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est prononcée à l'initiale de morphème comme une gutturale alîriquée kx (écrite « kli ») et le même phénomène s'observe dans quelques dialectes de la langue bouriate (mongol bouriate), par ex. dans le dialecte alare^ ; dans le dialecte sosva du vogoule s est réalisé à linitiale du mot comme une espèce d'afïriquée « c b^, et dans le dialecte du nouba occidental déjà mentionné le phonème réalisé en général comme / est prononcé à l'initiale du mot comme une labiodentale affriquée p («pf »). Dans toutes ces langues les afïriquées en question sont exclusivement des variantes combinatoires des fricatives correspondantes et servent seulement à signaler le début du mot (ou du morphème^. L'i< attaque vocalique dure » est aussi un signe démarcatif aphonématique dans des langues comme l'allemand, les dialectes méridionaux du polonais, les dialectes bohémiens du tchèque, l'arménien, etc. : ce n'est pas un phonème, mais seulement « un type indépendant de prononciation » de la voyelle à l'initiale du morphème^. En finnois par contre l'occlusion glottale est un signe démarcatif phonématique : elle n'apparaît qu'après voyelle en fin de mot, mais en cette position elle se trouve en opposition distinctive par rapport à 1'» interruption douce de la voyelle » (par ex. vie' « conduit » — vie « il conduit »).
Enfin l'accentuation dite « non libre » ou « fixe » est également un sisne démarcatif aphonématique. Comme cette accentuation frappe toujours la même syllabe (ou la même more) dans tous les mots ayant le même nombre de syllabes (ou de mores), sa position ne peut pas différencier la signification des mots. Mais elle indique toujours dans quelle situation se trouve le prosodème accentué par rapport aux limites du mot^. Dans le plus grand nombre des langues à considérer, l'accent " non libre » 'dynamique) repose sur la première syllabe du mot : il en est ainsi en gaélique, en
(1) X. X. Poppe, '. Alarskij govor » [Malerialy kornissii po issledovanijn MongoVskoj i Tuvinskoj Narodnych Respiiblik II, Leningrad, Akad. Xauk SSSR, 1930).
(2) V. N. Cernecov, « Manzijskij (voeulVkij' jazyk » dans Jazijki i pin'mennosV narodov Severa I (1937), 171.
(3) En allemand cette même prononciation apparaît en outre à l'intérieur du mot en « position d'hiatus » (par ex. dans Thealer) ; toutefois les mots comportant une série de deux voyelles inanalysaMe morphologiquement ne sont en allemand que des mots étrangers. 11 existe donc là un cas d'emploi d'un signe démarcatif comme marque de mot étranger (voir ci-dessous).
(4, R. Jakobson, <■ O cesskom stiche ■ (Berlin 1923), 26 et suiv. et dans le- Mélanges... van Ginneken, 26 et suiv.
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islandais, en lapon, en finnois, en livonien, en haut-sorabe et partiellement en bas-sorabe, en tchèque, en slovaque, en hongrois, en Ichétchène, en darghine, en lakke, en samoyèdeyourak («nénèze»), en samoyède-tavgy (« nganassane »), en samoyède de l'Iénisséi (« énèze »), en vogoule, en yakoute, en mongol, en kalmouk, etc. Dans d'autres langues l'accent « lié » repose toujours sur la dernière syllabe, par ex. en arménien, dans le parler tavda du vogoule, dans la majorité des langues turques, en tubatoulabal (groupe shoshon de l'outo-aztèque), etc. Dans toutes ces langues l'accent dynamique indique donc à quelle syllabe le mot commence ou finit. Dans quelques autres langues l'accent « fixe d est séparé par un prosodème de la limite du mot, c'est-à-dire qu'il repose sur le deuxième ou sur l 'avant-dernier prosodème du mot. Cette espèce d'accent fixe n'est pas rare, mais ne semble apparaître que sur des domaines géographiquement limités. En Europe l'accentuation fixe de l'avant-dernière syllabe est représentée par le polonais (à l'exception des dialectes kachoubes), par les dialectes du tchèque et du slovaque voisins du polonais, et par les parlers orientaux du bassorabe^ ; en outre la même accentuation « pénultième » règne dans certains dialectes bulgares de Macédoine et d'Albanie^. Dans le polabe (maintenant disparu) l'accent reposait sur l'avant-dernière more du mot. Mais la zone d'extension la plus importante de l'accent expiratoire fixe sur l'avantdernière syllabe n'est pas en Europe, mais bien en Afrique où elle paraît embrasser toutes les langues bantoues. Quant à l'accentuation fixe du second prosodème, elle paraît être particulièrement répandue dans les langues américaines : il a déjà été question ci-dessus (en traitant des caractéristiques des langues qui comptent les mores) du païoute méridional et du maidou où l'accent expiratoire principal repose sur la deuxième more du mot (p. 203). Dans tous les cas où l'accent est séparé de la limite du mot par un prosodème, l'accent ne signalise pas immédiatement la frontière du mot, mais seulemont le voisinage de cette frontière, la distance entre l'accent et la frontière du mot ayant toujours la même grandeur. Il
(1) L. ècerba, « Vostocnoluzickojc narëôijc « (Petrograd 1915), 35 et siiiv. et Zd. Stieber, « Stosiiriki prokrewieAstwa jezykôw luzyckich » (Krakôw 1934), 70-et suiv.
(2) Parmi eux par ex. le dialecte de BoboStica : voir A. Mazon, « Documents, contes et chansons slaves de l'Albanie du Sud » (Paris 1936).
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existe encore des cas plus compliqués, comme par ex. l'accentuation fixe de la troisième syllabe à partir de la fm du mot dans certains dialectes bulgares de Macédoine^, ou l'accentuation en latin classique de l'avant-dernière more avant la syllabe finale. Tous ces modes d'accentuation réglée automatiquement par le nombre des prosodèmes sont inaptes à différencier la signification des couples de mots et servent seulement à signaliser l'approche de la frontière du mot, autrement dit ce sont des signes démarcatifs aphonématiques.
Dans la mesure où «l'accent fixe • indique une frontière de mot, il n'a à proprement parler im sens qu'à l'intérieur de la phrase. Dans une langue où la dernière syllabe de chaque mot est accentuée, et où la limite finale du mot est ainsi indiquée, cette accentuation finale de\"Tait à vrai dire être omise sur le dernier mot d'une phrase, car dans ce cas la limite finale du mot est suffisamment indiquée sans cela par la pause finale de la phrase. C'est le cas effectivement dans beaucoup de langues. D'après E. D. Polivanov-, en coréen chaque mot doit être accentué sur la syllabe finale, et seul le dernier mot de la phrase est accentué sur la syllabe initiale. En uzbek l'accent repose dans tous les mots sur la syllabe finale, et seules les formes verbales du prétérit ont l'accent principal sur la première syllabe, ce qui, d'après l'opinion très vraisemblable de Polivanov, est en rapport avec la particularité s^Titaxique bien connue des langues turques selon laquelle le parfait verbal se place à la fin de la phrase. Par la même particularité peut s'expliquer également le recul de l'accent dans certaines formes verbales du turc osmanli (par ex. au présent en -yor, dans les formes interrogatives, etc.'. En tchèque où l'accent fixe se place sur la première syllabe du mot. les conjonctions monosyllabiques comme a « et », ze * que », etc., ne sont pas accentuées, car elles commencent en général la phrase et le début de la phrase n'a pas besoin d'être indiqué. Bien entendu, dans la plupart des langues à accent fixe, les règles d'accentuation sont devenues si automatiques qu'on ne tient pas compte des limites de phrase*.