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RÉFLEXIONS SUR LA MORPHONOLOGIE

morphèmes ; 2° l'étude des modifications phoniques combinatoires que les morphèmes subissent dans les groupes de morphèmes ; 3° l'étude des séries de mutations phoniques qui remplissent une fonction morphologique.

De ces trois parties seule la première vaut pour toutes les langues. Dans toutes les langues qui distinguent différentes catégories de morphèmes, les divers types de morphèmes possèdent des marques phoniques spéciales, qui sont différentes dans chaque langue. En particulier les morphèmesracines présentent des types de structure variés. On sait que les morphèmes-racines nominaux et verbaux des langues sémitiques consistent généralement en trois consonnes, tandis que pour les racines pronominales ces limitations ne valent pas. Mais des règles de ce genre se laissent aussi poser pour d'autres langues non sémitiques. Dans certaines langues du Caucase oriental par ex. les morphèmes-racines verbaux et pronominaux consistent toujours en une consonne, tandis que pour les morphèmes-racines nominaux ces limitations ne valent pas. Même dans les langues indo-européennes on trouve des règles semblables. Dans les langues slaves les morphèmesracines qui consistent en une seule consonne ne se trouvent que dans les racines pronominales ; des morphèmes-racines ne consistant qu'en une voyelle sans consonne n'apparaissent généralement pas dans les langues slaves d'aujourd'hui, si l'on met à part des traces comme u dans polonais obuc; en russe les morphèmes-racines nominaux et pronominaux doivent présenter une consonne en finale, etc. Également d'autres types de morphèmes (morphèmes-terminaisons, morphèmes-préfixes, morphèmes-suiïîxes, etc.) présentent dans chaque langue un nombre limité de types possibles de structure phonique. C'est la tâche de la morphonologie d'établir les types de structure phonique des différentes sortes de morphèmes^.

L'étude des modifications phoniques combinatoires des morphèmes, modifications conditionnées par les groupements de morphèmes, correspond à ce que dans la grammaire sanscrite on appelle « sandhi interne ». Cette partie de la morphonologie n'a pas pour toutes les langues la même

(1) En ce qui concerne les langues sans types de morphèmes difTérenciés (comme par ex. le chinois), il faut établir pour elles les types de mots phoniquement possibles, mais cela doit être fait non pas dans la mor[)honologie, mais dans un chapitre particulier de la phonologie.

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importance : dans certaines langues agglutinantes elle constitue (en même temps que l'étude de la structure phonique des morphèmes dont il vient d'être question) toute la morphonologie ; dans certaines autres, elle ne joue par contre aucun rôle.

Muiatis muîandis on peut dire également la même chose pour la troisième section de la morphonologie, à savoir l'étude des séries de mutations phoniques remplissant une fonction morphologique.

Très importante, en particulier pour cette partie de la morphonologie, est la stricte distinction entre phénomènes productifs et phénomènes improductifs — et en outre la spécialisation de fonction des différentes séries de mutations. L'examen de la morphonologie de la langue russe montre par ex. que dans cette langue les séries de mutations phoniques ne sont pas les mêmes dans les formes nominales que dans les formes verbales et qu'en outre il existe une grande différence entre les séries de mutations phoniques employées pour la morphologie paradigmatique et celles qui sont employées pour la morphologie dérivative. De semblables rapports existent dans beaucoup d'autres langues.

La modification de l'aspect phonique des morphèmes ne joue pas seulement un rôle dans les langues dites à flexion (par ex. dans les langues indo-européennes, sémitiques, caucasiques orientales, etc.). Il nous suffira d'indiquer que les langues ougriennes emploient morphologiquement les changements qualitatifs et quantitatifs des voyelles, et que les langues finnoises emploient de la même façon les mutations consonantiques. D'autre part il n'y a aucun doute que dans beaucoup de langues les morphèmes sont phoniquement inaltérés : pour de telles langues cette troisième partie de la morphonologie tombe naturellement.

