CHAPITRE IV
Conditions de la vie. Organes indispensables, Unité dans l'action. Concordance et perfection dans la structure.
Nous ignorons ce que c’est que la vie, son essence nous est cachée ; mais nous voyons comment sont faits les corps vivans, comment se succèdent et s’enchaînent les phénomènes de la vie. Nous sommes forcés de borner là notre étude. |
Tous les corps vivans sont organisés; ce qui veut dire qu'ils sont formés de différentes parties agissant chacune à sa manière, et remplissant diverses fonctions : ce sont là comme Îles instrumens de la vie. L'ensemble de ces organes forme un tout parfait pour chaque être, et l'ensemble des actions que ces organes exercent compose la vie en ce qu'il nous est permis d'en connaître, La vie ne saurait exister sans le bon
état de tous les organes ; mais ces organes existent encore après que la vie a cessé d’être. Ce qui confond notre faible intelligence, c'est que nous ne voyons aucune différence entre les organes d’un corps vivant et les organes d’un corps qui vient de mourir. Nous voyons une machine à qui rien ne paraît manquer : d'où vient donc que son jeu a cessé ? tous les rouages en sont parfaits, il n’y manque que la main agissante de l’ouyrier. Nous en étudions les ressorts évidens après en avoir admiré le sublime mécanisme , mais le principe moteur nous échappe toujours.
Tous ces organes solides sont baignés par des fluides: qui séjournent ou circulent dans des espèces de canaux ; el canaux comme organes, en quelques êtres qu’on les observe, sont toujours formés d'un tissu celluleux à mailles plus ou moins serrées. Ce tissu à cellules, les vaisseaux qu’il compose, les fluides qui remplissent ces vaisseaux, voilà ce qu'ont de commun tous les organes en tous les corps vivans. Le reste de la structure diffère en chacun.
La plupart des êtres vivans ont des organes nom-— breux et des fonctions compliquées : plus les fonctions sont variées, plus la structure est complexe. Mais il existe une hiérarchie entre les fonctions comme entre les organes. Tous les corps vivansse nourrissent et se reproduisent, tous les animaux se meuvent spontanément au moins par quelques-unes de leurs parties, beaucoup respirent visiblement, l’homme pense : mais il est évident que le premier degré de loutes ces fonclions est la nutrition ; les autres phé= nomènes supposent toujours celui-là. Cherchons donc les organes de la nutrition; et si nous parvenons à les