‹ Principes de phonologieChapitre 3 sur 60 · PREFACE DE A. MARTINET XI · texte numérisé non relu

PREFACE DE A. MARTINET XI

heures qu'on peut s'assimiler les principes de base de la phonologie. Une formation littéraire, qui est généralement celle des linguistes et même des ethnologues, n'est guère faite pour rendre immédiatement accessible l'opération d'abstraction qu'est l'analyse phonologique. En France notamment, l'enseignement traditionnel prépare fort bien les esprits au maniement de l'abstraction, mais assez mal à l'opération abstractivc elle-même. Mis en face d'une réalité concrète infiniment complexe, bien des sujets, parmi les plus intelligents, se sentent submergés. Trop avisés pour choisir au hasard certains aspects de cette réalité, ils préfèrent se réfugier dans le domaine des abstractions déjà dégagées, parce qu'il leur manque soit l'entraînement, soit les directives qui leur permettraient d'isoler, dans la masse infinie des faits, ceux qui seuls, dans le cadre de leurs préoccupations, sont décisifs et pertinents.

C'est pourquoi l'exposé substantiel de Troubetzkoy reste la meilleure initiation à la phonologie, à la fois pour ceux qui n'y cherchent qu'un principe de description, et pour les linguistes proprement dits qui trouveront, dans cette discipline, la méthode la plus susceptible de conduire à l'établissement d'une véritable science du langage.

André Martinet.

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