La morphonologie est donc une partie de la grammaire qui joue un rôle important dans presque toutes les langues, mais qui n'a encore été étudiée dans presque aucune langue. L'étude de la morphonologie approfondira d'une façon notable la connaissance des langues. Il faut souligner en particulier l'importance de cette branche de la grammaire pour la typologie des langues. La vieille classification typologique des langues en isolantes, incorporantes (ou polysynthétiques), agglutinantes et flexionnelles est à beaucoup d'égards peu satisfaisante. La morphonologie, qui, comme on Fa déjà dit, est un terme de liaison entre la phonologie et la morphologie,

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est déjà par cette position centrale dans le système grammatical appelée la plupart du temps à fournir une caractéristique large du type propre à chaque langue ; peut-être ces types de langues fondés sur un point de vue morphonologiquc faciliteront-ils l'établissement d'une classification typologique rationnelle des langues du monde.

par N. S. Troubetzkoy

Les différences phoniques existant entre deux dialectes peuvent être de trois sortes : elles peuvent concerner le système phonologique, ou bien la réalisation phonétique des divers phonèmes, ou encore la répartition étymologique des phonèmes dans les mots. D'après cela nous parlerons de différences dialectales phonotogiques, phonétiques et étymologiques.

Les différences dialectales phonologiques se divisent à leur tour en différences d'inventaire et en différences de fonction. Il existe une différence phonologique d'inventaire quand un dialecte possède un phonème qui est inconnu d'un autre dialecte. Il existe une différence phonologique de fonction quand un phonème apparaît dans un dialecte en une position phonologique où il n'apparaît pas dans un autre dialecte. Une différence phonologique d'inventaire existe par ex. entre le grand-russe septentrional et le grand-russe méridional, le grand-russe septentrional possédant quatre phonèmes vocaliques inaccentués (ou réduits) û, ô, à, ï, tandis que le grand-russe méridional n'a que les trois phonèmes vocaliques inaccentués «, d, ï et ne connaît pas un ô inaccentué. Une différence phonologique de fonction existe par ex. entre divers dialectes du grand-russe méridional et moyen, parmi lesquels les uns n'admettent le phonème à qu'après consonne dure (c'est-à-dire non palatalisée), tandis que les autres l'admettent aussi bien après consonne dure qu'après consonne molle (c'est-à-dire palatalisée) ; dans ce deuxième groupe

(1) TCLP, IV (1931), pp. 228-234.

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existe à son tour une différence phonologique de fonction entre les dialectes où le à inaccentué après consonne molle ne peut apparaître qu'avant une consonne dure (type v'àduv'id'os) et ceux qui ne connaissent pas cette limitation (type v'àdu-v'àd'os), etc.

Les différences phonétiques peuvent être absolues, si elles concernent la prononciation d'un phonème en toutes positions, ou limitées (autrement dit combinatoires) si elles n'apparaissent qu'en certaines positions. Une différence phonétique absolue existe par ex. entre les dialectes polonais qui prononcent / comme / (/ reporté un peu vers l'arrière) et ceux qui prononcent / comme u ; une différence phonétique combinatoire existe par ex. entre les dialectes polonais méridionaux où / est palatalisé devant i (Vis w las) et les dialectes septentrionaux où / ne subit en cette position aucune modification (lis (\i las) .

On peut également dans les différences phoniques étymologiques distinguer deux types. Il y a des différences phoniques ét^^nologiques qui se trouvent en liaison avec des difïérences phonologiques de fonction : c'est-à-dire que si dans un dialecte la fonction d'un phonème déterminé est limitée en comparaison d'un autre dialecte, cela se produit habituellement au bénéfice d'un autre phonème plus employé (dans les positions où le premier phonème ne peut pas se trouver), ce par quoi la limitation de fonction du premier phonème se trouve pour ainsi dire compensée. Dans de tels cas on peut parler de difïérences étymologiques compensatoires. Mais dans d'autres cas où les difïérences étymologiques ne sont liées à aucune difïérence de fonction, on peut les appeler des différences étymologiques libres. Comme exemple d'une difïérence étymologique compensatoire, on pourrait alléguer le rapport existant entre les dialectes blancs-russes occidentaux et orientaux : tandis qu'en blanc-russe occidental le à bref inaccentué apparaît en toute position, il ne peut pas se trouver en blanc-russe oriental avant une syllabe ayant un à accentué, et dans les mots qui en blanc-russe occidental présentent un à dans la position susdite, leblanc-russe oriental a habituellement un ï. Comme exemple d'une difïérence étymologique libre, on peut alléguer les dialectes de Petite Pologne, dont les uns ont fait passer le « é rétréci » de l'ancien polonais à i et les autres (par ex. le dialecte de la principauté de Lowicz) à e : si l'on compare ces dialectes les uns aux autres et si l'on fait abstraction de toute explication historique, on peut seulement

