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CHAP. XIV. MONSTRUOSITÉS VÉGÉTALES

4°. Il existe pour chaque organe des plantes une sorte de symétrie qui peut indiquer les anomalies qu'elle éprouve : il y a pour chaque famille de végétaux un certain arrangement, un certain nombre arrêté d'organes, qui en font découvrir les transgressions. Ainsi les pétales , les sépales, les étamines, les pistils et les ovaires sont toujours dans des proportions relatives : le nombre des uns est tantôt pareil, tantôt double, tantôt multiple des autres. Outre cela les divisions du calice sont ordinairement parallèles à l’attache des étamines, les étamines alternent souvent avec les pétales et les pistls, et ces derniers, par conséquent, sont ordinairement parallèles aux pétales. |

5°. Les plantes dicotylédones ont une sorte de prédilection pour les nombres quatre et cinq, et leurs multiples : cinq ou quatre pétales; huit, cinq, dix, douze, vingt étamines ; quatre, cinq ou huit pistils , etc., sont, pour ces plantes, des proportions assez habituelles. Le nombre trois et ses multiples est surtout familier aux plantes monocotylédones ou endogènes. I} naît de là un nouveau moyen de découvrir des irrégularités, des soudures, des avortemens d'organes , un moyen de constater des anomalies.

6°. Ce qui serait régulier pour les plantes dicotylédones, est souvent irrégulier et monstrueux pour les monocotylédones.

7°. L'avortement d’un des organes floraux entraîne presque toujours à sa suite l’avortement d’autres organes, de sorte que les fleurs conservent leurs proportions et la plus parfaite symétrie au sein mème des plus grandes irrégularités, C’est ainsi, par exemple,

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qu'on retrouve sur une même lige des fleurs dont le calice a quatre divisions, la corolle quatre pétales, à huit'étamires et quatre pislils et ovaires; et d’autres fleurs à einq pistils, dix étamines, cinq pétales et cinq divisions au calice. La symétrie est par là conservce.

8°. Souvent une plante imparfaite au moment de son épanouissement, élait parfaite un peu auparavant. C’est absolument comme pour les animaux : les anomalies proviennent presque toujours de ce que les différentes parties n'ont pas fait parallèlement des progrès , de ce que plusieurs sont restées stationnaires à des âges différens.

0”. On prend souvent pour un état régulier, dans les plantes, une monstruosité habituelle, et l’on resarde, au contraire, comme anonralie, une simple restitution de l'état régulier et primitif. Ce qu'on appelle Pélorie dans plusieurs fleurs, n’est point une monstruôsilé; c’est tout simplement la crue achevée, le développement régularisé d’étamines habituellemént avortées. |

10°. Il est commun que deux organes ne se fondent: entre eux qu’en conséquence de ce qu’une autre partie ne s’est pas accrue ; il est de même ordinaire qu'une. partie n’avorte que parce que d’autres parties abreuvées des mêmes sucs se sont rapidement accrues. Ainsi, les bourgeons médians de certains arbres avortent par suite de l’élongation rapide des bourgeons latéraux; mais si ces derniers sont détruits où empêchés, alors le bourgeon central se développe. I est bien vrai que, dans ce balancement des organes voisins, l’extrème développement de l'un dépend sou-

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