CHAP. VIII. PROGRÈS ET SUITE DE LA DIGESTION
la veine sous-clavière. Il est certain que les muscles abdominaux et tous les organes des efforts-ont la plus grande influence sur la rapidité de son cours : on voit le jet de ce liquide augmenter en volume et devenir plus rapide, lorsque l'animal sur qui l’on fait l'expérience crie ou tente quelque effort à glotte fermée ou rétrécie. La pression mutuelle des organes du ventre les uns sur les autres, influe aussi beaucoup sur le cours du chylé; ce cours est sensiblement ralenti par l'ouverture de labdomen. Les mou- ‘vemens respiratoires et les pressions causées. par le diaphragme ne sont pas non plus choses indifférentes à la rapidité du chyle dans ses vaisseaux. L'incision du canal thoracique près du lieu où il se termine dans la veine sous-clavière , a laissé couler chez un chien une demi-once de chyle dans l’espace de cinq minutes; ce qui ferait six onces par heure. Au reste, on conçoit que la quantité de ce liquide est subordonnée à la quantité des alimens, à leur nature, et aussi beaucoup à leur digestion plus ou moins parfaite (1).
LE CANAL THORACIQUE EST£IL LA SEULE VOIE DU CHYLE? On voit bien à la vérité tous les vaisseaux chylifères aboutir dans le conduit thoracique; on voit le chyle couler avec une certaine rapidité dans sa cavité, etil st sûr qu'il aboutit finalement dans la veine sousclavière. Mais tout le chyle suit-il cette voie unique pour s’aller mêler au sang? et n’y a-t-il que les vais-
(1) Woyez Pecquet , Rudbeck, Hewson, Monro, J. Hunter, Mascagni, Duverney, Cruiskshanck, Flandrin, Meckel l’ancien, Dupuy, Dupuytren, Magendie , Fodérà, Leuret et Lassaigne, Fohmann et Gmelin, Tiedemann, Ségalas, Lauth, Lippi, Rossi de Parme, Antommarchi, etc,
seaux blancs dits chylifères qui absorbent le chyle?
Le canal thoracique est si étroit, les fluides dont il est rempli ont un cours si lent , que quelques personnes ont pensé que, non seulement la lymphe, non seulement la sérosité et les différens liquides absorbés avaient une voie différente , un autre trajet et d’autres moyens absorbans; mais que mème le chyle ne passait peut-être pas tout par les vaisseaux chylifères et leur réservoir commun. D'abord Duverney ne poavant rencontrer dans les Oiseaux ni vaisseaux chylifères, ni glandes mésentériques, cela lui fit conjecturer que’ la nourriture dans cette: classe d'êtres avait peutêtre d’autres vaisseaux que les lÿmphatiques pour parvenir au sang : il en vint ensuite jusqu’à douter.de l'usage qu'on assigne exclusivement au canal thoracique, mème quantaux mammifères. Dans le bat donc de s'éclairer à ce sujet, Duverney lia sur un Chien les veines sous-clavière et jugulaire gauches, un peu audessous de l'insertion terminale du eupak thoracique; et ce qui fortifia ses doutes, c’est que ce chien vécut quinze jours après cette opération, laquelle aurait dû le: tuer en peu de temps, si le chyle n'avait eu que ce pen de communication; cependant cet animal n'avait qu'un seul conduit thoracique , ainsi qu'on st s'en assurer par la dissection.
Mèmes expériences ont été répétées pis de verney. Quelques personnes ont assuré que la mort arrivait toujours cinq à'six jours après l'opération précédente chez les Chevaux £t Chiens dont les vaisseaux chylifères ne conservaient de communication avec le
sang qu'au moyen du canal thoracique lié; tandis que , selon elles, les movens de communication