préciser que dans quelques mots, là où les dialectes du premier groupe présentent le phonème i, ceux du deuxième groupe présentent le phonème e, sans que ce phénomène soit lié à aucune position phonique déterminée.

Jusqu'à maintenant la dialectologie opérait toujours avec des concepts diachroniques et par conséquent concevait toute diiïérence phonique comme le résultat d'un développement phonique divergent. Par réaction consciente contre la doctrine des lois phonétiques sans exception, la dialectologie moderne ou la géographie linguistique soutient que chaque mot isolé qui présente une modification phonique posséderait ses propres limites d'extension et que par conséquent les limites d'extension géographique d'une modification phonique ne pourraient jamais être tracées exactement et nettement.

Cette assertion repose sur le fait que les trois types de différences phoniques énumérées ci-dessus : phonologiques, phonétiques et étymologiques, ne sont habituellement pas distinguées.

La théorie de l'imprécision et de l'indécision des limites dialectales est entièrement exacte si l'on entend par différence dialectale exclusivement les différences phoniques étymologiques. Dans ces dernières il ne peut pas être quest,ion d'une complète régularité d'extension. A un domaine où la mutation phonique en question a été accomplie d'une façon suivie, c'est-à-dire où un ancien phonème (ou une ancienne combinaison de phonèmes) a été remplacé dans tous les mots en cause par un nouveau phonème, confinent d'habitude des régions où une partie des mots en question présentent un autre phonème que celui qu'on attend, sans qu'on puisse reconnaître la cause de ces « exceptions ». Cependant non loin de ces régions, il s'en trouve habituellement encore d'autres où ces « exceptions » forment déjà la « règle ». On peut donc dire qu'entre les domaines présentant une différence étymologique maxima (c'est-à-dire entre les domaines où la différence phonique en question concerne un nombre maximum de mots) il se trouve toujours des zones de transition où les divers mots présentent tantôt l'un tantôt l'autre des deux « traitements » en question de l'ancien phonème, les limites d'extension des formes phoniques différentes qu'ont les divers mots étant tout à fait indépendantes les unes des autres.

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Dans les différences phonéîiques. la situation est tout autre. Si un phonème dans deux dialectes est réalisé phonétiquement de deux façons différentes, cela doit arriver dans tous les mots où le phonème en question apparaît dans la même position — sinon les différents types de réalisations phonétiques recevraient dans la conscience linguistique une fonction difîérenciative et par suite une valeur phonologique, autrement dit la différence phonétique se changerait en une différence phonologique. Si quelquefois, même dans des différences dialectales phonétiques, il est difficile de tracer une limite exacte entre deux domaines, cela vient de ce que souvent, entre des régions ayant des réalisations phonétiques qui s'opposent au maximum, il se trouve soit une zone ayant une réalisation phonétique pour ainsi dire «moyenne» ou « médiane » de telle sorte que le passage d'un type de réalisation à l'autre est graduel, soit une zone où les deux réalisations phonétiques en question existent l'une à côté de l'autre comme variantes facultatives du même phonème. Mais dans les deux cas ce phénomène phonétique apparaît dans tous les mots qui contiennent le phonème en question. L'expression « zone de transition )> a donc ici un tout autre sens que quand il s'agit d'une différence étymologique.

