CIIAP. XIV. MONSTRUOSITÉS VÉGÉTALES
vent de l'avortement d'un autre, mais la règle opposée est infiniment plus ordinaire.
11°. Ce que nous venons de dire s'applique aux métamorphoses. Il est difficile de dire, par exemple, si les bractées de l’Hortensia ne's’accroissent et ne se teisnent des plus belles couleurs que parce que ses fleurs véritables avortent, ou si l'avortement de ces dernières n’est dû qu'à l’excessif développement des autres. Le phénomène des fleurs doubles provient bien plutôt d'une métamorphose que d’un avortement ; car il n’a jamaislieu que dans les circonstances lcs plus propices au rapide accroissement des végétaux.
12° Lorsque deux organes ou deux parties se fondent pour n'en former qu'üne , il arrive alors presque toujours qu'il y a en même temps surcroît et diminution d'organes : deux fleurs ou deux graines soudées ont plus de parties qu'il n’en faudrait pour une seule, et moins que les deux ensemble. C'est ainsi que deux semences unies de dicotylédones, n’offrent que trois cotylédons, au lieu.de quatre, dans les deux embryons soudés qu’elles renferment( 1). Les monstres doubles d'animaux présentent des caractères absolument analogues. |
19°. Les organes floraux contigus sont les plus enclins à se métamorphoser les uns dans Îles autres ; ainsi le calice se change quelquefois en pétales colorés, les pétales deviennent étamines, les étamines
(x) Observation de M. Decandolle Bls, Rquel se montre déjà digue de porter un nom qu'ont pour toujours illustré les travaux de son père.
pistils ou même ovaires, ou de même en sens inverse. +
14°. Il est certain qu on a vu des étamines se changer tout à-fait ou partiellement en ovaires, c’est-àdire contenir des ovules avec ou sans pollen (1). On a vu pareillement des pistils se changer en étamines et porter des espèces d’anthères remplis de pollen. Les organes floraux peuvent donc se métamorphoser réciproquement les uns dans les autres ; tous peuvent de même se transformer en pétales; il n’y a pas jusqu'aux divisions du calice, jusqu'aux bractées, et qui plus est jusqu'aux feuilles de la tige, qui ne puissent ressembler aux pétales et en revêtir les brillantes couleurs. Il n’est pas, en outre, un seul de ces orsanes reproducteurs des plantes, pas même les semences, qu'on n'ait vu parfois se transformer en feuilles. De toutes ces observations -on conclut que ces organes sont tous de même nature, tous ressemblans aux feuilles; qu'enfin tout végétal ne se compose que de trois organes différemment configurés , savoir : la racine, la tige et les feuilles.