pourrait peut-être considérer le rapport entre les types a) ou b) et c) ou d) comme une corrélation d'intensité, les types avec intervention expiratoire accélérée a) et b) étant les termes « faibles » et les types à intervention expiratoire retardée c) et d) étant les termes « forts » de cette corrélation ^ Ce qui est le plus difiîcile, c'est l'interprétation phonologique de l'opposition entre les séries claquantes « plosives » et « affriquées ». Nous avons déjà vu que dans les séries non claquantes les affriquées ne sont qu'une réalisation phonétique des aspirées, de sorte que l'opposition entre k et « kx » (ou entre î et « is ») correspond dans les claquantes à l'opposition entre les types a) et b) ou entre c) et dj. L'opposition entre les séries claquantes plosives et affriquées n'a donc rien à voir avec cela, car les types a), b), c) et d) existent aussi bien dans les séries plosives que dans les séries affriquées. Mais on se demandera si l'opposition entre les séries claquantes plosives et affriquées ne peut pas être comparée à la corrélation de rapprochement des séries non claquantes : certes le parallélisme n'est pas complet : une spirante ou fricative réelle ne peut pas être émise dans les conditions phonétiques que suppose le claquement. Toute claquante doit commencer inconditionnellement par une occlusion, et cela doit être souligné comme quelque chose qui va de soi. Ce qui reste alors c'est l'opposition entre lé relâchement soudain ou explosif et le relâchement fricatif, qui n'est pas sans analogie avec l'opposition entre l'occlusion et le spirantisme. Les claquantes « dentales » affriquées ont quelque chose du type ts et peuvent par conséquent être considérées comme les correspondantes claquantes de s. Le rapport des claquantes « latérales » affriquées avec x est moins évident, de même que le rapport de la claquante « alvéolaire » ou « cérébrale » plosive avec k. Mais comme une claquante réellement vélaire est en somme impossible, il ne peut s'agir ici que d'une similitude relative. Et si l'on considère que dans les claquantes latérales le point de frottement est beaucoup
(1) D. M. Beach ne s'explique pas dans le passage cité sur le rapport de durée existant entre les types b) et d) : il se contente d'indiquer que les claquantes de ces deux types ont une plus longue durée que celles du type a).
(2) Dans la corrélation d'intensité consonantique les termes « faibles » des oppositions (c'est-à-dire les consonnes « légères ») sont naturellement non marqués ; dans la corrélation d'aspiration la même chose peut être dite des consonnes non aspirées. Cela concorde avec le fait que D. M. Beach considère les claquantes du type a) comme « les plus simples » (« the simplest clicks of Hottentot », 83) et qu'il ne les marque dans sa transcription d'aucun signe diacritique.
plus en arrière que dans les claquantes dentales, on pourra comparer ce rapport à celui qui existe entre s et œ^. Toutefois même si l'interprétation que nous proposons des séries claquantes afïriquées du hottentot est acceptée, il subsistera néanmoins dans le système des phonèmes une certaine asymétrie : tandis que les séries linguales non claquantes ne possèdent qu'une « fricative », les séries claquantes correspondantes présentent cinq affriquées ou fricatives différenciées par la corrélation nasale et par un faisceau comprenant la corrélation d'aspiration et la corrélation d'intensité. Le tableau suivant peut illustrer notre interprétation du système consonantique du nama. Nous y employons la