Si nous nous reportons maintenant aux différences phonologiques, nous devons poser qu'en ce qui concerne celles-ci l'expression ■ zone de transition » ne peut être employée dans aucun sens. Un phonème ou une combinaison de phonèmes peut dans un dialecte exister ou non — mais il n'y a pas de troisième possibilité. Sans doute il arrive souvent que l'opposition phonologique existant dans un dialecte soit pour ainsi dire préparée par une opposition phonétique existant dans un dialecte voisin^, rvous avons mentionné ci-dessus l'opposition de blanc-russe occidental vàda-vàdi et de blancrusse oriental vida-vàdi. Au blanc-russe oriental proprement dit confinent des dialectes blancs-russes où a avant une syllabe ayant un à accentué est réalisé comme une voyelle neutre a qui n'est objectivement identique ni à / ni à d mais qui est senti par la conscience linguistique, non pas comme un phonème indépendant, mais comme une variante phonétique combinatoire du phonème à. Le domaine de la pronon-

(1) Ou à l'inverse qu'une difTérence phonologique dégénère dans une zone voisine en une différence phonétique : ces deux interprétations sont équivalentes d'un point de vue statique.

ciation vdda-vàdi peut en quelque sorte être considéré comme une zone de transition entre le blanc-russe oriental (vidavàdi) et le blanc-russe occidental (vàda-vàdi) — mais cela n'est exact que d'un point de vue purement phonétique : du point de vue phonologique cette zone appartient au blancrusse occidental. D'une façon plus précise la différence entre la zone du blanc-russe occidental pur et la zone de vdda-vàdi est simplement phonétique, tandis que la différence entre cette zone et celle du blanc-russe oriental est phonologique. Et alors que la délimitation vis-à-vis du blanc-russe occidental pur présente peut-être certaines difficultés (notamment à cause des nuances graduelles de transition entre a et a), la délimitation à l'égard du blanc-russe oriental est tout à fait simple : là où la voyelle^ de la première syllabe de vîda est sentie comme identique à la voyelle de la première syllabe de bïla, on est devant une phonologie du blanc-russe oriental ; là où ce n'est pas le cas on est devant une phonologie du blanc-russe occidental. Ainsi se présentent les choses dans tous les cas semblables. En opposition avec le caractère progressif des transitions phoniques qui rend difficile la délimitation des zones dialectales à différenciation phonétique, les différences phonologiques fournissent toujours des limites nettes et claires.

De ces considérations résultent des directives pour la cartographie des différences phoniques dialectales. Les différences étymologiques ne se laissent pas sans difficulté porter sur la carte sous forme d'une unique isoligne. Pour ces différences convient seulement une méthode de cartographie basée sur la géographie du mot : les isolignes de chaque mot isolé présentant la mutation phonique en question doivent être portées à part sur des cartes spéciales et ensuite ces cartes doivent être superposées ; sur les cartes synthétiques ainsi obtenues les isolignes communes (c'est-à-dire qui coïncident) apparaissent sous forme de traits épais et foncés, et celles qui ne coïncident pas sous forme de traits minces et pâles ; les zones de transition sont caractérisées par une accumulation de ces traits pâles, tandis que les régions présentant « une mutation phonique accomplie d'une façon suivie » sont nettes de ces lignes. — Les différences phonétiques peuvent très bien être portées sur la carte au moyen de différentes couleurs ou de différentes sortes de rayures, les zones phoniques de transition, c'est-à-dire cejles où deux prononciations se rencontrent facultativement l'une à côté

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de l'autre peuvent être indiquées par un mélange de couleurs ou par la réunion de deux sortes de rayures, de façon à exprimer symboliquement la transition graduelle des réalisations phonétiques. — Quant aux différences phonologiques elles peuvent être représentées sur la carte, soit dans leurs limites géographiques par des lignes simplement, clairement et nettement tracées, soit en zones phonologiques par différentes couleurs, soit en employant en même temps les deux procédés : en tout cas la cartographie des différences phonologiques est très facile, car on n'a à tenir compte d'aucune zone de transition.

