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Signes démarcatifs négatifs d aphonhnaliques

A) Signes uniques

Quand un phonème présente à l'initiale ou en finale une réalisation particulière, toute réalisation de ce phonème est ipso fado un signe démarcatif négatif. On a déjà mentionné ci-dessus que l'aspiration de p^, t, k^ doit être considérée en tamoul comme un signe démarcatif aphonématique positif, puisque cette réalisation n'apparaît qu'à l'initiale du mot : à l'inverse la réalisation des mêmes phonèmes comme des fricatives [v, 8, x ou h) doit être considérée comme un signe démarcatif aphonématique négatif, puisqu'elle n'apparaît qu'à l'intérieur du mot entre voyelles. En japonais où " g » est réalisé à l'initiale comme une bruyante sonore g et k l'intérieur du mot comme une nasale o, g est un signe démarcatif aphonématique positif et o un signe négatif. En coréen où l'c unique liquide » est réalisée en finale comme / et à l'intérieur du mot comme r, / est un signe démarcatif aphonématique positif et r un signe négatif. Dans beaucoup de langues turques de la Sibérie (par ex. dans les dialectes de l'Altaï, de la steppe Baraba, en téléoute, en chor, en dialecte kuàrik, etc.) toutes les bruyantes sont réalisées sourdes à l'initiale et en finale (comme q ou a;, k, p, i, s, s^ c ou c ou f), mais par contre réalisées sonores à l'intérieur du mot entre voyelles (comme y, g, b, d, z, i, 3)1, de sorte qu'elles deviennent alors des signes démarcatifs aphonématiques négatifs. De même en ostiak les bruyantes sont sourdes à l'initiale et en finale, mais plus ou moins sonores à l'intérieur du mot^. En allemand et en hongrois h est sourd à l'initiale (en hongrois aussi en finale), mais sonore à l'intérieur du mot entre voyelles fUhu, Oho!)\

B) Signes-groupes

r.e qui a été dit sur les signes unitaires vaut aussi pour les signes-groupes aphonématiques négatifs. Un signe-groupe

(1) W. Radloff, op. cit., 128 et suiv., 173 et suiv. et 199 et suiv.

(2) Toutefois ce n'est que facultatif, avec de fortes divergences individuelles : V. K. ètejnic dans Jazyki i pis'menno.sV narodov Severa I, 202.

(3) De même également en samoyède-yourak : G. N. Prolcofjev dans Jazyki i pis'mennosV narodov Severa I, 13.

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aphonématique positif a, en règle générale, à côté de lui un signe-groupe négatif. Ainsi en allemand la suite phonique « \ oyelle postérieure + ^ palatal» est le signe qu'entre ces deux sons existe une frontière de morphème, mais la suite phonique « voyelle postérieure -fg' vélaire (devant a) » indique la non-existence d'une limite entre voyelle et g; en anglais où la suite phonique « / sombre +voyelle » est un signe démarcatif aphonématique positif, la suite phonique « / clair +voyelle » indique qu'entre les deux éléments n'existe aucune frontière de mot. La plupart des exemples de signesgroupes allégués ci-dessus ont comme contre-partie des signes-groupes négatifs. Bien entendu il n'en est pas toujours ainsi. Dans une langue ayant un synharmonisme cohérent, la rupture du synharmonisme (par ex. la rencontre d'une voyelle antérieure et d'une consonne vélarisée) est un signe démarcatif positif ; mais la non rupture du synharmonisme n'a la valeur ni d'un signe positif, ni d'un signe négatif, car il est très possible que deux mots « à voyelle postérieure » ou deux mots « à voyelle antérieure » se trouvent l'un à côté de l'autre sans porter atteinte au synharmonisme.

Il faut ranger également parmi les signes-groupes aphonématiques négatifs, par ex. l'allongement en italien de la voyelle accentuée à l'intérieur du mot. On sait que cet allongement ne se produit jamais pour les voyelles accentuées finales, mais seulement pour les voyeiles accentuées des syllabes pénultièmes et antépénultièmes et en outre seulement devant une voyelle, devant une consonne intervocalique et devant les groupes « consonne 4- liquide (r, u, i)'». Si l'on tient compte du fait que la dernière syllabe du mot ne peut être accentuée en italien que si elle se termine par une voyelle et que d'autre part un mot italien ne peut commencer que par une voyelle, ou par une seule consonne, ou par un groupe « consonne + r, u, i » ou enfin par un groupe « s+consonne », alors le sens de l'allongement de la voyelle accentuée devient tout à fait clair. Cet allongement exclut l'existence d'une frontière de mot après la voyelle accentuée et n'intervient par conséquent que dans des positions phoniques où une frontière de mot pourrait être supposée, c'est-à-dire devant les sons et groupes de sons qui peuvent se trouver à l'initiale. Devant «m, n, /,r-f consonne » un allongement de la voyelle accentuée n'aurait pas de sens, car ces groupes après une voyelle accentuée sont déjà des signes-groupes négatifs et phonématiques. C'est seulement devant « s -j- consonne » que l'omission de l'allongement de la voyelle accentuée peut donner lieu à des incompréhensions : on pourrait par ex. analyser velocilà slraordinaria en velocilaslra ordinaria. Mais comme les mots commençant par «s (ou 5)-|-consonne » représentent im peu moins de 8 % de tous les mots ^italiens, les cas où existe la possibilité de telles incompréhensions sont très peu nombreux. L'allongement de la voyelle accentuée en italien reste donc un des plus importants signes-groupes aphonématiques négatifs.

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