Types mixtes de neutralisation
Enfin dilïérents types de neutralisation conditionnés par la structure peuvent se combiner avec d'autres types conditionnés par le contexte. Dans les dialectes serbo-croates cakav de Novi^ et de Castoua^ l'opposition entre les centres de syllabe longs (à 2 mores) et les brefs (à une more) est neutralisée devant une syllabe à accent principal descendant (les archiphonèmes étant naturellement représentés par les centres de syllabe brefs), (-omme dans ces dialectes l'accent descendant est le terme marqué de l'opposition de variation tonique"* et que l'opposition de variation tonique n'existe que dans les centres de syllabe longs accentués, il s'agit là de la neutralisation d'une opposition dans le voisinage du terme marqué d'une opposition apparentée, c'est-à-dire de la neutralisation dissimilative et conditionnée pai* le contexte, du type d). Mais en même temps il s'agit aussi de la neutralisation d'une opposition dans une syllabe inaccentuée, c'est-à-dire de la neutralisation de type a) conditionnée par la structure et réductive. En tcherkesse (adyghé) l'opposition entre le phonème vocalique d'ouverture maxima (« a »j et le phonème vocalique d'ouverture moyenne (« e ») est neutralisée en certaines positions, la voyelle d'ouverture maxima « a », fonctionnant toujours comme représentant de
(1) Paavo Ravila, « Das Quaiilitatssyslem der seelappischen Mundart von Maattivuono ».
(2) Voir les matériaux dans A. Belic, « Zaïnetki po cakavskim govoram », IzvësHja II. OUI. Akad. Naiik XIV. 2 et N. S. Troubetzkoy, TCLP VI, 44 n. 13.
(3) Ante Dukic, « Marija Devica, ("'akaN si<a pjcsnia s lumaccm rijeôi i naglasa » (Zagreb 1935).
(4) Cela apparaît avec une particulière netteté dans le dialecte de Castoua. On a signalé plus haut (p. 239) les réalisations variées de l'accent montant dans ce dialecte (en opposition avec la réalisation unique de l'accent descendant, i[ui est indépendante de sa position dans la phrase). Ces réalisations variées paraissent indiquer que le contenu phonologique de l'accent montant est surtout négatif, c'est-à-dire que cet accent fonctionne comme terme non marqué de la corrélation de variation tonique. Mais alors l'accent descendant doit être dans ce dialecte le terme marqué de cette corrélation.
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l'archiphonème. Cela arrive : 1° en syllabe accentuée, si la syllabe voisine contient un e et '2° à l'initiale, sans égard à la voyelle de la syllabe voisine. Dans le premier cas, il s'agit d'une neutralisation de type h) conditionnée par le contexte et dissimilative, et dans le second cas d'un type de neutralisation conditionnée par la structure et centrifuge. En latin l'opposition entre u et o était neutralisée en syllabe finale devant nasale (c'est toujours u qui intervient comme archiphonème : on remarquera les terminaisons -um, -uni) : c'était une combinaison d'un type de neutralisation conditionnée par le contexte et assimilative avec un type de neutralisation conditionnée par la structure et centrifuge.