Pour établir les différences étymologiques et leurs limites d'extension, on doit noter la prononciation dialectale des mêmes mots dans les différentes parties du domaine linguistique. Sur le questionnaire qui est préparé dans ce but figure la question : « Comment tel mot est-il prononcé dans le dialecte X ? ». Par conséquent l'étude des différences étymologiques suppose toujours l'existence d'une plus ou moins grande unité de vocabulaire. Cette recherche n'est donc possible qu'à l'intérieur d'une langue une, ou au moins à l'intérieur d"un groupe de langues étroitement apparentées.

L'établissement des différences phonétiques et de leurs limites nécessite l'étude des prononciations locales (c'est-àdire des réalisations phonétiques) du même phonème ; en outre il est naturellement tout à fait indifférent de choisir partout comme exemples les mêmes mots — mais il est essentiel de choisir des mots dans lesquels le dialecte donné présente le phonème en question. L'étude des différences phonétiques est donc indépendante de la nature du vocabulaire, mais elle suppose l'existence du même système phonologique dans tous les dialectes étudiés, ou au moins l'existence de systèmes semblables.

En étudiant les différences phonologiques il faut étudier pour chaque dialecte l'inventaire phonologique et les fonctions des divers phonèmes. Les questions auxquelles le dialectologue doit répondre sont : « Dans le dialecte X tel phonème se présente-t-il ? » et « dans quelles positions phpnologiques tel phonème est-il employé dans le dialecte X ? ». En outre il est tout à fait indifférent que tous les dialectes étudiés aient

le même vocabulaire et possèdent la même structure grammaticale. En opposition avec l'étude des différences étymologiques Véiude des différences phonologiques peut être poursuivie en dehors des limiles d'une langue et même en dehors des limites d'une famille de langues. De plus tout ce qui a été dit ci-dessus sur la cartographie des différences phonologiques reste valable quand il s'agit de l'étude de plusieurs langues.

Qu'un tel empiétement de la phonologie dialectale sur les limites des diverses langues (sans égard à la parenté linguistique) puisse être utile, cela ne fait aucun doute. Certains phénomènes phonologiques se répartissent géographiquement de telle sorte qu'ils apparaissent dans plusieurs langues non apparentées, mais géographiquement voisines, ou à l'inverse manquent dans des domaines géographiques plus grands occupés par différentes langues. R. Jakobson a démontré cela pour les oppositions de timbre consonantique et pour les oppositions de déroulement vocalique, mais on pourrait faire de même pour d'autres phénomènes phonologiques. Ainsi par ex. la corrélation de mode d'expiration « avec occlusion glottale — sans occlusion glottale » s'étend à toutes les langues du Caucase sans égard à leur origine : non seulement aux langues du Caucase septentrional et méridional, mais aussi aux langues indo-européennes et turques de cette région, tandis qu'elle n'apparaît en général ni en Europe, ni dans les parties voisines de l'Asie et de l'Eurasie. On peut établir de telle= zones géographiques d'extension pour divers phonèmes. Il est à remarquer en outre que les limites d'extension des phénomènes phonologiques ne coïncident pas toujours exactement avec les limites des langues et traversent très souvent le domaine d'une langue, de telle sorte que ces limites d'extension ne peuvent être établies que par une recherche de phonologie dialectale.

L'apparition de particularités phonologiques communes dans beaucoup de langues ou de dialectes voisins, mais non apparentés, a déjà été constatée à plusieurs reprises. Mais on a été trop pressé d'expliquer ces faits et l'on a employé à rette fin la théorie du substrat ou l'on a supposé l'influence d'une langue directrice. De telles interprétations sont sans valeur aussi longtemps qu'elles n'expliquent que des cas isolés. On fera mieux en général de faire provisoirement abstraction de toute explication jusqu'à ce que l'ensemble des matériaux soit réuni. Le rassemblement exhaustif des matériaux, l'éta-

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blissement des faits sont aujourd'hui d'actualité. Une description comparative des langues du monde au point de vue de la géographie phonologique est naaintenant à l'ordre du jour. Mais cela suppose décrite la phonologie dialectale des diverses langues.

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