‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 122 sur 141 · CHAP. VIIT. PROGRÈS ET'SUITE DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

CHAP. VIIT. PROGRÈS ET'SUITE DE LA DIGESTION

chyle, ne rien laisser à désirer à'cet égard , nous serait impossible ; nous aimons mieux mésatisfaire la curiosité du lecteur qu'induire son esprit à errer, en exposant comme faits avérés, de pures conjectures. En examinant avec soin , et à l'œil nu, l’intérieur de l'intestin au moment où le chyle est déjà tout formé , on voit, à la surface de la membrane intestipale , de petites éminences ou villosités comme spon-. gieuses, qui paraissent s'ériger et se remplir de liquide : si on comprime ces villosités, il en sort du chyle. On a examiné ces petits monticules au moyen du microscope, et l'on y a découvert les ramilications extrèmement rombreuses de divers vaisseaux ; on a a cru voir en outre, à leur surface, de très-petits pores, comme qui dirait des piqüres d’aiguilles, et l’on a dû penser que ce pouvait être là l’origine de ces vaisseaux blancs, dits lactés , ou chylifères, dans l'intérieur desquels on trouve incontestablement du chyle , là où on les voit serpenter dans l'épaisseur du mésentère. Ajoutons cependant que Spallanzani a observé des pores analogues dans l’intérieur de l'es: tomac de l'aigle , et qu'il n’a vu dans ces étroits pertuis que l'issue probable des sucs gastriques. Mais que ces orifices qu'on a cru voir à la surface de l’intestin soient réellement l'ouverture absorbante des vaisseaux du chyle, ou qu'il en soit autrement, toujours est-il raisonnable d'admettre qu'il doit.exister quelque chose d’analogue , et que c’est par de petites bouches de cette nature que le chyle se trouve pompé ou absorbé à la surface de l'intestin, Quelques personnes n'ont vu quun pur effet d’imbibition toute physique et#toute inerte dans ce phénomène , et elles

ont appuyé leur opinion sur ce que l'absorption du chyle persévère quelques instans encore après la mort.

. Quel que soit le sabre selon lequel se fait l'absorption du chyle , il estsür qu’on voit ce liquide dans les petits vaisseaux blancs qui parcourent le mésentère, entre les deux feuillets du péritoine dont ce repli membraneux est formé ; il est sûr que ces vaisseaux traversent les corps glanduleux qui chez les animaux mammifères sont fort mullipliés dans le mésentère , que de plus ïls communiquent tous avec le canal thoraciqué, simple ou double, lequel paraît être leur tronc commun et leur réservoir général. Ce conduit thoracique a lui-même sa terminaison dans la veine sous-clavière gauche, ét son embouchure dans ce vaisseau sanguin est garnie d’une valvule membraneuse Lx permet au wav de se mêler au sang , mais qui s'oppose à ce que Île sang de la veine s’introduise dans le canal du chyle.

Ainsi le chyle séparé des alimens dans l'intestin, déposé et accumulé dans les sinus des valvules conniventes de la membrane intestinale , pompé on ne sait comment ni par quelle puissance, mais pénétrant incontestablement dans les vaisseaux lymphatiques de l'intestin, traverse les glandes mésentériques, est porté par ses propres vaisseaux dans le conduit tho- Diner et c’est par ce canal qu'il est définitivement versé dans le sang. Ce cours du chyle n’est pas seulement une supposition vraisemblable ; on s’est assuré de sa réalité par des expériences. Il suffit d'ouvrir le conduit thoracique pour s'assurer que le chyle y circule de bas en haut, ou plutôt de l'intestin vers

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